lundi 28 septembre 2015

Compte rendu de la Féria de l'Aficion à Saint Sever

Arènes de Saint Sever, dimanche 27 septembre
Feria de l’Aficion 2015 corrida goyesque,


Les textes sont de Thierry reboul
Les photos de Romain Tastet
Les décors de Loren
Les costumes d'une autre époque

6  toros de Victorino Martin, mansos con casta pour
Juan Bautista : une oreille, division d’opinion, silence, salut au tiers, deux oreilles
Thomas Dufau : une oreille blessé gravement à la main (rupture des tendons)
Sobresaliente : Jéremy Banti
13 piques, cavalerie Bonijol
Quasi lleno
Arènes décorées par Loren
Température agréable

Une goyesque, avec des Victorino Martin, une arène décorée, un repas VIP d’avant corrida et un mano à mano bâti pour rebooster la carrière de Thomas Dufau, on pouvait s’attendre à un spectacle façon Sud-Est loin de ce que l’on peut voir habituellement dans les ruedos aquitains.
Première satisfaction, les gradins sont quasiment pleins ce qui n’était pas arrivé ici depuis longtemps.
Pour la déco, Loren a su habiller les arènes de Saint Sever avec goût sans dénaturer le lieu. Le côté goyesque avec ses costumes d’opérette a vite été oublié grâce ou à cause du danger créé en piste par les toros du Sorcier de Galapagar.
Sans retourner aux débuts du 19ème siècle, les aficionados présents ont fait un voyage dans le passé. Le comportement des toros du jour nous a ramené aux temps bénis où les gris de Salamanque faisaient le bonheur de l’Aficion Torista. 


Avec un trapio très convenable compte tenu de la catégorie de la placita, ils ont tous eu un comportement de mansos plus ou moins encastés qui demande des toreros expérimentés et lidiadores. 

On peut juste reprocher aux Victorinos des armures commodes. Contrairement aux lots sortis par l’élevage ces dernières années, ils ont été agressifs face au cheval poussant sous la morsure du fer. 

A la muleta, ils ont eu du piquant. Ils attaquaient avec «énergie » voire rage  la muleta, humiliaient parfois et surtout cherchaient  la bagarre avec le torero. Ils ont souvent chargé un œil sur le leurre et un œil sur le torero.

Face à de tels « fauves », il faut des hommes de métier et de courage ; Thomas Dufau ne manque pas de vaillance, mais il a payé cash une erreur de placement et de lidia. Blessé gravement à la main, il a du abandonner après avoir tué son premier adversaire.

Juan Bautista a donc du toréer et estoquer cinq toros. Si tout n’a pas été parfait, il a su en lidiador qu’il est, prendre le dessus, quand cela  était possible d’adversaires souvent compliquées; Sa tauromachie froide et très technique a trouvé dans ce contexte un relief et un intérêt parfois absents face à des toros sosos.
Je ne suis pas sûr que tout le public ait mesuré et compris la qualité du travail réalisé comme cet imbécile qui a renvoyé en piste l’oreille lancée par le torero à une personne du public. Si l’arlésien a fait preuve de maîtrise, muleta en main, il a eu des difficultés avec les aciers et ses estocades, parfois efficaces, ont été souvent tombées.

Le premier, typé Buendia ou Saltillo, comme prévu par le ganadero est mollasson à sa sortie du  toril. Bien mis en suerte face au cheval, il prend deux piques en poussant.

Il accuse le coup, en vrai Santa Coloma, après la seconde puis se réveille aux banderilles. Il met la tête dans la muleta avec agressivité. 

Il a du piquant et Juan Bautista doit s’employer pour le canaliser à droite. Il finit par prendre le dessus, à condition de garder le museau dans la muleta. Le toro cherche les planches, se complique à gauche et la fin de faena est droitière. L’arlésien coupe la première oreille de la tarde.
Le second est le plus vilain du lot. Faible et handicapé il ne pousse que sur les antérieurs, Il va trois fois au cheval en s’améliorant .

A la muleta, il met le mufle mais demande à être tenu dans la muleta jusqu’à la fin de la passe. Sinon il se rebelle et envoie un violent coup de tête. Thomas Dufau tente de canaliser son opposant. Mais ne se croise pas assez et ne pèse pas assez sur la passe.


 Sur un extraño, il sera pris par la corne droite au niveau de la chaquetilla et par la gauche dans la main. Il estoquera le Victorino, coupera une oreille avant de se rendre à l’infirmerie.
Les tendons de la main coupés, il ne reviendra pas en piste laissant Juan Bautista seul face aux quatre  derniers toros.

Le troisième sera le manso du lot. Il prend deux piques sans pousser. A la muleta, ses yeux fixent le torero et oublient le leurre.

Sa charge brusque et très courte ne permet pas grand-chose. Jean Baptiste abrège, avec raison, la faena ce que ne comprendra pas une partie du public. Le toro est sifflé.

Le quatrième bien présenté, sort de façon désordonnée. Bien canalisé par le torero arlésien ; il prend deux piques en poussant et obtient la chute du groupe équestre à la première.

Marco Léal salue après deux très bonnes paires de banderilles. A la muleta le toro se défend plus qu’il ne charge avec lui aussi un œil sur le torero. La faena « baston » fait penser aux joutes qui ont opposé Robleño aux Escolar Gil Il faut arracher les passes en se battant avec l’animal qui est très compliqué à droite . Juan Bautista s’en sort avec les honneurs grâce à son métier (et aussi à sa condition physique). Il perd tout espoir de trophée avec l’épée.

Le cinquième, lui aussi typé Buendia ou Saltillo, met la tête dans les premières passes de cape avant d’envoyer un violent coup de tête à la dernière. Il pousse à deux reprises sous le fer. Le toro a une excellente corne gauche qu’exploite avec technique et élégance le torero arlésien. Il arrive à obliger le toro sans le contraindre et met en évidence son fond de noblesse , les professionnels disent qu’il aspire le toro avec la muleta.

 A droite c’est plus compliqué et le toro passe moins bien. Noble avec du piquant, c’est un  Victorino et Juan manque d’être accroché.   L’épée n’est pas à la hauteur de la faena et le torero doit se contenter de saluer au tiers. L’arrastre du  meilleur toro de la tarde. est fort justement applaudie

Le sixième vient en crabe à la pique mais pousse lors des deux rencontres. Le sobresaliente, Jérémy Banti en profite pour faire deux passes. Morenito d’Arles salue aux banderilles. 

Le toro est noble et aussi un peu faible. Il est plus simple que les cinq autres, même si le danger est encore présent. Juan Bautista en profite pour construire une bonne faena alternant des séries intéressantes des deux mains. 
Faena dominatrice mais surtout destinée à  couper des oreilles elle est conclue d’un recibir très efficace malgré une épée en avant et sur le côté. L’arlésien  coupe deux oreilles. 

La première vient récompenser la faena , l’autre la performance d’avoir combattu cinq Victorino Martin très sérieux et compliqués et pour le  remercier de  son implication et sa maîtrise technique tout au long de l’après-midi.

L’arrastre est applaudie.
Par respect pour son compagnon de cartel blessé, Jean Baptiste sort à pied par la grande porte.
Ainsi se termine une très intéressante corrida grâce à un Juan Bautista excellent lidiador face à des Victorino Martin  « retrouvés » c'est-à-dire mansos con casta compliqués mais permettant à condition d’avoir le savoir faire et l’envie.
Compte tenu du succès populaire, il y a fort à parier que la féria de l’Aficion sera reconduite l’an prochain, comme quoi la corrida n’est pas morte sur les terres d’Aliénor et Gaston Phoebus.

Calme mois d’octobre taurin dans le Sud Ouest, ceux qui veulent voyager pourront aller à Rodilhan le 04 (finale du Bolsin Nîmes Métropole et festival) ou le 18 à Vergèze pour les Prieto de la Cal et la despedida de Morenito de Nîmes.
Bouquet final dans notre région, le 11 novembre à Saint Sever (semaine taurine et culturelle) et fin novembre à Rion pour la traditionnelle Fiesta Campera




Saint Sever, samedi 26 septembre 2015
Anniversaire de l’Ecole Taurine (10 ans) et de Zocato (62 ans)  
Un  Lartet pour Marc Serrano : une oreille
Un Camino de Santiago pour Mathieu Guillon « El Monteño » : une oreille
Un eral d’Alma Serena pour Baptiste Cissé : une oreille
Un eral de Casanueva pour Clément Hargous : deux oreilles
Tienta de vaches d’Alma Serena et du Lartet toréées par Richard Milian, Christina Sanchez et Victorino Martin hijo et en second par les élèves confirmés d’Adour Aficion
Une anoja de Malabat pour Zocato et les plus jeunes d’Adour Aficion
1/8 ème d’arènes, douceur automnal


Ambiance familiale, entre aficionados, aux arènes de Saint Sever pour fêter les 10 ans de l’école taurine Adour Aficion dirigée par Richard Milian. Remise des cadeaux, festival et tienta ont constitué les trois tercios de ce sympathique après-midi taurin. Le bétail fourni par les cinq ganaderos du Sud Ouest a donné satisfaction aux éleveurs et offert des possibilités aux différents acteurs.


En premier lieu est sorti un joli novillo du Lartet. Il prend deux piques avec bravoure en poussant renversant le groupe équestre lors de la première. A la muleta, il est sérieux, encasté, voire compliqué. Noble à droite, dangereux à gauche. Il oblige Marc Serrano à puiser dans son savoir faire et son expérience. 

Il exploite bien la corne droite du Bonnet, la gauche est plus compliquée, il subit une spectaculaire voltereta.

En alternant des séries des deux côtés, il corrige les défauts du novillo et met en évidence ses qualités. La présidence accorde une oreille après une entière caida, le toro venant mourir au centre. L’arrastre est applaudie
Le second est un Camino de Santiago, costaud et bizco. Bien reçu à la cape par Mathieu Guillon, il prend une pique sans pousser.

Le landais banderille avec efficacité et élégance. Le Darré est faible, Mathieu le cite à mi hauteur et sans lui donner suffisamment de distance.  

Il toréé avec élégance et avec relâchement un bicho qui manque de charge et s’éteint rapidement. Deux pinchazos, une entière en place et le montois coupe une oreille.
Erreur au toril et inversion entre les deux erales prévus en 3ème et 4ème positions. Du coup le petit est pour le grand (Baptiste Cissé) et le grand pour le petit (Clément Hargous).
Baptiste est donc confronté à un petit eral d’Alma Serena .L’animal est très noble mais il est handicapé du train arrière et est faible.

Le tyrossais est élégant à la cape, excellent aux banderilles ; il est aussi très appliqué élégant et profite de la noblesse d’un novillo qui est limite soso. Hélas la faiblesse de l’Alma Serena, la différence de gabarit entre toro et torero enlèvent toute émotion à la faena.  

Pinchazo et le novillo paralysé doit être puntillé ; La présidence accorde quand même une oreille.
Sort en 4ème un très joli eral de Casanueva (d’origine Gallon). Très noble et encasté, il  donne du fil à retordre au quasi débutant qu’est Clément Hargous. 

A défaut de voir exploiter toutes les possibilités de novillo, on a vu un jeune torero courageux, avec de bons principes. Les deux acteurs allant à mas pour finir sur de très bonnes séries. L’entière en arrière est rapide d’effet et deux oreilles viennent récompenser un jeune garçon qu’il sera intéressant de suivre l’an prochain.

L’arrastre est fort justement applaudie.
La partie tienta permettra de voir alterner de vieilles branches et de jeunes pousses. Sont sortis en second, avec application et souvent de la réussite, les élèves d’Adour Aficion.
La première vache (Alma Serena) mansa au cheval mais noblissime à la muleta a permis de revoir toréer Richard Milian.


La seconde (Le Lartet) bonne au cheval et exigeante ira à mas dans la muleta de Christina Sanchez.

La troisième (Le Lartet) excellente au cheval et à la muleta est bien en évidence par un Victorino Martin hijo très technicien.

La quatrième est une anoja de Malabat (non piquée). Elle sera partagée entre le journaliste de Sud Ouest Zocato qui fêtait ce jour ses 62 ans et la classe « biberon » d’Adour Aficion





Ainsi se termine dans la joie et la bonne humeur, le premier volet de la Féria de l’Aficion.



vendredi 25 septembre 2015

FRANK SINATRA DANS UN MIXEUR

un livre de Mattew Mc Bride
traduit de l'américain par Laurent Bury


Nick Valentine, ex policier alcoolique, mais toujours détective plus ou moins privé, trouve la force de sortir dans la neige pour enquêter sur un suicide qui n'en est pas un, suivi d'un braquage. Son yorkshire reste au chaud, car Frank Sinatra (c'est son nom) garde le bureau, qui fait également office de chambre, car Valentine est en délicatesse avec le proprio de son appart. Et même s'il boit toujours entre deux ligne de coke ou de médoc écrasés, il a arrêté la cigarette et le café.

Un livre très drôle, avec des méchants très méchants, un flic amish, et plein de gens qui ont en commun de mourir de mort violente.
Un régal!

plus de détails ici

lundi 21 septembre 2015

Novillada de Vic Fezensac :21 piques ,un grand piquero, et une oreille pour un Vanegas appliqué et sincère

Arènes de Vic Fezensac, dimanche 20 septembre :
Novillada de Toros y Vinos 2015


Reseña de Thierry Reboul
Photos de Frédéric Martinez


6 novillos des frères Granier en substitution du lot d’Hoyo de la Gitana initialement prévu . Les trois premiers offrant peu de possibilités, les trois derniers plus intéressants, excellent le cinquième.

Manolo Vanegas : salut au tiers, une oreille
Guillermo Valencia : un avis et silence, pétition d’oreille
Joaquin Galdos : sifflets, un avis et silence
Cavalerie Bonijol : 21 rencontres
Ovation à Gabin Rehabi pour sa prestation au cinquième novillo
Vuelta au cinquième novillo
¼ d’arènes
Soleil et température agréables

Grosse surprise en arrivant aux arènes de Vic Fezensac ,ce dimanche, les novillos de la ganaderia Hoyo de la Gitana ,initialement prévus mais malades ,sont remplacés par des Granier. Ce sont aussi des Santa Coloma mais ils sont d’origine Buendia.
Embarqués en urgence samedi soir, ils sont arrivés à Vic, dimanche matin et mis directement dans les chiqueros. l'encierro est en effet réservé en septembre aux délicieuses oies gasconnes

Sans avoir subi de préparations particulières, ils sont sortis correctement voire bien présentés. Ils étaient  aussi lourds que les « toros »  qui ont servi de comparses
aux figuras programmées à la Féria des Vendanges de Nîmes.

Au plan comportement on a retrouvé la même disparité que celle déjà observée avec la corrida du même fer sortie pour la Pentecôte gersoise 2012.
Les trois premiers, les plus légers, ont tous été distraits. Ils ont gardé la tête haute et se sont très vite réservés. Les trois derniers plus encastés ont duré et souvent mis en difficulté les trois novilleros.
Ils sont allés 21 fois au cheval sans fléchir par la suite, certains avec bravoure, la plupart sans vraiment s’investir Les picadors ont rarement cherché à les mettre en valeur. Certains, comme les piqueros aux ordres de Galdos ,ont entrepris une action de démolition qui en dit long sur l’envie du novillero de s’impliquer face à ce bétail non prévu au contrat.

Seul torero français à avoir défilé sur le sable des arènes Joseph Fourniol, Gabin Rehabi a été l’auteur des plus beaux gestes taurins de l’après-midi. J’ai souvent râlé contre le piquero français, et en particulier sur le fait qu’il faisait plus du spectacle que du travail de picador. 

Cette fois il a toréé le cinquième Granier en le citant quatre fois à la bonne distance, a bien placé la pique et a tenu le toro le juste temps nécessaire sous le fer Il a aussi travaillé l’esthétique ‘cavalière », ce n’est pas ma tasse de thé mais quand cela se fait au service d’un vrai tercio de varas, j’apprécie
Comme par hasard, mais est ce vraiment un hasard, le toro a baissé la tête et conservé tout son allant dans la muleta de Guillermo Valencia.

Côté toreros, seul Manolo Vanegas, en net progrès depuis Samadet, a su tirer son épingle du jeu avec en particulier deux excellentes estocades portées avec une grande sincérité.
Guillermo Valencia est un vaillant, mais il lui manque encore de la technique et il a été largement dominé par le très encasté cinquième utrero.
Le péruvien Joaquin Galdos a été très décevant. Peu motivé, il est passé complètement à côté des possibilités du sixième novillo.

Bonne présidence de Pascal Darquié, il a su imposer le nombre de piques nécessaires, sonner les avis à l’heure et résister à la pression d’une partie du public et à celle déplacée de certains dans le callejon (oreille refusée à Valencia). 
Le Sud Ouest n’est pas le Sud Est et ce n’est pas le callejon qui dicte sa loi.

Le premier utrero, légèrement bizco, fait illusion en mettant la tête dans la cape de Manolo Vanegas. Il vient bien au cheval, pousse sous la première pique trasera et n’insiste pas lors des deux suivantes. Le toro est très distrait et s’intéresse peu à la muleta. Il n’humilie pas, s’arrête à mi passe et finit par s’aviser. Le vénézuélien abrège la faena. Il salue après une bonne épée entière portée en s’engageant.

Le second est un grand maigrichon. Il se déplace en marchant, tête haute et regardant  tout sauf ce qui se passe en piste. Il prend une très bonne et sérieuse première pique. Les suivantes seront spectaculaires mais peu efficaces (sort seul, cavalier désarçonné, palo cassé).  Guillermo Valencia s’efforce de tirer les passes une à une à un bicho à la charge courte.Il finira par enchainer une série à droite. A gauche, il n’y a pas grand-chose à faire. Le Colombien tue mal et sans décomposer les temps.

Joaquin Galdos, avec métier, pare efficacement le troisième. Le picador est mauvais et le toro manque de bravoure. Bon début de faena par doblones, le toro est très vite sur la défensive, s’arrête à mi passe ou pire avant de s’engager dans la muleta. Le péruvien ne cherche pas à l’améliorer. Mais était-ce possible ? Le public siffle le torero.

Le quatrième est très bien présenté (trapio et armures). Bien reçu à la cape par Manolo Vanegas, le Granier prend trois piques en se comportant en manso. A la muleta, il a un peu plus de charge que les trois précédents. Le novillero avec application tire des séries à gauche .Le toro s’avise et finit lui aussi dangereux mais le jeune vénézuélien s’engage à nouveau pour une bonne entière, un peu tombée, et coupe une oreille méritée.


Le cinquième sera le toro de la tarde. Après un très bon tercio de varas (voir plus haut), il arrive à la muleta ;  avec une  charge piquante mais qui ne demande qu’à être maîtrisée. 

Guillermo Valencia n’oppose que son courage  à la  caste débordante du bicho. Le torero recule entre chaque passe et ne conduit pas la charge, toréant sur le voyage. A l’arrivée Valencia a la sympathie du public mais c’est le toro qui est maître de la piste. L’estocade est très rapide et spectaculaire d’effet mais très mal placée (limite golletazo). Une partie du public demande une oreille  que la présidence refuse avec raison (pétition pas franchement majoritaire, torero dominé par le toro et estocade défectueuse).
La dépouille de l’excellent novillo est honorée d’un tour de piste posthume
.
Le sixième novillo, très bien présenté, est trop et très mal piqué.  Joaquin Galdos, qui semble ne pas avoir très envie de s’investir, ne se rend pas compte que le novillo a des possibilités. La faena est quelconque et manque d’engagement.  Le péruvien s’apercevra, mais un peu tard qu’il est passé à côté d’une faena et d’un probable triomphe. Espérons que ce comportement est du à la fatigue d’une saison chargée et pas à un gonflement du tour de tête ………….

La mise à mort est à l’image de la faena, banale et sans relief.

Ainsi s’achève une tarde qui sans atteindre les sommets a été entretenue grâce à des novillos solides et qui ont posé des problèmes aux toreros. A retenir l’application et les estocades de Vanegas, le tercio de piques de Gabin Rehabi et la caste des deux derniers novillos.

Prochains rendez vous, samedi (fiesta campera) et dimanche à Saint Sever (corrida goyesque)

samedi 19 septembre 2015

LA NIÑA DEL FUEGO

film de Carlos Vermut


Rares sont les films espagnols en version originale sous-titrée, donc il faut en profiter!
A Saint Sébastien ils ont raflé la Coquille d'or du meilleur film, et la Coquille d'argent du meilleur réalisateur. Aux Goya, s'il n'a pas eu le titre de meilleur film de l'année pour lequel il était nommé, Barbara Lennie a reçu le Goya de la meilleure actrice.

Effectivement, elle joue une femme dérangée à la perfection! Barbara (le personnage a le même prénom que l'actrice) est bien entendu marié à un psychiatre, et un soir où elle veut en finir en ingurgitant un cocktail de médocs et d'alcool, elle vomit par la fenêtre sur le pauvre Luis, qui lui, voulait casser la vitrine du bijoutier car il lui faut de l'argent pour offrir une robe manga à sa fille atteinte de leucémie.
Celui ci, une fois lavé, se dit qu'il pourrait obtenir de l'argent en faisant chanter Barbara, et il enregistre la conversation et les bruits pendant qu'ils font l'amour.
Pour obtenir l'argent Barbara se prostitue d'une façon particulière chez un type très particulier (nous ne voyons rien de ces scènes, ce qui permet d'imaginer le pire!). 

Si tout cela est parfaitement joué, maîtrisé à la perfection, les personnages incarnés mieux que dans la réalité, l'intrigue traîne inutilement en longueur, et en raccourcissant ce film, il gagnerait sûrement encore en qualité! (façon polie de dire que c'était super, mais trop long!)

vendredi 18 septembre 2015

LE TOUT NOUVEAU TESTAMENT

Un film de JacoVan Dormael


Comme précisé sur l'affiche, Dieu habite à Bruxelles. 
Dans un appartement sans porte, d'où on ne peut ni entrer ni sortir. Enfin, si, puisque le fils aîné, JC, est est sorti. Et il donne le tuyau à sa petite sœur, afin qu'elle aussi puisse sortir et trouver des apôtres afin d'écrire le Tout Nouveau Testament.
Mais avant de partir, elle trafique l'ordi de son père, et balance à toute l'humanité sa date de décès, ce qui provoque quelques désordres. Et pose une question : que feriez vous si vous connaissiez la date de votre décès? Eh bien ça dépend de combien il reste à vivre.

Les belges sont... belges! Fantasques, avec un humour décalé, ce film ne ressemble pas à ce qu'en aurait fait un auteur français. C'est tendre et enjoué, on rencontre plein de personnages : les 6 apôtres, et puis d'autres, comme ce clochard qui écrit avec difficultés, ou ce prêtre qui expédie Dieu chez les Ouzbecks tellement qu'il ne le supporte plus. Il faut dire que Benoît Poelvoorde est particulièrement odieux dans ce rôle!!!
Quant à Rolande Moreau, elle n'en a pas marre de jouer des simplettes? Elle mérite mieux!

DE RODIN A KRETZ

Léopold KRETZ et le "Groupe des Neuf"

Exposition visible dans la galerie du musée Despiau-Wlérick du 19 septembre au 18 décembre 2015.

Le délégué de la préfecture, le conservateur du Musée, la Maire, l'adjointe culture de la mairie.

Ce sont les mêmes, vous pouvez replacer leurs noms dans les commentaires! :)