Novillada de Vic Fezensac :21 piques ,un grand piquero, et une oreille pour un Vanegas appliqué et sincère

Arènes de Vic Fezensac, dimanche 20 septembre :
Novillada de Toros y Vinos 2015


Reseña de Thierry Reboul
Photos de Frédéric Martinez


6 novillos des frères Granier en substitution du lot d’Hoyo de la Gitana initialement prévu . Les trois premiers offrant peu de possibilités, les trois derniers plus intéressants, excellent le cinquième.

Manolo Vanegas : salut au tiers, une oreille
Guillermo Valencia : un avis et silence, pétition d’oreille
Joaquin Galdos : sifflets, un avis et silence
Cavalerie Bonijol : 21 rencontres
Ovation à Gabin Rehabi pour sa prestation au cinquième novillo
Vuelta au cinquième novillo
¼ d’arènes
Soleil et température agréables

Grosse surprise en arrivant aux arènes de Vic Fezensac ,ce dimanche, les novillos de la ganaderia Hoyo de la Gitana ,initialement prévus mais malades ,sont remplacés par des Granier. Ce sont aussi des Santa Coloma mais ils sont d’origine Buendia.
Embarqués en urgence samedi soir, ils sont arrivés à Vic, dimanche matin et mis directement dans les chiqueros. l'encierro est en effet réservé en septembre aux délicieuses oies gasconnes

Sans avoir subi de préparations particulières, ils sont sortis correctement voire bien présentés. Ils étaient  aussi lourds que les « toros »  qui ont servi de comparses
aux figuras programmées à la Féria des Vendanges de Nîmes.

Au plan comportement on a retrouvé la même disparité que celle déjà observée avec la corrida du même fer sortie pour la Pentecôte gersoise 2012.
Les trois premiers, les plus légers, ont tous été distraits. Ils ont gardé la tête haute et se sont très vite réservés. Les trois derniers plus encastés ont duré et souvent mis en difficulté les trois novilleros.
Ils sont allés 21 fois au cheval sans fléchir par la suite, certains avec bravoure, la plupart sans vraiment s’investir Les picadors ont rarement cherché à les mettre en valeur. Certains, comme les piqueros aux ordres de Galdos ,ont entrepris une action de démolition qui en dit long sur l’envie du novillero de s’impliquer face à ce bétail non prévu au contrat.

Seul torero français à avoir défilé sur le sable des arènes Joseph Fourniol, Gabin Rehabi a été l’auteur des plus beaux gestes taurins de l’après-midi. J’ai souvent râlé contre le piquero français, et en particulier sur le fait qu’il faisait plus du spectacle que du travail de picador. 

Cette fois il a toréé le cinquième Granier en le citant quatre fois à la bonne distance, a bien placé la pique et a tenu le toro le juste temps nécessaire sous le fer Il a aussi travaillé l’esthétique ‘cavalière », ce n’est pas ma tasse de thé mais quand cela se fait au service d’un vrai tercio de varas, j’apprécie
Comme par hasard, mais est ce vraiment un hasard, le toro a baissé la tête et conservé tout son allant dans la muleta de Guillermo Valencia.

Côté toreros, seul Manolo Vanegas, en net progrès depuis Samadet, a su tirer son épingle du jeu avec en particulier deux excellentes estocades portées avec une grande sincérité.
Guillermo Valencia est un vaillant, mais il lui manque encore de la technique et il a été largement dominé par le très encasté cinquième utrero.
Le péruvien Joaquin Galdos a été très décevant. Peu motivé, il est passé complètement à côté des possibilités du sixième novillo.

Bonne présidence de Pascal Darquié, il a su imposer le nombre de piques nécessaires, sonner les avis à l’heure et résister à la pression d’une partie du public et à celle déplacée de certains dans le callejon (oreille refusée à Valencia). 
Le Sud Ouest n’est pas le Sud Est et ce n’est pas le callejon qui dicte sa loi.

Le premier utrero, légèrement bizco, fait illusion en mettant la tête dans la cape de Manolo Vanegas. Il vient bien au cheval, pousse sous la première pique trasera et n’insiste pas lors des deux suivantes. Le toro est très distrait et s’intéresse peu à la muleta. Il n’humilie pas, s’arrête à mi passe et finit par s’aviser. Le vénézuélien abrège la faena. Il salue après une bonne épée entière portée en s’engageant.

Le second est un grand maigrichon. Il se déplace en marchant, tête haute et regardant  tout sauf ce qui se passe en piste. Il prend une très bonne et sérieuse première pique. Les suivantes seront spectaculaires mais peu efficaces (sort seul, cavalier désarçonné, palo cassé).  Guillermo Valencia s’efforce de tirer les passes une à une à un bicho à la charge courte.Il finira par enchainer une série à droite. A gauche, il n’y a pas grand-chose à faire. Le Colombien tue mal et sans décomposer les temps.

Joaquin Galdos, avec métier, pare efficacement le troisième. Le picador est mauvais et le toro manque de bravoure. Bon début de faena par doblones, le toro est très vite sur la défensive, s’arrête à mi passe ou pire avant de s’engager dans la muleta. Le péruvien ne cherche pas à l’améliorer. Mais était-ce possible ? Le public siffle le torero.

Le quatrième est très bien présenté (trapio et armures). Bien reçu à la cape par Manolo Vanegas, le Granier prend trois piques en se comportant en manso. A la muleta, il a un peu plus de charge que les trois précédents. Le novillero avec application tire des séries à gauche .Le toro s’avise et finit lui aussi dangereux mais le jeune vénézuélien s’engage à nouveau pour une bonne entière, un peu tombée, et coupe une oreille méritée.


Le cinquième sera le toro de la tarde. Après un très bon tercio de varas (voir plus haut), il arrive à la muleta ;  avec une  charge piquante mais qui ne demande qu’à être maîtrisée. 

Guillermo Valencia n’oppose que son courage  à la  caste débordante du bicho. Le torero recule entre chaque passe et ne conduit pas la charge, toréant sur le voyage. A l’arrivée Valencia a la sympathie du public mais c’est le toro qui est maître de la piste. L’estocade est très rapide et spectaculaire d’effet mais très mal placée (limite golletazo). Une partie du public demande une oreille  que la présidence refuse avec raison (pétition pas franchement majoritaire, torero dominé par le toro et estocade défectueuse).
La dépouille de l’excellent novillo est honorée d’un tour de piste posthume
.
Le sixième novillo, très bien présenté, est trop et très mal piqué.  Joaquin Galdos, qui semble ne pas avoir très envie de s’investir, ne se rend pas compte que le novillo a des possibilités. La faena est quelconque et manque d’engagement.  Le péruvien s’apercevra, mais un peu tard qu’il est passé à côté d’une faena et d’un probable triomphe. Espérons que ce comportement est du à la fatigue d’une saison chargée et pas à un gonflement du tour de tête ………….

La mise à mort est à l’image de la faena, banale et sans relief.

Ainsi s’achève une tarde qui sans atteindre les sommets a été entretenue grâce à des novillos solides et qui ont posé des problèmes aux toreros. A retenir l’application et les estocades de Vanegas, le tercio de piques de Gabin Rehabi et la caste des deux derniers novillos.

Prochains rendez vous, samedi (fiesta campera) et dimanche à Saint Sever (corrida goyesque)

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