mardi 31 janvier 2017

Emilio de Justo et Tomas Campos, deux toreros qui ont du punch


Photo de Philippe Latour



Nougaro a écrit « quatre boules de cuir », les pubs annonçant les combats de boxe montrent deux combattants, gants aux poings se toisant avec un regard plein d’agressivité et de haine.
A l’issue de la journée de l’Association Ayuda Jeunes Toreros, Tomas Campos et Emilio de Justo ont posé face à face, avec chacun un gant de boxe à une main.
Le message est clair. Ils veulent se battre. Pas l’un ne contre l’autre, même s’il y a toujours une certaine competencia entre les novilleros ou matadors. Ils veulent se battre ensemble, d’où le partage des gants, pour pouvoir exister dans un métier qui est avant tout leur passion.  
L’un et l’autre sont des toreros avec une vraie personnalité, différents des produits manufacturés des Ecoles taurines. Ils ont réalisé un bon parcours de novilleros. Mais depuis l’alternative, ils ont du mal à avoir des occasions de se vêtir de lumières y compris dans leurs villes natales.
Pourtant quand ils le font  c’est avec une vraie réussite, témoins Tomas Campos à Mimizan et Tyrosse, ou Emilio de Justo à Orthez et Mont de Marsan.
Ils ne quémandent pas une opportunité mais la simple reconnaissance des  capacités techniques et artistiques qu’ils ont montrées.
Tous les deux ont la chance d’être aidés par des aficionados passionnés.
Comme Alejandro Marcos, Tomas a le soutien de l’AAJT, Emilio  est aidé par l’Association et l’ancien matador français Ludovic Lelong .Il ne s’agit pas d’apoderados au long cigare qui, tels El Pipo, ont repéré une « poule aux œufs d’or ». Il s’agit juste, et c’est déjà énorme, d’aficionados passionnés qui ont détecté  chez ces garçons des qualités techniques et humaines qui font qu’ils méritent d’être aidés.
Leur but est de leur ouvrir les portes des tientas, de leur offrir la possibilité de financer leur entraînement face à du bétail. Ils usent aussi de toutes leurs connaissances et ressources pour leur faire intégrer des cartels dans des conditions honorables et qui garantissent le respect de ceux qui risquent leur vie.
Leur rêve, c’est qu’un jour leurs toreros les quittent pour rejoindre des apoderados prestigieux. Ce sera le signe pour eux qu’ils ont rempli leur mission.
 C’est donc sur le ring, pardon, le sable des arènes françaises qu’Emilio et Tomas ont décidé de combattre, espérant y trouver le succès comme l’on fait avant eux El Fundi, Escribano ou Lamelas.

Pour Emilio de Justo, les portes de nos arènes s’ouvrent en ce début de temporada. Souhaitons qu’il  en soit de même pour Tomas Campos.  L’un et l’autre en rêvent  et le méritent. 

Thierry Reboul

dimanche 29 janvier 2017

TOUS EN SCÈNE

Garth Jennings

"Tous en scène" commence exactement de la même façon que le film d’Édouard Baer "Ouvert la nuit" : le directeur de théâtre, en manque d'argent, fuit ses créanciers pour chercher des solutions. Mais là où Edouard nous balade dans un Paris nocturne et interlope, Buster Moon vit sous les palmiers de Los Angeles et le grand soleil.
Pour relancer son théâtre Buster Moon a une idée : organiser un concours de chant. Son meilleur pote, dont la famille est pleine de fric, lui dit que c'est une super mauvaise idée. Mais Buster y croit et se lance à fond, aidé de sa secrétaire très âgée.

Une bonne soirée ciné, des personnages drôles et attachants, une excellente bande son. Les enfants rient aux éclats, bref un très très bon dessin animé!
A voir aux Toiles du Moun !

jeudi 26 janvier 2017

LES FAUX BRITISH



Alors que les spectateurs attendaient que la pièce commence, le manteau de la cheminée du décor ne cessait de tomber, et la manutentionnaire essayait désespérément de le recoller, amenant des accessoires divers et variés, remplaçant le tableau du maître de maison par le portrait d'un chien...
Au bout d'un moment on a compris que cela faisait partie de la mise en scène, et que la bricoleuse maladroite était une actrice!
Et puis tout s'est enchaîné, l'assassinat, avec ce macchabée ne cessant de bouger sa main afin qu'on ne lui écrase pas les doigts, les suspects, tous plus colorés les uns que les autres (rouge, vert, bleu, noir) et l'arrivée de l'inspecteur, dans un magnifique costume jaune!
Puis les rideaux sont tombés, les trophées de chasse se sont décrochés, la pendule s'est allongée sur la banquette, tout partait à vau-l'eau, tandis que les acteurs se démenaient pour essayer de finir la pièce avant la chute finale.

Cette pièce n'a pas volé son Molière de la meilleure comédie !!!! On a beaucoup rit, plein d'éclats de rire, tout le temps en fait, j'ai tellement rit que j'en ai loupé certaines répliques.

Cette pièce marquait le retour de Michel Crémadès à Mont de Marsan. En effet, l'acteur est souvent venu faire les fêtes de la Madeleine, et balader sa trogne unique, tandis que les gens lui demandaient s'il était Zanini. Bon, plus personne ne connait Zanini de nos jours... Il avait aussi joué en 2014 dans "les palmes de Monsieur Schultz" sur cette même scène.
Une sacrée bonne soirée, fallait y être !

 Production : Ki M'aime Me Suive


BONNE ANNÉE AUX ST PIERROIS...


samedi 21 janvier 2017

HERMANAS CARONNI

Navega Mundos

 Les sœurs jumelles Gianna et Laura ont enchanté le public du Théâtre du Péglé lors d'un concert placé sous le signe du voyage.
Si de leur Argentine natale il reste les milongas lentes ou rapide, le tango et une certaine forme de nostalgie, elles rendent hommage aux anciens, Atahualpa Yupanqui avec une berceuse qui invite Ravel, et Georges Brassens pour un "je me suis fait tout petit" tout à fait inédit.
Nous parlant de Gabriel Garcia Marquez, elles nous ont conseillé la lecture de "Cent ans de solitude" dont je suis à peu près sûre que plus de la moitié du public l'avait déjà lu (oui on voit toujours les mêmes aux vernissages et aux concerts, on fini par se connaitre!), et d'où elles ont tiré la chanson "Macondo". Une référence également à Rilke pour "la mélodie des choses".
On a eu une chanson sur une fille qui quitte la campagne pour la ville, et une qui quitte la ville, comme elles ont quitté Lyon et Paris pour s'installer à Bègles (mais elles n'ont pas parlé de Noël Mamère), et on a même eu une chanson en anglais, des Doors, "spanish caravan"
Par contre quand elles parlaient de leur région, autour de Rosario, dans la pampa humide, qui est un grand terrain où on cultive plein de légumes remplis d'ogm, avec les bateaux qui transportent tous ces poisons vers les autres pays, de la pluie qui ne cesse de tomber, et de la terre qui n'absorbe plus l'eau car elle devient trop dure avec le poison... eh bien c'était flippant.
Elles nous ont parlé de leur grand-mère juive et de leur grand-père suisse-italien, qui avaient fait la traversée, car les Argentins descendent tous des bateaux, et qu'elles étaient contente d'être revenues sur ce continent européen, surtout en France, où les ogm sont interdits.
Bref c'était un beau voyage, avec deux belles filles. Les absents ont toujours tort!


Gianna joue du saxo basse et de la clarinette, tandis que Laura ne quitte pas son violoncelle. 



vendredi 20 janvier 2017

LÉOPOLD KRETZ EXPOSITIONS

Musée Despiau-Wlérick




Monsieur Bayard représentait à la fois la Maire G.Darrieussecq qui était au vœux de Saint Pierre du Mont, et Chantal Davidson qui était aux Antipodes. Monsieur le président de la Société des Amis du Musée Despiau-Wlérick, Christophe Richard le conservateur, et tout à droite la restauratrice qui a fait un boulot fabuleux et méticuleux, car les œuvres étaient dans un sale état, avec parfois 50 ans de poussière accumulées!

Léopold Kretz "autoportrait "










Les sculptures restaurées de l'atelier Kretz sont visibles du 21 janvier au 18 juin 2017.
Les "dessins d'ateliers" seront exposés du 21 janvier au 15 avril 2017. (je mettrais aussi quelques photos)

mercredi 18 janvier 2017

IL A DÉJÁ TES YEUX

Lucien Jean-Baptiste



Paul et Salimata, un couple de fleuristes, sont heureux et retapent une jolie maison. Mais un jour le coup de fil tant attendu leur annonce que c'est bon : un bébé est disponible à l'adoption.
Un petit blanc/blond. Eux sont noirs et ravis. Mais l'entourage, autant les voisins, les amis, que la famille, réagit d'une étrange façon !

J'adore les films de Lucien Jean-Baptiste ! Il a une façon qui n'appartient qu'à lui de nous montrer sa vie d'antillais dans une France où on a tous des clichés, les blancs sur les noirs, les noirs sur les blancs, etc...
Les acteurs sont épatants, Aïssa Maïga en tête, Zabou en fonctionnaire coincée et persuadée que son point de vue est le bon, Michel Jonasz toujours aussi sympathique (et encore une fois dans un film de Lucien Jean-Baptiste).
Vincent Elbaz joue le rôle du bon pote complètement décalé, mais bon sang qu'est-ce qu'il m'a fait rire. Et Delphine Théodore la fille qui pourrait être amoureuse de lui, excellente! Et le petit Benjamin est adorable.
Bref c'est réjouissant, il y a de vrais éclats de rire dans la salle (rares certes) et on sort de là avec l'envie de s'habiller coloré !
Allez-y!

samedi 14 janvier 2017

Cartel de Samadet

La Peña Al Violin a annoncé le cartel de la Féria de la Faience
Elle se déroulera le 19 mars
les toros seront de la ganaderia Ignacio Lopes Chaves
Le cartel novilleros est 100% français
Au paseo défileront,
Andy Younès
Tibo Garcia
Adrien Salenc
un effort sur les tarifs , en particulier en direction des jeunes et des samadetois a été consentie par les organisateurs.


Remise du chèque du festival de Samadet. L'Aficion a du coeur.

Les aficionados sont des gens sympas , parfois râleurs, passionnés, passionnants et surtout sensibles. Ils sont sensibles à la beauté d’un toro combattant dans une arène, à la beauté du geste d’un torero. Ils sont encore plus sensibles au sourire d’un enfant.
Certains « pitchounes » souffrent parce que malades .  Plusieurs initiatives ont été lancées l’an dernier par des aficionados dont deux festivals dans notre région (Gamarde et Samadet)
La course de Gamarde organisée pour les enfants cardiaques par Manu Mendes a permis de récolter 3000 euros.
A Samadet, le torero nîmois Marc Serrano, avec l’aide de la Peña Al Violin,  a organisé un festival qui a permis de récolter 4075 Euros..

Serge Dupouy a remis cette somme à Madame Brousse et ses collègues infirmières et aides soignantes, bénévoles de   l’Association de Pédiatrie et de Puériculture Montoise (asso-pediatrie-neonat@ch-mt-marsant.fr). Cette association regroupant des professionnels médicaux et non médicaux  a pour but de contribuer à rendre plus agréable les conditions d’hospitalisation des enfants dans le service pédiatrie et puériculture de l’hôpital Lainé à Mont de Marsan.
Marc toréant au Pérou , ne pouvait pas être présent . C’est Didier Cabannis, co organisateur du festival, qui a lu un message du torero. Le Maestro y exprime sa fierté quant au résultat obtenu, annonce qu’il y aura une seconde édition de ce moment de solidarité à la fin de cette temporada sur le sable des arènes de Samadet.
Il y remercie également les récipiendaires d’avoir accepter de recevoir l’argent venant de la tauromachie et de s’être toujours afficher comme tels. Didier nous a rappelé que nombre d’associations sous la pression refuse notre solidarité. 
Il est absolument scandaleux que des abrutis qu’ils soient du Crac, de Landes, Heuskal Herria ou Gers anti corrida ou animal cross s’arrogent le droit  de décider de la provenance des dons faits à une association .On retrouve le même phénomène au moment du Téléthon
Leurs méthodes de pression sont dignes du Klu Klux Klan voulant empêcher les noirs de voter ou des salafistes voulant imposer aux femmes d’exercer leurs droits civiques.
Il est vrai qu’il est plus vendeur, porteur , dans l’esprit du temps  de monter un pipeau médiatique comme l’a fait Rémi Gaillard (et il s’en mord les doigts tant ses « clients » semblent douteux) à Montpellier que de venir en aide à ceux, quelles que soient leurs origines, qui n’ont pas d’abris dignes de ce nom .
Pour moi ,il n’y a pas plus beau que le sourire d’Adrian porté à hombros par Padilla à l’issue d’un festival au profit des enfants malades. Et j’encourage les aficionados à venir plus nombreux à ces festivals.

Quand je vois le réconfort apporté à des êtres humains grâce à l’implication de l’Aficion , je suis encore plus fiers d’être un CITOYEN AFICIONADO  et remercie les associations comme celles de L’Hôpital Lainé de me permettre de l’être.

Quand je vois le comportement de certains animalistes, je me dis que pour que l’on se rende compte qu’il y a des gens biens, il faut bien que certains soient minables.


Thierry Reboul

mercredi 11 janvier 2017

LOS MAÑOS A LOS TOROS

José Luis Marcuello de la ganaderia Los Maños sera l'invité de la peña
le samedi 28 janvier 2017 à 19h30.


Les premiers arrivés auront des places assises, venez nombreux!

OUVERT LA NUIT

Édouard Baer



Luigi est directeur du Théâtre de l’Étoile. Il jongle entre les promesses qu'il ne tient pas, les gens qu'il engage, les femmes, les filles, les animaux, les stagiaires, les amis, copains, connaissances...
La veille de la Générale, les comédiens, pas payés depuis deux mois menacent de faire grève, tandis que le metteur en scène japonais veut un vrai singe et pas un type déguisé.
Luigi/Édouard Baer va passer une nuit à essayer de concilier tout le monde, à chercher de l'argent et à boire des coups dans Paris...

Si vous n'aimez pas Édouard Baer, inutile d'aller voir ce film! Ce n'est qu'une ode à l'invitation, à la balade, à la rencontre, à l'improbable, bref à ce qui fait le charme de l'acteur, même si parfois cela semble pénible à supporter.
Audrey Tautou est là pour remettre le train sur les rails, et Luigi déraille souvent. Sabrina Ouazani est superbe dans ce rôle de stagiaire/accompagnatrice et témoin de cette folle cavale.
Les seconds rôles sont épatants, Lionel Abelanski, Marie-Ange Casta, Atmen Kelif, Jean-Michel Lahmi.
C'est aussi le dernier film de Michel Galabru, où il s'interprète lui même, comme si la boucle était bouclée.
Et aussi, dans un rôle muet, le peintre contemporain Jean-Paul Chambas, barman du "Bougainvilliers" le bar que l'on voit à la fin. Incroyable!!! Sacré Édouard!

vendredi 6 janvier 2017

CONCOURS DE NOUVELLES DE MUGRON


La Peña Mugronnaise organise le 17ème concours des nouvelles taurines dont les prix seront décernés à l'occasion des Pâques Taurines à Mugron le lundi 17 avril 2017.
Ce concours, le 1er en son genre puisqu'il fut créé en 2001, est le seul à récompenser des textes consacrés à 2 formes de tauromachie : la corrida et la course landaise.

L'auteur de la meilleure nouvelle se verra attribuer un montant de 700€, le 2ème recevra 300€ et le 3ème recevra 100€.
Un prix spécial jeunes pourra également être décerné aux candidats de - 18 ans.
Les 3 meilleurs textes ainsi que les 3 suivants seront publiés dans le recueil édité chaque année par la Peña.

Pout tout renseignement vous pouvez nous contacter par mail : pena-taurine-mugronnaise@wanadoo.fr


lundi 2 janvier 2017

AMBIANCE AU CONSEIL MUNICIPAL

Lors du Conseil Municipal de Saint Pierre du Mont d'octobre 2016, le Maire a coupé par trois fois le micro d'un conseiller municipal d'opposition :


Bilan 2016 : le paradoxe des novilladas piquées et non piquées

Tout d’abord meilleurs vœux à notre révérée rédactrice en chef et à vous tous, qui de plus en plus nombreux, lisez les articles, en particulier taurins, des Chroniques du Moun.

Les photos sont de Laurent Larroque, Romain Tastet, Matthieu Saubion et Nicolas Couffignal
Difficile de commencer un bilan de la temporada 2016 dans le Sud-Ouest sans avoir une pensée pour les trois toreros morts en piste, El Pana, Renatto Motta et Victor Barrio. La tauromachie est une fête mais c’est aussi un drame. Si les morts du Pana et de Victor Barrio sont injustes comme toutes les morts accidentelles, celle du jeune péruvien est scandaleuse. Comment peut on organiser, à notre époque, des corridas sans assistance médicale, à 200 km de routes sinueuses d’un hôpital  et laisser se vider de son sang un être humain sans être capable de lui prodiguer le moindre soin ? Ne nous réjouissons pas trop quand nos toreros en mal de contrats s’expatrient vers ces arènes taudis de la Cordillère des Andes. La passion et le besoin de toréer ne justifient en rien de cautionner des organisateurs pour qui la valeur d’une vie humaine est inversement proportionnelle à l’altitude de leurs arènes.

Nous avons la chance d’avoir dans notre région des chirurgiens, médecins et infirmiers aficionados qui assurent, bénévolement, le service médical  dans nos arènes, c’est à aux que va mon coup de cœur 2016.




Faire le bilan c’est comme pour la Culture, c’est se souvenir de tout ce que l’on a vu après avoir tout oublié.  Les Chroniques du Moun ont couvert quasiment toutes les courses de notre région, y compris certaines journées de doublons. Cela représente entre 70 et 80 paseos. mais quand on aime, on ne compte pas. Merci à tous les organisateurs qui m’ont accrédité que ce soit au nom des Chroniques du Moun ou des autres médias auxquels je collabore. 


Côté Corrida entre « Au Sud Ouest rien de nouveau » et « le Désert des Tartares » je ne sais quel est le titre le plus approprié. Aucune des corridas de cette temporada ne passera à la postérité. On retiendra juste quelques faenas ou toros isolés.  
La première est celle d’Enrique Ponce à Mont de Marsan face à un Nuñez Del Cuvillo. Le torero de Chiva a atteint un degré de maturité tel qu’il est capable de « tutoyer les anges ».  Si on met de côté la mise en scène (smoking istréen, musique montoise,….) superfétatoire, il est aujourd’hui capable de réduire à sa volonté tous les toros et de lidier avec science et art.

Dans un autre registre Alberto Lamelas a, par son courage et son abnégation, fait se lever le public montois face à un toro de Miura.

Vu à son avantage à Orthez, Emilio de Justo est la révélation de la temporada avec sa très belle après-midi face aux Victorinos. Il allie technique et sens artistique et sera le torero à suivre en 2017.

Andres Roca Rey a enflammé les arènes lors de ses sorties à Mont de Marsan et Dax. Mais il  a été aussi fortement châtié par ses adversaires. Le garçon a du courage, de la technique et de l’art. Je crains que la répétition des coups n’altère sa santé ou le fasse évoluer rapidement  vers une tauromachie plus « sécurisée ». J’espère  me tromper.


José Garrido a confirmé tout le bien que l’’Aficion pensait de lui, reste à confirmer en 2017.
Curro Diaz a fait une très bonne temporada. C’est aujourd’hui le seul torero artiste capable de toréer aussi bien un Jandilla qu’un Victorino. Mal servi par ses adversaires dans nos arènes, il y a moins triomphé qu’en Espagne avec, en particulier, deux grands moments à Madrid et Azpeitia.
Sébastien Castella a enfin été engagé dans le Sud-Ouest. Il a fait preuve de beaucoup de professionnalisme, de métier sans atteindre, souvent par la faute du bétail, le niveau de sa temporada espagnole 2015.
Thomas Dufau qui a su se mettre au niveau d’un noblissime Nuñez Del Cuvillo au Plumaçon, a souvent été à la peine et est en particulier passé à côté d’un très bon Pedraza à Vic.


Manzanares a bien tué mais est resté très superficiel, le Juli a été superficiel et a mal tué.
Lopez Simon ; beaucoup vu, s’est épuisé sans vraiment convaincre
Peu de choses à dire des autres, si ce n’est le retour réussi d’El Monteño (à suivre).

Juan Bautista et Juan Leal ont été oubliés dans le montage des cartels de nos régions.

Côté toros, après une temporada 2015 intéressante, 2016 est une cuvée qui ne restera pas dans les mémoires. Seuls deux toros du concours vicois ont relevé le niveau. Tout d’abord un bon Pedraza de Yeltès brave au cheval, et bien piqué, qui aurait du avoir le prix. Puis un Los Maños, ce bicho  a bénéficié d’un tercio de pique moderne, avec plus de mise en scène que de lidia, et a fait preuve de noblesse au début de faena avant d’aller à menos. Il a été intéressant mais ce n’est pas un grand toro.
Les autres élevages, qu’ils soient toristes ou toreristes, ont tous déçu avec la « palme » de la mansedumbre aux Fuente Ymbro montois.  Même déception de la part des élevages français souvent faibles avec en particulier des Yonnet dont les toros sont sortis invalides à Mimizan, alors que les sobreros toréés en privé sont sortis aussi solides que ceux de Saint Martin de Crau. Comme quoi l’élevage des toros de lidia n’est pas une science exacte.

Heureusement le ganado lidié en novilladas a été d’un bien meilleur niveau. Ont marqué la saison par leur présentation et leur comportement  les lots d’Hagetmau (Ana Romero, Raso Del Portillo), Bayonne (Los Manos), Vic (Dolores Aguirre) et Saint Perdon (Aurelio Hernandez et Pedraza), Garlin (Pedraza)   Mont de Marsan (Virgen Maria), Samadet (Sayalero y Brandes) et  Roquefort (Saltillo).
Dommage que le public ne réponde pas toujours en masse pour récompenser à leur juste niveau  les efforts faits par les organisateurs. Il y avait plus de chance de voir quelque chose d’intéressant cette saison en novillada qu’en corrida.
Côté novilleros, celui qui a marqué la saison est le vénézuélien Manolo Vanegas. Toujours sérieux, avec du recours et du courage, il a affronté tout type de bétail faisant preuve de sincérité et d’engagement y compris dans son rôle de chef de lidia.



Derrière lui, on trouve le trio français Younès, Garcia et Salenc qui continuent leur apprentissage et qui seront la base des carteles du début de la temporada 2017. Diego Carretero a connu deux bonnes après-midi à Garlin et Saint Perdon,  Juanito a laissé entrevoir quelques possibilités à Saint Perdon. Pour les autres pas grand-chose à retenir, si ce n’est que les choses du Mundillo nous ont fait avoir une indigestion de l’insipide  Luis David Adame  et du tristounet Juan de Castilla nous privant de la possibilité de voir d’autres toreros.


Encore plus que les piquées, les non piquées du Sud-Ouest ont donné satisfaction aux organisateurs, aux aficionados et au public occasionnel.

Tout d’abord un grand « bravo, merci et continuez », aux organisateurs des bolsins de Bougue (Club taurin Soledad) et de la Fragua (Juan Leal), ils ont compris, eux, comment faire pour garantir l’avenir de la tauromachie.
2016 a vu sortir en piste d’excellents lots d’erales français et espagnols, Conde de Mayalde à Arzacq, Le Lartet à Vic et Dax, Astarac et Camino de Santiago à Mimizan, Sainte Cécile à Plaisance, José Cruz à Bougue et Dax, Coquilla de Sanchez Arjona à Maubourguet  et de Sanchez Fabrès à Saint Sever. Les deux concours de Mont de Marsan et Castelnau ont été, pour le bétail, d’un très haut niveau avec en particulier, à chaque fois,  un  très bon  novillo  de Casanueva.

Malabat et Alma Serena ont sorti chacun un ou deux bichos intéressants.
Côté toreros, avec les qualités et les défauts inhérents à leur statut d’apprentis, Baptiste Cissé, Antoine Madier, Rafi, Alfonso Ortiz, David Salvador pour les plus en vue et leurs collègues ont contribué à faire de cette temporada en non piquées, une des meilleures de l’histoire de la tauromachie.

La relève est assurée avec en particulier une nouvelle ganaderia (La Espera) et deux élèves d’Adour Aficion Yon et Clément qui débuteront à Mugron pour Pâques.


Et pourtant tout ne va pas bien dans le meilleur des mundillos » possibles Paradoxalement, les novilladas piquées et non piquées donnent satisfaction au  public mais sont un gouffre financier pour les organisateurs  Pourtant, c’est là que se construit l’avenir de la corrida tant au plan de la formation du  public et des toreros que de l’amélioration du cheptel brave. Aujourd’hui monter une novillada (piquée ou non) c’est entre 3000 et 8000 euros de pertes. Certes il manque du monde sur les gradins, mais il y a quand même une vraie réflexion à mener sur le modèle économique de ces courses. Chacun doit contribuer à rendre rentable (ou au moins non déficitaire) les novilladas.  Si le public et les organisateurs des arènes de première catégorie contribuent au niveau de deux euros par billet , il est possible de subventionner l’ensemble des non piquées et piquées des arènes de secondes et troisièmes à hauteur de  3 à 4000 euros. Si on y ajoute un effort des professionnels  (et pourquoi pas des accrédités) et une optimisation du montage des courses (privilégiant par exemple les circuits courts) par les organisateurs, on éviterait  de voir disparaitre, comme à Hagetmau, Parentis, Mimizan et autres ces novilladas. Les grands dirigeants du monde taurin ont déjà pensé à cette taxe. Mais ils se trompent en l’imposant aux organisateurs et au public des arènes de seconde et troisième catégorie, et en l’employant à des actions de communication.
Dans les « petites » arènes, on trouve soit un public très local pour qui le prix est un facteur prépondérant  ou des aficionados « militants » qui laissent suffisamment d’argent aux guichets des arènes. Dans les grandes férias, deux euros c’est le prix d’une bouteille d’eau ou du foulard qui complète la tenue de ceux qui viennent se faire voir en blanc, dress code oblige, sur les gradins.
 Diffuser un film, débattre au sénat  sont des actions intéressantes, mais, dans l’urgence, elles font figure de  grands travaux inutiles comme souvent celles proposées par des dirigeants éloignés de la « vraie vie ». Aujourd’hui les priorités ne sont pas à apprendre l’histoire de la tauromachie ou à faire du lobbying auprès de politiciens qui de toute façon n’agiront qu’en fonction de leurs intérêts, mais à rafistoler les fondations de l’acculturation taurine qui passe obligatoirement par les novilladas piquées ou non.

 Un dernier point, positif celui là, est la perte de vitesse que connaissent les antis. Le gourou est souffreteux et pense plus à instaurer un régime stalinien  dans son association.
L’égérie montoise, qui n’arrive pas à se faire reconnaître au-delà de la Garonne, a laissé beaucoup d’argent dans des procès perdus et n’est plus entourée que d’un quarteron de grenouilles d’abreuvoirs.
Ceux du Gers sont occupés à régler leurs problèmes personnels et ceux de L214 ont trouvé dans les abattoirs un filon plus rentable que la corrida pour leurs besoins de médiatisation et de financement.
Le combat n’est pas gagné, mais on peut aujourd’hui recentrer nos actions sur nos problèmes « internes » dont bien entendu, la préservation des novilladas piquées et non piquées.

Rendez vous à tous le 05 février à Magescq pour le lancement d’une temporada que je nous souhaite la plus riche possible en grands toros et faenas « cumbre »


Thierry Reboul