mardi 19 septembre 2017

NOS ANNÉES FOLLES

André Téchiné





Le début du film est truffé de flashbacks qui ne s'enchaînent pas de manière très fluide et compréhensible et j'étais un peu déroutée. Au temps présent se mêlait le passé et une histoire de théâtre qui ne faisait qu'embrouiller.  A vrai dire je ne saisissais pas tout mais je ne suis pas très intelligente. Enfin... un mauvais départ.
Tout de même une image poignante : un soldat en plein combat de la guerre de 14/18 errant au milieu des tirs, l'air égaré, ne pensant ni à prendre son fusil ni à se protéger,  bref, un type qui ne comprend rien à la guerre. Il s'appelle Paul,  et n'a qu'une envie, sortir de cet enfer..
Il finit par déserter et il revient auprès de Louise,  sa femme qui le cache dans la cave de sa maison. Afin qu'il puisse s'aérer  Louise, a l'idée de le déguiser en femme. Il résiste, refuse, mais finalement, son envie de sortir le pousse à accepter cette proposition. Paul devient Suzanne.
Je ne raconterai pas les mésaventures de Suzanne pour ne pas déflorer le film.
Pour moi, ce film devient vraiment intéressant au moment où, la guerre finie, Suzanne peut et doit redevenir Paul, mais Suzanne semble plus forte que Paul.Suzanne était forte, séductrice, admirée, Paul lui, n'est rien.  La difficulté de retrouver son identité d'homme, voilà le chemin douloureux de Paul et là, le film prend une dimension tragique et dense. Les deux acteurs sont excellents, en particulier celui qui incarne Paul dont je ne vous dirai pas le nom car il est à rallonge* mais c'est le même qui jouait dans "l'inconnu du lac" et dans "le fils de Jean".
En somme, un film qui part mal mais qui s'améliore tout du long et qui finit très bien ( je parle de son intérêt et pas de la fin du film qui elle, n'est pas rose).
De plus, il s'inspire d'une histoire vraie.


Ana 

* Pierre Deladonchamps

120 BATTEMENTS PAR MINUTE

Robin Campillo





120 battements par minute... et mon cœur a battu !
Il y a longtemps que je n'avais pas vu un film aussi beau. Pourtant, le sida dans les années 90 alors qu'il n'y avait pas encore de traitement efficace, ça paraît un sujet épouvantable.
Oui mais, il y a le génie du réalisateur, des acteurs. Une énergie incroyable, un sentiment d'urgence, une soif de vivre côtoient le drame de la maladie et de la mort.
Après une action militante, les adhérents de Act Up, pour la plupart séropositifs, s’enivrent de danse et de musique dans une boîte. La scène est longue et nous enivre aussi mais la fête se termine par un écran tout gris, un ailleurs, un infini ou des molécules errent et se cognent. Nous étions dans la vie et nous voilà ramenés vers la maladie et la mort. 
J'ai beaucoup aimé ces images subtiles, muettes qui font sans cesse, tout au long du film basculer les émotions. La Seine coule, calmement dans un Paris magnifique, oui, mais la Seine est rouge sang.
Les acteurs sont superbes et la réalisation géniale.
Je l'ai vu il y a 15 jours mais j'y pense encore !


Annie

dimanche 17 septembre 2017

PETIT PAYSAN

Hubert Charuel

Pierre est éleveur de vaches laitières. Il a un petit troupeau d'une trentaine de bêtes. Il a repris la ferme familiale, et sa mère le surveille non-stop de la cour. Il aime son métier et ses animaux. Mais aux infos et sur internet, on ne parle que de la maladie, cette fièvre hémorragique belge dont les vétérinaires déciment les troupeaux afin d'éviter la propagation d'un virus dont ils ignorent le mode de transmission.
La sœur de Pierre, vétérinaire justement, essaye de le rassurer.

Un beau film qui montre comment on peut déraper quand on pense sa cause juste. Comment la sœur l'aide, au départ malgré elle. Dans cet univers pas si gai, quelques scènes drôles éclairent le décor d'une autre couleur.
Sara Giraudeau avec ses cheveux rabattus sur le visage ressemble extraordinairement à son père.
C'est vraiment bien, allez-y.

LE REDOUTABLE

Michel Hazanavicius





Jean-Luc Godard, amoureux, tourne "la chinoise" avec la femme qu'il va bientôt épouser. Mais l'époque ne comprend pas ce film. Arrive Mai 68, qui va jeter Jean-Luc dans la rue, révolutionner son cinéma, voire le rendre incompréhensible. Et lui faire souvent changer de lunettes. Sa compagne, qui le suit partout, prend pourtant peu à peu de la distance.

On ne s'ennuie vraiment pas à regarder le spectacle de Garrel zozotant à souhait, se faisant passer pour un sinistre con, faisant fuir ses meilleurs amis et jusqu'à la femme qu'il aime. Bref un excellent film, une photographie d'une époque! Ce n'est peut-être pas un hasard si on revient à ce style de meubles minimalistes qui décoraient les appartements, c'est très joli!
Stacy Martin et Bérénice Béjo sont parfaites. A voir !

samedi 16 septembre 2017

Novilleros attention danger !

photos Matthieu Saubion


Sans novillada, il n’y a pas d’avenir pour la corrida. Les coûts d’organisation, la faible mobilisation des publics plus attirés par les affiches bling-bling, et l’impossibilité de mettre les novilleros punteros face aux novillos de respect y contribuent largement.

Un autre problème qui se pose est la pénurie de novilleros. Cela peut paraitre paradoxal compte tenu du nombre de jeunes gens qui cherchent désespérément un contrat. Le problème, au gré des échanges entre empresas/apoderados est que nous voyons toujours les mêmes. Et plus grave, blasés ou manipulés par leur entourage, ces novilleros manquent de chispa, d’envie de toréer.
L’exemple le plus flagrant est la novillada de Bayonne. Sont sortis en piste des Los Maños raisonnables de présentation. A la muleta, en bons Buendias, ils étaient nobles, pastueños et même pour certains franchement sosos.  Ils devaient laisser entre les mains des novilleros leurs oreilles d’autant qu’un des toreros Andy Younès était sensé être prêt pour passer à l’échelon au dessus.  Les deux novilleros, très peu motivés, ont laissé passer les trophées qui s’offraient pourtant à eux.
Ils ont récité de façon mécanique des faenas standards sans originalité et surtout sans prise de risques de peur de sortir du moule et de commettre des erreurs. Et pourtant l’originalité, les erreurs de jeunesse font partie de la novillada. Le quatrième novillo était un monstre de noblesse. Il suffisait de mettre   la main très basse et de toréer de façon relâchée pour profiter des qualités du bicho et faire une faena cumbre. On a vu un novillero appliqué certes  mais appliquant surtout une faena modèle et des attitudes standards qui l’ont fait rester en dessous des possibilités du novillo.
Adrien Salenc, son compagnon de cartel, n’a jamais su trouver le sitio face à des toros qui permettaient.
Les deux toreros ont failli à l’épée. A forcer de viser le rincon, on finit par des bajonazos ou on pinche parce qu’on ne sait plus cadrer et toréer un toro  au moment de porter une estocade.
On attend des novilleros, surtout en mano à mano, qu’ils se tirent la bourre. Rien de tout cela, seul Salenc a fait un quite, timide, à un novillo de son compagnon de cartel ;
Résultat, le public venu voir le cartel « qui allait tout casser » s’est ennuyé sur les gradins.
A Dax, le schéma est quasi identique. Colombo et Carretero n’ont pas de personnalité. Leur tauromachie est stéréotypée. Les oreilles coupées le sont souvent après des bajonazos qui provoquent des morts rapides « fulminantes » qui remplissent d’aise des publics qui confondent sincérité, et efficacité d’une estocade avec  chute rapide , souvent aidée par les cuadrillas, du toro.
Seul Tibo Garcia, avec une personnalité « froide » mais une vraie originalité, a essayé de sortir des sentiers battus mais il a été mal servi au sorteo. Il a, en plus, un  vrai problème avec les aciers  qu’il va devoir résoudre rapidement.


Face à eux les José Cruz, faibles, nobles et fades, n’ont pas transmis de l’émotion  mais ne demandaient qu’à être essorillés.
Résultat deux novilladas sensés être les « musts » de la saison et qui laisseront autant de souvenirs qu’un sandwich acheté dans une station service d’autoroute.
Et pourtant, l’entourage de la plupart des toreros n’a pas arrêté de leur dire qu’ils ont été bien et même bons. Il n’est pas étonnant que les novilleros ne se transcendent pas. Et pourquoi se fatiguer puisqu’un bajonazo rapide d’effet et les cris (et je reste poli) des groupies des fans clubs feront tomber les oreilles. Quand certaines peñas de toreros, je pense à celle de Tibo, savent rester raisonnables, d’autres, faussent complètement les courses. Elles sont à la limite de l’incorrection, insultant les présidences ou quittant, y compris des responsables du fan club,  les gradins quand leur protégé ne toréé pas.

Paradoxalement, si la France défend la novillada avec un vrai investissement des clubs taurins organisateurs, le résultat n’est pas à la hauteur. Que ce soit en courses toristes ou en courses toreristes, compétences et motivation des novilleros ne sont pas au rendez vous.
Côté toros, il faut sortir du mono encaste et des élevages qui ont fonctionné mais qui ne fonctionnent plus. Il y a des élevages, dans tous les encastes, en France et en Espagne qui ne demandent qu’à faire leurs preuves.
La remise en question passe aussi par l’abandon du système des échanges. De plus les cartels montés longtemps à l’avance barrent la route à des novilleros qui se révèlent en cours de saison (exemple El Adoureño ou Solera) ou sont simplement motivés (Cristobal Reyès ou d'autres..............). Ils n’incitent pas les novilleros sûrs de leurs engagements à se battre et les transforment vite  en rentiers.
Un novillero doit gagner le contrat suivant à chaque passe qu’il fait. Et s’il fonctionne ; il doit avoir sa chance de rentrer dans des cartels aujourd’hui trop verrouillés.
Il doit, comme l’a fait Manolo Vanegas, affronter tous les encastes et tous les types de public
La seule novillada intéressante que j’ai vue cette temporada, c’est celle de Peralta.
Sur les gradins un public très jeune, enthousiaste mais respectueux, au palco une présidence sérieuse, en piste les trois novilleros sont « morts de faim ». Ils ont peu de contrats et se les gagnent à la force de la muleta.  Face à eux des novillos  d’El Pincha, sérieux de trapio et de têtes, imparfaits (au sens toro moderne) de comportements mais qui se bagarrent dans les trois tiers. Il y a eu de l’émotion (avec ces volteretas caractéristiques des novilladas d’antan) et une course entretenue qui a ravi aficionados et public occasionnel.
J’ai découvert un Fernando Florès très bon lidiador, un Aquilino Giron volontaire et courageux et un Maxime Solera appliqué et respectueux de la lidia dans les trois tiers ;
Comme quoi, avec des garçons motivés et un élevage en devenir et bien géré, on peut retrouver l’esprit de la novillada.
Après tout n’est pas parfait dans ces pueblos espagnols. Il est difficile d’admettre que certains novilleros payent pour toréer, ou bien touchent quelques billets de vingt euros pour risquer leur vie. Heureusement que chez nous quasiment toutes les empresas appliquent le convenio. Mais la France ne doit pas devenir une vache à lait de toreros installés ou poulains de grosses écuries qui se partagent le marché.


Le constat n’est pas très optimiste.  Il y a du travail pour redresser la situation. Même si on sait très bien que les figuras ont rarement été des novilleros punteros. C’est surtout la novillada comme porte d’entrée en Aficion  pour les jeunes et moins jeunes qu’il faut préserver.


Thierry Reboul 

DANS UN RECOIN DE CE MONDE

Sunao Katabuchi

Au début du film Suzu a 7 ans. Elle vit au Japon, à Hiroshima. Elle va à l'école, et aime beaucoup dessiner. En 1944, à l'occasion de son mariage, elle va vivre à Kure, un port militaire. La guerre amène son lot de difficultés, mais elle s'entend bien avec sa belle-famille. Un peu moins avec sa belle-sœur, qui a une fillette adorable.

Évidemment on attend une seule chose : que la bombe tombe, puisque nous, spectateurs, savons qu'elle va tomber. Elle arrive pourtant au bout de presque deux heures de ce film qui peut sembler lent, mais qui raconte les jeunes années d'insouciance de Suzu. Le monde qu'elle dessine est celui qui va disparaitre à jamais. C'est beau, c'est triste, et ce n'est pas parce que c'est un dessin animé que c'est pour les enfants, pas du tout!
A voir !

vendredi 1 septembre 2017

Concours de Saint Perdon, El Pincha et Tibo....................

Arènes du Plumaçon ; dimanche 26 Août 2017
Novillada concours de Saint Perdon
Sont sortis en piste, des novillos des ganaderias suivantes :


Celestino Cuadri (quelques sifflets) pour Diego Carretero (silence)
Escolar Gil (silence) pour Jorge Isiegas (silence)
Valdellan (quelques applaudissements) pour Tibo Garcia (silence)
Virgen Maria (silence) pour Diego Carretero (silence)
Pedraza de Yeltès (palmas) pour Jorge Isiegas (un avis et silence)
El Pincha (vuelta al ruedo) pour Tibo Garcia (un avis et salut au tiers)
Salut de Morenito d’Arles au second
Quatorze piques, cavalerie Bonijol
Président : Pierre Noguès (Roquefort)
Musique Al Violin
Un tiers d’arène

A l’issue du paseo, un hommage a été rendu à Damaso Gonzalez et les deux novilleros espagnols lui ont brindé leur premier novillo.
Ciel bas et orageux, pluie du second au cinquième
Photos Nicolas Couffignal et Matthieu Saubion, celles de Romain Tastet pas encore traitées, viendront plus tard.




Pas la peine de tirer sur une ambulance, les socios de la Muleta, sont grands garçons, assez matures et aficionados pour savoir que l’édition 2017 de leur novillada concours n’était pas à la hauteur de leurs espérances. C’est compliqué quand on organise une course par an de rectifier le tir sur celle du lendemain pour sauver la mise, Hagetmau en a fait aussi l’amère expérience. L’équipe de Pascal saura analyser ce qui s’est passé et corriger le tir pour l’an prochain. Et puis, si on prend du recul,  il ne faut pas oublier les éditions précédentes qui nous ont fait vivre de grands moments d’émotion. Laissons les gens de Saint-Perdon débattre, réfléchir et donnons leur rendez vous en 2018.
Par contre il est intéressant de se poser la question de la place d’une novillada concours dans le paysage taurin actuel.
Le principe de la Concours, c’est de mettre en compétition des élevages d’encastes différents. Comme en tienta, les bichos doivent être sélectionnés sur leur potentiel,  potentiel qu’ils devront prouver dans les trois tiers. Le vainqueur devra être brave, encasté et noble.
Une concours n’est pas un comice agricole. Les candidats doivent être dans le type de leur encaste avec les qualités et les défauts inhérents à leurs origines. On doit accepter qu’un Cuadri soit gordito avec des cornes à la Samuel Florès.
Des six novillos de dimanche, cinq étaient conformes à ce que l’on était en droit d’attendre. Seul le Pedraza était fuera de typo, petit, avacado et pauvre de tête, de quoi décevoir les fans de cet élevage. Il était aussi peu Aldanueva que le sixième de Garlin.
Quoi qu’on dise, les ganaderos sont capables de choisir un novillo qui a le potentiel de remporter une telle compétition ; Statistiquement, il  est impossible que tous les éleveurs présents dimanche se soient trompés en même temps. Le drame des corridas concours actuelles, c’est que les ganaderos ne s’investissent pas dans un challenge, mais vendent un novillo de plus. La  preuve en est que celui qui avait le plus besoin de se faire connaître, El Pincha, a  sélectionné un toro, qui comme par hasard, a été bon.

Qui dit concours dit lidia. Le torero se met au service de son opposant pour le mettre en suerte correctement au cheval, le toréer de cape et de muleta pour mettre en évidence les qualités, corriger les petits défauts qui peuvent être présents chez les mansos con casta. Ils doivent aussi montrer qu’un toro n’est pas digne du prix. Pour cela, il faut  que les picadors se mettent au service du premier tiers, comme en tienta. Malheureusement les piqueros de samedi n’avaient pas forcément tous compris. On a soit piqué comme en corrida normale (piques traseras et même carioquées), soit piqué pour produire un premier tiers « moderne », scénarisé  comme on le voit aussi dans les corridas normales et qui enflamme certains publics. Gabin a reçu de manière exceptionnelle la charge du Valdellan à la première pique. L’aguante, la pose du palo et la manière de tenir la première poussée sont de grande classe. Par contre, la suite avec ce cheval qui échappe à la poussée, tourne  autour du toro en lui fermant la sortie c’est du rejon. Et quand cela dure trop, le bicho y laisse son moral.

En corrida concours, le piquero a un rôle primordial. Il est là pour mettre en évidence la bravoure du toro .Pour cela, le choix du cheval est primordial .Il doit avoir du poder et résister à la charge sans épuiser le toro. Il n’est pas nécessaire qu’il soit sur-dressé Il doit juste avoir du cœur.

Autre effet de mode, la pique de tienta. Pour moi, elle est réservée à faire monter l’ambiance avec un toro de bandera ; Elle ne doit pas être utilisée  avant la quatrième rencontre et uniquement si le toro s’est beaucoup employé aux précédentes. La sortir à la troisième est une hérésie ou plutôt un élément de scénarisation du tercio de piques moderne. Et c’est d’autant plus important qu’en concours, soit le toro a la bravoure et la force d’en prendre une troisième et il l’a prend avec la vraie puya. Sinon, on change le tercio et le bicho est hors concours.
Dans ce premier tercio, la mise en suerte est primordiale. Il faut que le novillero sache et ait envie. On peut admettre que savoir soit compliqué pour un novillero, et les cuadrillas sont là pour les aider. Des trois novilleros, seul Tibo Garcia a joué le jeu et, malgré quelques maladresses, et mené correctement les utreros au cheval. Pour les autres, on place au petit bonheur la chance, loin à la première et on le rapproche à la suivante. Ils ont tout compris !!!!


A la muleta, la faena doit être adaptée à l’encaste. On ne torée pas un Jandilla comme un Atanasio. Le torero doit se mettre au service du toro et le toréer des deux mains dans les bons sitio et tempo. La chasse aux oreilles ne peut s’ouvrir qu’une fois le travail fondamental terminé. Comme pour la mise en suerte, il faut compétences et motivation .Avec les défauts d’un novillero, seul Tibo a été respectueux de son contrat. Carretero a été mal servi mais aurait pu mieux faire, et Isiegas s’est fait promener par un Pedraza noble et naïf.
 Pour réussir une concours, il faut aussi un public sérieux, attentionné et connaisseur. Je ne m’étends pas sur le ballet incessant des vendeurs de Jojo La Praline qui ont perturbé les premiers tiers. Après avoir été expulsé des arènes de Mugron, ils vont finir par se faire interdire l’accès aux autres placitas.  Le concours, comme la tienta de Bougue, pourrait être l’occasion d’une opération de « formation ». Cela évitera de voir applaudir un toro qui a perdu son moral après les piques ou un picador qui a piqué trois fois très en arrière le plus brave de la course.
Autre problème récurrent depuis le début de la saison, l’extrême fragilité des cornes qui éclatent dans les petites et grandes arènes.  Entre les toros areglados, le pourrissement de la corne avec les fundas et autres pratiques qui, on  l’a vu à Boujan et Céret échappent au contrôle des organisateurs, on est en train de tuer à petit feu la corrida.

Au  soir de la course les spectateurs pouvaient en vouloir aux organisateurs. Mais en prenant du recul avec leur taux de réussite plutôt élevé, le problème n’est pas à leur niveau. Le vrai problème, c’est que ganaderos, professionnels et même une partie du public ne sont pas intéressés par la corrida concours. Les uns viennent encaisser le sueldo, les autres veulent voir un spectacle. Dimanche seul les propriétaires d’El Pincha et Tibo Garcia ont respecté leur engagement. Et pourtant il faut continuer à se battre pour défendre et aider de telles courses car elles sont à la corrida ce qu’est la fleur de sel au chlorure de sodium standard.  


 Le premier est un Cuadri dans le type. Il manque de forces et prend deux piques sans conviction. La première est placée dans l’épaule, l’autre est plus correct. Le toro noble dans le capote, devient très vite  tardo. Il se défend plus qu’il ne charge. Diego Carretero manque de fermeté et se fait accrocher à plusieurs reprises. Le novillo s’éteint à la quatrième série.

Le second est un Escolar Gil. Dans le type y compris quand il s’endort par trois  fois au cheval, il est très vite compliqué à la muleta. Jorge Isiegas n’a pas le recours nécessaire pour imposer sa volonté à un toro qui en l’absence de domination lui pose de plus en plus de problème. Il tue mal.


Le troisième est un Valdellan, dans la lignée des toros axiblancos. Le ganadero n’a pas réussi avec ce novillo à racheter ses précédentes sorties en France. Le toro prend une première pique en poussant avec conviction au début. Il s’endort à la seconde où c’est surtout le cavalier et le cheval qui brillent. Il laisse beaucoup de moral, s’il en avait dans ces deux rencontres trop longues et sort seul de la troisième. Tibo Garcia qui s’était attaché à bien le mettre en suerte, alterne des séries de la main droite et de la gauche. Le toro ne se livre pas, regarde vers les planches. Le Valdellan va très vite à menos malgré les efforts du torero qui tue mal.


Le quatrième est un Virgen Maria, dans le type de ceux sortis au Plumaçon en 2016 ; Il prend deux piques sans classe. Il manque de race et s’éteint à la quatrième série donnée par un Carretero qui n’insiste pas ;



Le  cinquième est un Pedraza de Yeltès très mal présenté. Difficile de dire ce qu’il vaut au cheval tant le premier tercio a été scandaleusement bâclé par un Isiegas pas au niveau.
Au troisième, c’est un Pedraza « moderne » plus noble, voire soso, qu’encasté. Peu compliqué, il permet à Isiegas de tirer quelques séries sans vraiment convaincre. Le toro va à menos et le torero tue mal. L’arrastre est applaudie ; Effet de mode, s’il avait porté un autre fer, il aurait été encore plus protesté à son entrée en piste. Le silence aurait accompagné l’arrastre.


Depuis le second toro, il pleut. Le soleil revient au dernier. Soleil dans le ciel et en piste, car ce   novillo de  la ganaderia El Pincha le mieux fait et le mieux armé des six novillos du jour sera le meilleur. Il prend trois piques  traseras, correctement mis en serte  en poussant et mettant les reins. La dernière est peu significative car donnée avec la pique de tienta. .

 A la muleta, il a une corne droite excellente. Aidé par Tibo Garcia, il va  à mas sur ce piton. Tibo enchaine de très bonnes séries de derechazos données avec sincérité et même élégance. A gauche le toro, près sur cette corne, est plus complexe et Tibo revient à droite.  Le novillero commet l’erreur de ne pas faire une troisième série de naturelles pour confirmer. En effet, même cité de trop près, le Pincha a progressé  entre la première et la seconde série. Le torero raccourcit les distances en fin de faena,  alors que le toro venait encore  de loin. Après cette faena intéressante, dans l’esprit de la concours, le français aurait du triompher. Hélas, il a été trahi par les aciers et doit se contenter de saluer au tiers. Le Pincha a droit à une vuelta discutable  (deux vraies piques  seulement et des doutes non levés sur le côté gauche)  Il reste le meilleur novillo de la tarde.


Comme la moyenne depuis cinq ans est bonne et que l’édition 2017  n’a pas été au niveau, celle de l’an prochain devrait être d’un grand niveau. Rendez vous à la soirée de présentation de l’affiche.


Thierry Reboul

dimanche 27 août 2017

QUE DIOS NOS PERDONE

Rodrigo Sorogoyen





Dans un Madrid estival accablé de chaleur, la tension monte entre plusieurs équipes de policiers de la brigade criminelle. Les équipiers Alfaro, violent, et Velarde, quasi muet car bègue, découvrent qu'un sériel-killeur et violeur de vieilles dames sévit dans le centre de la capitale. Hélas leurs supérieurs, ne voulant pas provoquer une vague de terreur alors que Benoit XVI s'apprête à venir visiter les espagnols, font tout pour effacer les affaires : et une crise cardiaque, et un vol commis par un drogué qui a mal tourné. Mais au cinquième meurtre, ils rappellent Velarde, et ce dernier rappelle Alfaro.

Un thriller haletant, où on soupçonne un peu tout le monde, où la chaleur semble tirer sur les nerfs de tous les personnages, où on ne voit pas passer les deux heures de films.
Bref, allez au cinéma ! (en plus c'est climatisé)

Mimizan, Rion, Maubourguet ou les "aficionados organisateurs"

Au Maestro Damaso Gonzalez


Photos de Philippe Latour (Mimizan), Nicolas Couffignal (Rion) et Guy Lamon (Maubourguet).


Après la grosse machine dacquoise et la foule autour et dans les arènes ; il est particulièrement reposant et agréable de retrouver l’ambiance plus familiale des placitas du Sud-Ouest. 
Une des particularités de notre région, c’est le nombre de courses organisées par les membres de clubs taurins locaux. Même s’ils se font aider par des prestataires, les socios   investissent énormément de leur temps et avec l’aide des  élus locaux  des ressources financières qui ne sont pas inépuisables.
Ce modèle, que méprisent parfois certains organisateurs des grandes arènes, qui préfèrent voir des corridas spectacles médiatisées avec indulto de pacotille inclus est fragile mais entretient et consolide l’Aficion
Heureusement que d’autres, et je pense en particulier aux vicois, font l’effort de venir dans les « petites arènes ».


Mimizan est depuis peu dans le circuit des corridas. Les organisateurs se sont beaucoup cherchés. Ils sortent aujourd’hui de « l’adolescence » pour entrer dans « l’âge adulte » et ont probablement trouvé, le positionnement « marketing » qui correspond à la taille de leurs arènes et au public qui s’y rend. La Perle de la Côte d’Argent ne sera jamais un fief torista à la Parentissoise ou à la Vicoise. Le fait de n’organiser qu’une seule course ne permet pas l’erreur de ciblage. A Mimizan, il faut monter des courses spectaculaires, avec des noms qui attirent le public, sans grever le budget. La corrida doit pouvoir plaire à un public d’aficionados et surtout de néophytes ou d’occasionnels. Il faut savoir être raisonnable et ne pas vider des arènes là où il est difficile de les remplir. Défendre l’éthique de la corrida, ce n’est pas imposer une forme de tauromachie à des gens qui  ne sont pas prêts à la vivre. Défendre l’éthique de la corrida, c’est faire en sorte que les spectacles soient sérieux avec un bétail intègre et un déroulement conforme aux règles établies.  Les amis mimizannais y sont quasiment arrivés, ce samedi avec un lot de Loretto Charro très bien présentés. Seul le comportement de Padilla, mais il est coutumier du fait, a fait basculer, l’espace d’une faena, une course jusque là sérieuse dans le spectacle de cirque. Ce qui est rassurant, c’est que la majorité des présents ne soit pas tombé dans le panneau.

Rion des Landes a depuis longtemps trouvé son positionnement avec des erales de Valdefresno sérieux pour des novilleros confirmés. Les gradins sont correctement remplis le matin et très bien garnis l’après-midi. Petite erreur avec le choix d’erales jeunes, donc petits et faibles pour le non piqué matinale, les organisateurs  ont voulu protéger les novilleros. C’est dommage car Yon Lamothe et  Dorian Canton ont certes triomphé mais n’ont pas, vu leur niveau, appris grand-chose.

Maubourguet est un cas à part. Isolé dans les Hautes Pyrénées, avec des locaux qui vont plus facilement voir une course landaise, il est difficile de remplir les coquettes arènes. Dommage car depuis toujours, le choix du bétail a été judicieux avec des lots récompensés régulièrement en fin de temporada.  Après avoir tâtonné sur le choix des novilleros, les cartels proposés ces dernières années, de bon niveau sur le papier, ont donné satisfaction au public qui a fait le déplacement.
Si la fréquentation est en hausse cette année, avec 550 personnes (payants+ invités) on est loin de l’équilibre financier. Heureusement que le club est aidé par des sponsors et les élus locaux et en particulier François Fortassin qui malheureusement vient de nous quitter. Même si le sénateur aficionado a prévu sa succession, quelques personnes en plus sur les gradins (et sur ceux de Castelnau Rivière Basse) ne seraient pas « de refus ».

Défendre l’éthique de la corrida, ce n’est pas avoir une tenue blanche, un badge de l’Observatoire, de faire des expositions, c’est aider les aficionados organisateurs en venant assister aux courses qu’ils organisent. D’autant que  les organisateurs (et organisatrices à de Mimizan, Rion et Maubourguet sont particulièrement sympathiques.

De ce week-end, j’attendais la réponse à une question à laquelle je n’ai toujours pas eu de réponse. Doit-on amener les toros le jour de la course ou bien les faire séjourner dans des corrales?
A Samadet, les novillos livrés en express  le jour même, sont sortis faibles, A Mimizan, malgré la chaleur, ils ont tenu la distance. A Maubourguet, ils ont séjourné douze jours dans les corrales. Ils ont été très difficiles à enfermer dans les chiqueros (les corrales étaient devenus leur querencia°. Les Sanchez Arjona n’ont pas fléchi, les Fabrès ont eu des agenouillements.  Une fois de plus, les choses taurines ne sont pas choses scientifiques, à moins que plus important, pour garantir la solidité des reses, soit le travail de sélection et d’apports nutritifs réalisé dans les élevages.

Mimizan,
corrida traditionnelle des fêtes locales
6 toros de Loreto Charro Santos, bien présentés et donnant du jeu, à l’exception du cinquième anovillado et faible pour
Juan José Padilla : une oreille, un avis et une oreille généreuse et bruyamment contestée
Manuel Escribano : un avis et une oreille, une oreille
Tomas Campos : un avis et une oreille, un avis et deux oreilles
7 piques et picotazos
Cavalerie Bonijol
Président Franck Lanati
Musique Al Violin de Samadet
¾ d’arènes
Soleil et brise marine frisquette
La terna et le mayoral sont sortis à hombros
A l’issue du paseo, une minute d’applaudissement a permis de rendre hommage à Ivan Fandiño et aux victimes des lâches attentats de ce weekend


A Mimizan, ce sont des arènes bien plus qu’à 3/4  pleines que s’est déroulée la, maintenant, traditionnelle corrida des Fêtes. Une poignée d’antis sont venus jouer le « Chant du Cygne » avant la mort programmée de leur mouvement. C’est bien la preuve que l’écolo-bobo-antitout n’existe que par effet de mode et que quand les caisses sont vides, il n’est plus possible de payer des figurants pour faire nombre.
Les toros de Loretto Charro (encaste Aldanueva) sont sortis très bien présentés. A la pique, ils ont été discrets, même si certains ont poussé. Ils n’ont pris qu’une pique, sauf le dernier, probablement plus par nécessité de leur laisser du jus au second tiers (deux toreros banderilleros) que par nécessité de lidia.
Je n’ai jamais aimé Padilla. Je respecte son courage mais sa tauromachie m’horripile
Avec l’âge et ce qu’il a subi, il n’a plus de moyens physiques. Il banderille toujours avec sincérité et talent mais au troisième tiers il fait systématiquement le même numéro. La première faena est classique et surtout très courte (moins de cinq minutes ce jour). La seconde est un numéro de cirque. Mais, tel un vieil acteur fatigué, le numéro est devenu pitoyable. L’andalou prend le public pour des « andouilles ». Toutes les passes sont données fuera de cacho, profilé, sur le pico. La muleta, autrefois dominatrice, est agitée comme un torchon loin du mufle du toro.  Pas de planta torera mais des gesticulations, y compris au moment de tuer, de torero comique ; Pas si comique que cela, quand un très bon toro est masqué par les simagrées d’un torero limité et vieillissant. Le Loretto Charro sorti en quatrième position, en d’autres mains, aurait donné ses oreilles et fait la vuelta.  Ce qu’a fait ce samedi, Padilla, est bien plus tragique, voire ridicule, que comique. Grosse erreur de la présidence l’oreille,  peu demandée par le public, accordée  après une mise à mort aussi pathétique que la faena, relève aussi du cirque. La bronca au moment de sa remise a remis les pendules à l’heure.

Je ne suis pas un fan non plus d’Escribano, mais le sévillan a été très sincère et bon torero. Sa première faena face un toro noble a été très bien construite et très propre. Il a torée avec sérieux et application et a méritée l’oreille qu’il a coupée. Même scénario au cinquième, hélas le toro, très anovillado, n’a ni forces, ni race et la faena transmet peu. Bon torero, sincère et appliqué, Manuel Escribano est encore très handicapé, au moment de banderiller, par sa grave blessure de l’an passé.


Tomas Campos torée trop peu. Comme souvent dans ce cas, la première faena s’en ressent. Il a du mal à trouver le sitio et à prendre le dessus sur un toro qui avait besoin d’être dominé.  Et puis, au moment des passes finales d’adorño, le torero de Badajoz a débouché le flacon pour une série très élégantes et templées. Au dernier, le protégé de l’AAJT, plus en confiance a construit une très belle et intéressante faena. On a retrouvé le Campos du temps où il était novillero ou de Tyrosse. Si à Fitero ou La Brède, on pouvait lui reprocher de trop rechercher « l’attitude », il a, à Mimizan, lidié son adversaire mêlant courage, toreria et art.
Ce jeune torero mérite un tout autre déroulement de carrière mais le monde des toros est un  monde à la fois complexe et compliqué.


Arènes de Rion des Landes,
première novillada non piquée de la Féria 2017
3 erales de la ganaderia du Camino de Santiago légers et très justes de forces pour
Dylan Raimbaud : un avis et silence
Dorian Canton : deux oreilles
Yon Lamothe : deux oreilles
Présidente : Colette Lacomme
Deux tiers d’arène avec un public très familial
Il valait mieux  être assis au soleil qu’à l’ombre

Pour la novillada matinale, de Rion, la déception est venue d’un lot d’erales du Camino de Santiago, trop jeunes et manquant de forces.  Ils sont tombés à plusieurs reprises. Manquant de charge, ils n’ont pas permis aux toreros de s’exprimer et surtout de progresser.


Dorian et  Yon ont eu plus à jouer les infirmiers qu’à toréer. Les deux garçons ont déjà du savoir faire, ils sont chez eux et ont coupé chacun deux oreilles sans forcer leur talent.
Dylan Raimbaud  a touché le plus faible des Camino de Santiago. Il n’y a pas eu de vrai faena, d’autant qu’à la faiblesse, s’est ajouté, chez le torero, un manque de motivation et concentration inquiétant quand à l’avenir de Dylan.


Arènes de Rion des Landes ,
deuxième novillada non piquée de la Féria 2017
6 erales de Valdefresno bien présentés mais hétérogène de comportement pour
El Rafi : vuelta, une oreille
Manuel Diosleguarde :: silence, un avis et silence
Ismael Jimenez : silence, un avis et une oreille
Prix au triomphateur El Rafi
Meilleure faena :  Ismael Jimenez
Trois quarts d’arène
Belle après-midi ensoleillée




N’étant pas présent, à Rion, l’après-midi, c’est Nicolas Couffignal qui nous a transmis la fiche technique de la novillada.


Arènes de Maubourguet,
novillada non piquée des Fêtes 2017
3 erales de Coquillas de Sanchez Arjona (3, 4,5) et trois de Sanchez Fabrès bien présentés, donnant du jeu, avec du fond et allant à mas du début à la fin des faenas pour
Hector Guttierez : une oreille, vuelta
Joao D’Alva : un avis et silence, une oreille
Yon Lamothe : un avis et silence, deux oreilles
Vuelta au quatrième eral (Sanchez Arjona)
Salut des deux ganaderos à l’issue de la course/
Président : Philippe Tort (Garlin)
Le trophée du Val d’Adour est attribué à Hector Guttierez et Yon Lamothe
550 spectateurs environ (fréquentation en hausse par rapport à 2016)
Musique : Al Violin
Météo agréable
A l’issue du paseo une minute de silence a été observée à la mémoire du grand aficionado qu’était le sénateur François  Fortassin et d’Ivan Fandiño

C’est toujours un plaisir de retrouver mes amis de Maubourguettoros qui se battent pour maintenir la tradition des novilladas dans leur commune.
Après une novillada exceptionnelle en 2016, ils ont décidé de renouveler l’expérience Coquilla. Et ce fut à nouveau une réussite. Les erales des cousins Sanchez Fabrès et Sanchez Arjona, bien présentés, ont eu cette noblesse piquante et cette capacité à ne jamais baisser de rythme au long de la faena qui fait des courses de Coquillas, des courses entretenues.
Chaque ganadero avait amené trois erales dans le type de leur élevage.
Les Arjonas, plus solides, ont comme l’an passé enchanté les aficionados présents.
Les Sanchez, juste de forces, ont mis plus de temps à se mettre en route. Ils sont allés à mas, à l’exception du soso sorti en premier. chargeant avec alegria et répétant sans baisser de rythme.

J’avais trouvé Hector Gutierrez, distant à Arzacq et fade à Parentis. Après une faena très profilée face au premier, il a été obligé de se mettre au niveau de l’excellent quatrième. La caste de l’animal l’a obligé à se croiser et lidier. Dommage, que comme au premier, le mexicain tue mal.
Joao D’Alva  a tout perdu au descabello après une bonne faena sincère et élégante face au second (Arjona). Il a été débordé par son Sanchez en début de faena. Le toro compliqué va à mas, devient un vrai collaborateur, le portugais hausse son niveau et termine bien mieux qu’il n’avait commencé et coupe une oreille méritée.

Yon Lamothe a montré une facette différente de sa tauromachie face à des erales plus exigeants que ceux qu’il avait toréés jusqu’alors. Au premier il se reprend bien après avoir été secoué et construit une faena sérieuse et appliquée, avec quelques détails plus artistes. Il tue trop mal pour couper un trophée. Il termine un peu mieux sa seconde faena, elle aussi intéressante, Le seconde oreille accordée est quelque peu généreuse compte tenu d’une mise à mort meilleure qu’au premier, mais loin d’être parfaite.

Ainsi se termine un agréable weekend taurin. Ce dimanche, c’est la novillada concours de Saint Perdon, nouvelle occasion de soutenir un club taurin organisateur.


Thierry Reboul

dimanche 20 août 2017

L'AMOUR MÉDECIN

Comédie de Molière par la Compagnie de l'Alouette au Parc Jean-Rameau

 Pendant que nous nous installions, un trio de jeunes jouait de la cornemuse africaine (la peau était zébrée) du pipeau, du violon, et un autre instrument à cordes. Mais quelle idée ont ces jeunes de jouer de la musique médiévale? Ils ne peuvent pas jouer à des jeux en réseaux comme ceux de leur âge? Aller à la piscine? Draguer les filles? (ou les gars). Non non, ils jouaient!

 Aurélia Bartolomé, Carlo Boso et je ne connais pas l'autre dame.
 Carlo Boso, qui semble un homme plein d'humour et de bon sens,
a dit qu'à notre époque où on se mettait en marche sans savoir vers où,
il valait mieux savoir d'où on venait pour déterminer où on allait. 
Leçon de commedia dell arte par le Maître en personne

 Les participants à la formation théâtrale ont joué leurs pièces, et c'était très réussi!

 Les cinq acteurs de la Compagnie de l'Alouette ont joué tous les rôles!

 Amoureuse et amoureux
 Charlatans qui vend des potions miraculeuse à l'aide de jingle publicitaire (itsi bitsi petit bikini)

 Les médecins qui veulent saigner, purger, faire vomir, bref expulser le mal !


 Tout fini bien et en chansons!

COME A LA MAISON

C'est parfois dans une maison récente, mais parfois comme ce soir dans une demeure pleine d'histoire, que Guillo a convié ses amis à chanter devant son public venu en voisin (ou de plus loin, mais il fallait se taper la collection de virages entre Cagnotte et Cauneille).
En effet, sis près de la maison du poète Jean-Rameau, la grange à coté du Pourtaou accueillait Mamac, Alain Sourigues et Guillo.

En préambule au concert, les stagiaires de l'après-midi ont chanté la chanson écrite ce jour, accompagné à la guitare par Guillo.


Puis Alain Sourigues a ouvert les hostilités, notamment avec "poing sur la gueule". Il nous a également conté les délices du pique-nique au bord de l'Estrigon, et d'une nouvelle héroïne d'un futur feuilleton télé : Ginette. Comme il était premier, il a chanté sept chansons.






Guillo, second, a attaqué fort avec "je pars je roule je t'aime" puis des chansons de son dernier album: "long fleuve", "des hommes et des fleurs", mais aussi de son disque précédent "les premières fois", "fais-moi danser", et une chanson écrite à quatre mains avec un Suisse (Fox?) "un caillou". Mais bon, seulement six chansons...


Le meilleur étant pour la fin, Mamac est arrivé sur scène (enfin, sur le tapis). Il a remonté le temps, de "Lolia Lola" qui n'est toujours pas sur un disque, à "laisse le bon temps rouler" en passant par le sublime "je préfère".


Mamac je l'écouterai toute la nuit. C'est d'ailleurs lui qui m'a raccompagné jusqu'à chez moi, sur tous les virages, sur la quatre voies de Dax au Moun, dans les haut-parleurs.



Puis les trois artistes ont chanté ensemble quelques succès des uns et des autres.
Super soirée !!!
Pour les infos suivez "Come à la maison" sur Facebook. Ou Guillo. Ou les deux.