dimanche 27 août 2017

QUE DIOS NOS PERDONE

Rodrigo Sorogoyen





Dans un Madrid estival accablé de chaleur, la tension monte entre plusieurs équipes de policiers de la brigade criminelle. Les équipiers Alfaro, violent, et Velarde, quasi muet car bègue, découvrent qu'un sériel-killeur et violeur de vieilles dames sévit dans le centre de la capitale. Hélas leurs supérieurs, ne voulant pas provoquer une vague de terreur alors que Benoit XVI s'apprête à venir visiter les espagnols, font tout pour effacer les affaires : et une crise cardiaque, et un vol commis par un drogué qui a mal tourné. Mais au cinquième meurtre, ils rappellent Velarde, et ce dernier rappelle Alfaro.

Un thriller haletant, où on soupçonne un peu tout le monde, où la chaleur semble tirer sur les nerfs de tous les personnages, où on ne voit pas passer les deux heures de films.
Bref, allez au cinéma ! (en plus c'est climatisé)

Mimizan, Rion, Maubourguet ou les "aficionados organisateurs"

Au Maestro Damaso Gonzalez


Photos de Philippe Latour (Mimizan), Nicolas Couffignal (Rion) et Guy Lamon (Maubourguet).


Après la grosse machine dacquoise et la foule autour et dans les arènes ; il est particulièrement reposant et agréable de retrouver l’ambiance plus familiale des placitas du Sud-Ouest. 
Une des particularités de notre région, c’est le nombre de courses organisées par les membres de clubs taurins locaux. Même s’ils se font aider par des prestataires, les socios   investissent énormément de leur temps et avec l’aide des  élus locaux  des ressources financières qui ne sont pas inépuisables.
Ce modèle, que méprisent parfois certains organisateurs des grandes arènes, qui préfèrent voir des corridas spectacles médiatisées avec indulto de pacotille inclus est fragile mais entretient et consolide l’Aficion
Heureusement que d’autres, et je pense en particulier aux vicois, font l’effort de venir dans les « petites arènes ».


Mimizan est depuis peu dans le circuit des corridas. Les organisateurs se sont beaucoup cherchés. Ils sortent aujourd’hui de « l’adolescence » pour entrer dans « l’âge adulte » et ont probablement trouvé, le positionnement « marketing » qui correspond à la taille de leurs arènes et au public qui s’y rend. La Perle de la Côte d’Argent ne sera jamais un fief torista à la Parentissoise ou à la Vicoise. Le fait de n’organiser qu’une seule course ne permet pas l’erreur de ciblage. A Mimizan, il faut monter des courses spectaculaires, avec des noms qui attirent le public, sans grever le budget. La corrida doit pouvoir plaire à un public d’aficionados et surtout de néophytes ou d’occasionnels. Il faut savoir être raisonnable et ne pas vider des arènes là où il est difficile de les remplir. Défendre l’éthique de la corrida, ce n’est pas imposer une forme de tauromachie à des gens qui  ne sont pas prêts à la vivre. Défendre l’éthique de la corrida, c’est faire en sorte que les spectacles soient sérieux avec un bétail intègre et un déroulement conforme aux règles établies.  Les amis mimizannais y sont quasiment arrivés, ce samedi avec un lot de Loretto Charro très bien présentés. Seul le comportement de Padilla, mais il est coutumier du fait, a fait basculer, l’espace d’une faena, une course jusque là sérieuse dans le spectacle de cirque. Ce qui est rassurant, c’est que la majorité des présents ne soit pas tombé dans le panneau.

Rion des Landes a depuis longtemps trouvé son positionnement avec des erales de Valdefresno sérieux pour des novilleros confirmés. Les gradins sont correctement remplis le matin et très bien garnis l’après-midi. Petite erreur avec le choix d’erales jeunes, donc petits et faibles pour le non piqué matinale, les organisateurs  ont voulu protéger les novilleros. C’est dommage car Yon Lamothe et  Dorian Canton ont certes triomphé mais n’ont pas, vu leur niveau, appris grand-chose.

Maubourguet est un cas à part. Isolé dans les Hautes Pyrénées, avec des locaux qui vont plus facilement voir une course landaise, il est difficile de remplir les coquettes arènes. Dommage car depuis toujours, le choix du bétail a été judicieux avec des lots récompensés régulièrement en fin de temporada.  Après avoir tâtonné sur le choix des novilleros, les cartels proposés ces dernières années, de bon niveau sur le papier, ont donné satisfaction au public qui a fait le déplacement.
Si la fréquentation est en hausse cette année, avec 550 personnes (payants+ invités) on est loin de l’équilibre financier. Heureusement que le club est aidé par des sponsors et les élus locaux et en particulier François Fortassin qui malheureusement vient de nous quitter. Même si le sénateur aficionado a prévu sa succession, quelques personnes en plus sur les gradins (et sur ceux de Castelnau Rivière Basse) ne seraient pas « de refus ».

Défendre l’éthique de la corrida, ce n’est pas avoir une tenue blanche, un badge de l’Observatoire, de faire des expositions, c’est aider les aficionados organisateurs en venant assister aux courses qu’ils organisent. D’autant que  les organisateurs (et organisatrices à de Mimizan, Rion et Maubourguet sont particulièrement sympathiques.

De ce week-end, j’attendais la réponse à une question à laquelle je n’ai toujours pas eu de réponse. Doit-on amener les toros le jour de la course ou bien les faire séjourner dans des corrales?
A Samadet, les novillos livrés en express  le jour même, sont sortis faibles, A Mimizan, malgré la chaleur, ils ont tenu la distance. A Maubourguet, ils ont séjourné douze jours dans les corrales. Ils ont été très difficiles à enfermer dans les chiqueros (les corrales étaient devenus leur querencia°. Les Sanchez Arjona n’ont pas fléchi, les Fabrès ont eu des agenouillements.  Une fois de plus, les choses taurines ne sont pas choses scientifiques, à moins que plus important, pour garantir la solidité des reses, soit le travail de sélection et d’apports nutritifs réalisé dans les élevages.

Mimizan,
corrida traditionnelle des fêtes locales
6 toros de Loreto Charro Santos, bien présentés et donnant du jeu, à l’exception du cinquième anovillado et faible pour
Juan José Padilla : une oreille, un avis et une oreille généreuse et bruyamment contestée
Manuel Escribano : un avis et une oreille, une oreille
Tomas Campos : un avis et une oreille, un avis et deux oreilles
7 piques et picotazos
Cavalerie Bonijol
Président Franck Lanati
Musique Al Violin de Samadet
¾ d’arènes
Soleil et brise marine frisquette
La terna et le mayoral sont sortis à hombros
A l’issue du paseo, une minute d’applaudissement a permis de rendre hommage à Ivan Fandiño et aux victimes des lâches attentats de ce weekend


A Mimizan, ce sont des arènes bien plus qu’à 3/4  pleines que s’est déroulée la, maintenant, traditionnelle corrida des Fêtes. Une poignée d’antis sont venus jouer le « Chant du Cygne » avant la mort programmée de leur mouvement. C’est bien la preuve que l’écolo-bobo-antitout n’existe que par effet de mode et que quand les caisses sont vides, il n’est plus possible de payer des figurants pour faire nombre.
Les toros de Loretto Charro (encaste Aldanueva) sont sortis très bien présentés. A la pique, ils ont été discrets, même si certains ont poussé. Ils n’ont pris qu’une pique, sauf le dernier, probablement plus par nécessité de leur laisser du jus au second tiers (deux toreros banderilleros) que par nécessité de lidia.
Je n’ai jamais aimé Padilla. Je respecte son courage mais sa tauromachie m’horripile
Avec l’âge et ce qu’il a subi, il n’a plus de moyens physiques. Il banderille toujours avec sincérité et talent mais au troisième tiers il fait systématiquement le même numéro. La première faena est classique et surtout très courte (moins de cinq minutes ce jour). La seconde est un numéro de cirque. Mais, tel un vieil acteur fatigué, le numéro est devenu pitoyable. L’andalou prend le public pour des « andouilles ». Toutes les passes sont données fuera de cacho, profilé, sur le pico. La muleta, autrefois dominatrice, est agitée comme un torchon loin du mufle du toro.  Pas de planta torera mais des gesticulations, y compris au moment de tuer, de torero comique ; Pas si comique que cela, quand un très bon toro est masqué par les simagrées d’un torero limité et vieillissant. Le Loretto Charro sorti en quatrième position, en d’autres mains, aurait donné ses oreilles et fait la vuelta.  Ce qu’a fait ce samedi, Padilla, est bien plus tragique, voire ridicule, que comique. Grosse erreur de la présidence l’oreille,  peu demandée par le public, accordée  après une mise à mort aussi pathétique que la faena, relève aussi du cirque. La bronca au moment de sa remise a remis les pendules à l’heure.

Je ne suis pas un fan non plus d’Escribano, mais le sévillan a été très sincère et bon torero. Sa première faena face un toro noble a été très bien construite et très propre. Il a torée avec sérieux et application et a méritée l’oreille qu’il a coupée. Même scénario au cinquième, hélas le toro, très anovillado, n’a ni forces, ni race et la faena transmet peu. Bon torero, sincère et appliqué, Manuel Escribano est encore très handicapé, au moment de banderiller, par sa grave blessure de l’an passé.


Tomas Campos torée trop peu. Comme souvent dans ce cas, la première faena s’en ressent. Il a du mal à trouver le sitio et à prendre le dessus sur un toro qui avait besoin d’être dominé.  Et puis, au moment des passes finales d’adorño, le torero de Badajoz a débouché le flacon pour une série très élégantes et templées. Au dernier, le protégé de l’AAJT, plus en confiance a construit une très belle et intéressante faena. On a retrouvé le Campos du temps où il était novillero ou de Tyrosse. Si à Fitero ou La Brède, on pouvait lui reprocher de trop rechercher « l’attitude », il a, à Mimizan, lidié son adversaire mêlant courage, toreria et art.
Ce jeune torero mérite un tout autre déroulement de carrière mais le monde des toros est un  monde à la fois complexe et compliqué.


Arènes de Rion des Landes,
première novillada non piquée de la Féria 2017
3 erales de la ganaderia du Camino de Santiago légers et très justes de forces pour
Dylan Raimbaud : un avis et silence
Dorian Canton : deux oreilles
Yon Lamothe : deux oreilles
Présidente : Colette Lacomme
Deux tiers d’arène avec un public très familial
Il valait mieux  être assis au soleil qu’à l’ombre

Pour la novillada matinale, de Rion, la déception est venue d’un lot d’erales du Camino de Santiago, trop jeunes et manquant de forces.  Ils sont tombés à plusieurs reprises. Manquant de charge, ils n’ont pas permis aux toreros de s’exprimer et surtout de progresser.


Dorian et  Yon ont eu plus à jouer les infirmiers qu’à toréer. Les deux garçons ont déjà du savoir faire, ils sont chez eux et ont coupé chacun deux oreilles sans forcer leur talent.
Dylan Raimbaud  a touché le plus faible des Camino de Santiago. Il n’y a pas eu de vrai faena, d’autant qu’à la faiblesse, s’est ajouté, chez le torero, un manque de motivation et concentration inquiétant quand à l’avenir de Dylan.


Arènes de Rion des Landes ,
deuxième novillada non piquée de la Féria 2017
6 erales de Valdefresno bien présentés mais hétérogène de comportement pour
El Rafi : vuelta, une oreille
Manuel Diosleguarde :: silence, un avis et silence
Ismael Jimenez : silence, un avis et une oreille
Prix au triomphateur El Rafi
Meilleure faena :  Ismael Jimenez
Trois quarts d’arène
Belle après-midi ensoleillée




N’étant pas présent, à Rion, l’après-midi, c’est Nicolas Couffignal qui nous a transmis la fiche technique de la novillada.


Arènes de Maubourguet,
novillada non piquée des Fêtes 2017
3 erales de Coquillas de Sanchez Arjona (3, 4,5) et trois de Sanchez Fabrès bien présentés, donnant du jeu, avec du fond et allant à mas du début à la fin des faenas pour
Hector Guttierez : une oreille, vuelta
Joao D’Alva : un avis et silence, une oreille
Yon Lamothe : un avis et silence, deux oreilles
Vuelta au quatrième eral (Sanchez Arjona)
Salut des deux ganaderos à l’issue de la course/
Président : Philippe Tort (Garlin)
Le trophée du Val d’Adour est attribué à Hector Guttierez et Yon Lamothe
550 spectateurs environ (fréquentation en hausse par rapport à 2016)
Musique : Al Violin
Météo agréable
A l’issue du paseo une minute de silence a été observée à la mémoire du grand aficionado qu’était le sénateur François  Fortassin et d’Ivan Fandiño

C’est toujours un plaisir de retrouver mes amis de Maubourguettoros qui se battent pour maintenir la tradition des novilladas dans leur commune.
Après une novillada exceptionnelle en 2016, ils ont décidé de renouveler l’expérience Coquilla. Et ce fut à nouveau une réussite. Les erales des cousins Sanchez Fabrès et Sanchez Arjona, bien présentés, ont eu cette noblesse piquante et cette capacité à ne jamais baisser de rythme au long de la faena qui fait des courses de Coquillas, des courses entretenues.
Chaque ganadero avait amené trois erales dans le type de leur élevage.
Les Arjonas, plus solides, ont comme l’an passé enchanté les aficionados présents.
Les Sanchez, juste de forces, ont mis plus de temps à se mettre en route. Ils sont allés à mas, à l’exception du soso sorti en premier. chargeant avec alegria et répétant sans baisser de rythme.

J’avais trouvé Hector Gutierrez, distant à Arzacq et fade à Parentis. Après une faena très profilée face au premier, il a été obligé de se mettre au niveau de l’excellent quatrième. La caste de l’animal l’a obligé à se croiser et lidier. Dommage, que comme au premier, le mexicain tue mal.
Joao D’Alva  a tout perdu au descabello après une bonne faena sincère et élégante face au second (Arjona). Il a été débordé par son Sanchez en début de faena. Le toro compliqué va à mas, devient un vrai collaborateur, le portugais hausse son niveau et termine bien mieux qu’il n’avait commencé et coupe une oreille méritée.

Yon Lamothe a montré une facette différente de sa tauromachie face à des erales plus exigeants que ceux qu’il avait toréés jusqu’alors. Au premier il se reprend bien après avoir été secoué et construit une faena sérieuse et appliquée, avec quelques détails plus artistes. Il tue trop mal pour couper un trophée. Il termine un peu mieux sa seconde faena, elle aussi intéressante, Le seconde oreille accordée est quelque peu généreuse compte tenu d’une mise à mort meilleure qu’au premier, mais loin d’être parfaite.

Ainsi se termine un agréable weekend taurin. Ce dimanche, c’est la novillada concours de Saint Perdon, nouvelle occasion de soutenir un club taurin organisateur.


Thierry Reboul

dimanche 20 août 2017

L'AMOUR MÉDECIN

Comédie de Molière par la Compagnie de l'Alouette au Parc Jean-Rameau

 Pendant que nous nous installions, un trio de jeunes jouait de la cornemuse africaine (la peau était zébrée) du pipeau, du violon, et un autre instrument à cordes. Mais quelle idée ont ces jeunes de jouer de la musique médiévale? Ils ne peuvent pas jouer à des jeux en réseaux comme ceux de leur âge? Aller à la piscine? Draguer les filles? (ou les gars). Non non, ils jouaient!

 Aurélia Bartolomé, Carlo Boso et je ne connais pas l'autre dame.
 Carlo Boso, qui semble un homme plein d'humour et de bon sens,
a dit qu'à notre époque où on se mettait en marche sans savoir vers où,
il valait mieux savoir d'où on venait pour déterminer où on allait. 
Leçon de commedia dell arte par le Maître en personne

 Les participants à la formation théâtrale ont joué leurs pièces, et c'était très réussi!

 Les cinq acteurs de la Compagnie de l'Alouette ont joué tous les rôles!

 Amoureuse et amoureux
 Charlatans qui vend des potions miraculeuse à l'aide de jingle publicitaire (itsi bitsi petit bikini)

 Les médecins qui veulent saigner, purger, faire vomir, bref expulser le mal !


 Tout fini bien et en chansons!

COME A LA MAISON

C'est parfois dans une maison récente, mais parfois comme ce soir dans une demeure pleine d'histoire, que Guillo a convié ses amis à chanter devant son public venu en voisin (ou de plus loin, mais il fallait se taper la collection de virages entre Cagnotte et Cauneille).
En effet, sis près de la maison du poète Jean-Rameau, la grange à coté du Pourtaou accueillait Mamac, Alain Sourigues et Guillo.

En préambule au concert, les stagiaires de l'après-midi ont chanté la chanson écrite ce jour, accompagné à la guitare par Guillo.


Puis Alain Sourigues a ouvert les hostilités, notamment avec "poing sur la gueule". Il nous a également conté les délices du pique-nique au bord de l'Estrigon, et d'une nouvelle héroïne d'un futur feuilleton télé : Ginette. Comme il était premier, il a chanté sept chansons.






Guillo, second, a attaqué fort avec "je pars je roule je t'aime" puis des chansons de son dernier album: "long fleuve", "des hommes et des fleurs", mais aussi de son disque précédent "les premières fois", "fais-moi danser", et une chanson écrite à quatre mains avec un Suisse (Fox?) "un caillou". Mais bon, seulement six chansons...


Le meilleur étant pour la fin, Mamac est arrivé sur scène (enfin, sur le tapis). Il a remonté le temps, de "Lolia Lola" qui n'est toujours pas sur un disque, à "laisse le bon temps rouler" en passant par le sublime "je préfère".


Mamac je l'écouterai toute la nuit. C'est d'ailleurs lui qui m'a raccompagné jusqu'à chez moi, sur tous les virages, sur la quatre voies de Dax au Moun, dans les haut-parleurs.



Puis les trois artistes ont chanté ensemble quelques succès des uns et des autres.
Super soirée !!!
Pour les infos suivez "Come à la maison" sur Facebook. Ou Guillo. Ou les deux.




samedi 19 août 2017

Dax 2017 : Déceptions et illusions

photos Philippe Latour et Nicolas Couffignal


Toujours aussi sympathique à vivre au travers des animations, de l’accueil des dacquois (la commission montoise devrait en prendre exemple), le Féria de Dax 2017 a été tauromachiquement décevante.
La plus grosse déception vient du bétail. Essentiellement d’origine Domecq, les toros ont failli par leur présentation indigne d’une arène de première catégorie et leur comportement de bédigues idiotes qui suivent bêtement la muleta ou s’éteignent à la troisième passe. La palme revient aux Domingo Hernandez livrés avec les bagages du Juli. Minuscules, ils ont totalement manqué de caste et de race.
Les toros de Montalvo et d’El Ventorillo distillent un profond ennui. Sosos, faiblards, ils n’existent que portés à bout de bras par le torero, à condition que celui-ci soit capable de créer l’illusion de la présence d’un toro en piste.
La plus grande déception est venue du lot d’Adolfo Martin. Bien présentés, ils avaient autant de race qu’un lot de moruchos. Contrastant avec leurs congénères montois, ils n’avaient au plus deux séries dans les pattes et n’étaient même pas dangereux. Cette année, Adolfo Martin a vendu des corridas dans la plupart des grandes férias. Il n’est pas étonnant qu’il y ait dans la camada de mauvais toros. Le problème, c’est que le hasard, les a tous regroupés dans le lot dacquois.  


Heureusement, il y a quelques satisfactions. Tout d’abord, les deux lots d’erales des non piquées, globalement bien présentés, ont donné du jeu et permis aux novilleros de montrer ce dont ils étaient capables (ou pas). On mettra de côté, l’insolation dont a été victime Didier Touya, le président de la finale, qui a sorti trois mouchoirs bleus. La vuelta est déjà discutable en non piquée. Les deux premiers erales de Guadaira étaient très nobles mais aussi extrêmement naïfs et sans vraie caste. Le plus intéressant et le plus sérieux a été le troisième qui a poussé Adame à sortir de sa tauromachie superficielle et bling-bling, l’obligeant à se croiser et à toréer avec sincérité. Les deux meilleurs erales de la compétition resteront les second et quatrième du Lartet sortis pour la novillada qualificative. Très bien présentés, issus d’une lignée qui a très bien fonctionné cette temporada, ils sont sortis avec beaucoup de caste et une noblesse piquante qui transmet beaucoup d’émotion pour peu que le novillero ait quelques capacités.

Reste la corrida de Pedraza de Yeltès. Pour moi, c’est une très bonne corrida de troisième tiers.  Il y a aujourd’hui en France une mode « Pedraza » malgré des sorties très moyennes de l’élevage. Il est clair que les ganaderos ont cherché à réduire le volume de leurs toros et surtout adoucir leur comportement. La conséquence est que la majorité des Pedrazas qui sortent aujourd’hui sont ordinaires à la pique.  Ils poussent à la première rencontre puis ne poussent pas aux suivantes, les palos étant souvent immédiatement levés. Ils viennent de loin, mais ce n’est pas que cela la bravoure.. L’application porté aux premiers tiers à Vic montre que si on place bien les toros et qu’en insistant, nombreux sont ceux qui partent du centre de la piste. On a été très loin du tercio de Tito Sandoval, avec Miralto où le toro partait du toril et, pique à la base du morillo, baladait à la poussée un cheval qui résistait de toute ses forces. Ce qu’on a vu à Dax, ce lundi, ce sont des toros, palo levé, collés à un cheval qui ne résiste pas. Le seul vrai tercio de piques à la Pedraza, c’est celui du sixième, avec le bémol de la présence d’un cheval léger face à un toro très lourd et puissant. La première pique est magistralement donnée par le piquero, le second contact est trop court pour juger le toro, et la troisième avec la pique de tienta est parodique.

Si on fait le bilan de cette corrida, après trois toros très ordinaires, on a vu un quatrième inexistant au cheval, sublime à la muleta et un sixième brillant au cheval mais mal toréé et vite éteint au troisième tiers. Quand on entend, José Ignacio Sanchez parler du quatrième comme étant d’indulto, on comprend le type de toros qu’il veut produire. Il est clair qu’il cherche à attirer les figuras et sortir du circuit des corridas pour toreros « valientes ».
Cela me fait mal au cœur de voir les Pedrazas découverts par Garlin ressembler à des Fuente Ymbro chers aux montois.
Au-delà de l’évolution de cet élevage, je crains la création d’une corrida « couleur torista », comme à Malaga, on a vu une corrida « couleur toreriste » et qui seraient à la corrida toriste ou toreriste ce qu’est le mousseux au champagne.
La corrida dacquoise de lundi, reste dans mon souvenir, comme une corrida intéressante et  entretenue, agréable à suivre, surtout après les purges infligées par les toros sortis samedi, dimanche et mardi. C’est une bonne corrida, mais pas une grande corrida et surtout pas une grande corrida torista.  Ce n’est que mon modeste avis, mais j’invite les aficionados à revoir, sur Corrida TV, les images de 2014 et 2015 et de les comparer à celle de 2017 ;

Côté toreros, on va vite éliminer le Juli, scandaleusement démotivé face au bétail qu’il a imposé aux organisateurs. Il s’est fait sifflé, fort justement à sa sortie des arènes. Hélas je pense qu’il s’en moque autant qu’il s’est moqué de nous.
Talavante est un torero artiste, atypique et à la tauromachie originale. Il a été intéressant à Dax mais face à un bétail de peu de valeur.

Curro Diaz est mal remis de sa blessure, et a quand donné quelques bons muletazos à son second Montalvo.




Lorenzo, Galdos ont encore des choses à apprendre. Galvan et Roman ont été très faibles. Le dernier est passé à côté du sixième Pedraza, heureusement que Rafaelillo a assuré la lidia au premier tiers. Malgré son succès à Madrid, le valenciano-breton me semble loin d’avoir les qualités pour devenir une figura.
Respect pour Escribano, Ureña et Martin Escudero qui se sont coltinés six Adolfo totalement dénués de caste et de race.
Je suis content pour Rafaelillo qui a touché un monstre de noblesse qu’il a su mettre en évidence avec ses moyens.  Contrairement, à quelques années en arrière, face à un Escolar Gil, il a très bien tué et a coupé deux oreilles méritées.
J’ai beaucoup aimé Daniel Luque qui, bien que mal servi au sorteo, a construit, avec finesse, deux faenas intéressantes face aux Pedrazas. Dommage qu’il n’ait pas touché le quatrième.
Ginès Marin est un bon torero, il a su donner un peu de relief à des Ventorillos sosos, à voir par la suite, même si j’ai un doute.
Juan Bautista surfe sur son début de saison et sur la vague de son triomphe montois. Il a le public dans sa poche dès le paseo. Il a été intéressant à Dax mais en dessous de ses sorties vicoise  et montoises. Il est vrai que les Montalvo ne transmettaient pas grand-chose.

Quel intérêt a-t-il à estoquer à recibir des toros sosos et tardos ? L’estocade comme la lidia, doit être adaptée au comportement de l’animal.
Son duel avec Castella, les deux toreros ne s’aiment pas beaucoup, à donner du piquant à cette corrida dominicale malgré un bétail bien terne. Il a conduit Castella à réaliser la meilleure faena de la Féria à son premier toro. Bautista venait de faire une faena, qui avait porté sur le public, mais sans jamais se croiser. Toréant à contre style, le biterrois a mis la jambe à chacun de ses muletazos, toréant en donnant de la distance et laissant respirer le bicho. Le message de  Castella à Jean Baptiste était clair.  « Moi, aujourd’hui ; je charge la suerte et torée avec classe et sincérité ». Dommage que le toro, et la mise à mort n’aient pas été à la hauteur de ce qui restera la meilleure faena de la Féria.


Pour ce qui est des juniors, ils ont failli à l’épée  avec cette manie de viser le rincon qui se termine souvent par un quasi bajonazo dont l’efficacité trompe le public peu expert des non piquées matinales de Dax.  La finale a été logiquement remportée par Alejandro Adame. Le mexicain s’est racheté face au très exigeant troisième Guadaira de trois faenas brillantes mais superficielles avec une utilisation systématique du pico et des estocades très basses.

Dorian Canton a alterné de très bons passages avec d’autres plus brouillons. Laissons le mûrir sans trop brusquer les choses.
J’aurais aimé voir El Rafi et Manuel Diosleguarde face aux deux premiers Guadaira.
Villita a vu son eral esquinté par un recorte maladroit d’un peon, il mérite une seconde chance, d’autant qu’il a coupé deux oreilles le lendemain à Béziers.


Ainsi se termine une Féria dacquoise globalement décevante, rendez vous est pris à TOROS Y SALSA pour le desquite.

Thierry Reboul

mercredi 16 août 2017

LA FABRICATION DES DEVISES


Madame Armand s'occupait de la fabrication des devises pour les corridas de la Madeleine.
Nous retrouvons ici tous les gestes que cette couturière réalisait, afin que les devises soient le plus parfaites possible. N'oubliez pas qu'il y a 6 animaux par corrida, et donc c'était un sacré boulot !