Compte rendu de la Féria de l'Aficion à Saint Sever

Arènes de Saint Sever, dimanche 27 septembre
Feria de l’Aficion 2015 corrida goyesque,


Les textes sont de Thierry reboul
Les photos de Romain Tastet
Les décors de Loren
Les costumes d'une autre époque

6  toros de Victorino Martin, mansos con casta pour
Juan Bautista : une oreille, division d’opinion, silence, salut au tiers, deux oreilles
Thomas Dufau : une oreille blessé gravement à la main (rupture des tendons)
Sobresaliente : Jéremy Banti
13 piques, cavalerie Bonijol
Quasi lleno
Arènes décorées par Loren
Température agréable

Une goyesque, avec des Victorino Martin, une arène décorée, un repas VIP d’avant corrida et un mano à mano bâti pour rebooster la carrière de Thomas Dufau, on pouvait s’attendre à un spectacle façon Sud-Est loin de ce que l’on peut voir habituellement dans les ruedos aquitains.
Première satisfaction, les gradins sont quasiment pleins ce qui n’était pas arrivé ici depuis longtemps.
Pour la déco, Loren a su habiller les arènes de Saint Sever avec goût sans dénaturer le lieu. Le côté goyesque avec ses costumes d’opérette a vite été oublié grâce ou à cause du danger créé en piste par les toros du Sorcier de Galapagar.
Sans retourner aux débuts du 19ème siècle, les aficionados présents ont fait un voyage dans le passé. Le comportement des toros du jour nous a ramené aux temps bénis où les gris de Salamanque faisaient le bonheur de l’Aficion Torista. 


Avec un trapio très convenable compte tenu de la catégorie de la placita, ils ont tous eu un comportement de mansos plus ou moins encastés qui demande des toreros expérimentés et lidiadores. 

On peut juste reprocher aux Victorinos des armures commodes. Contrairement aux lots sortis par l’élevage ces dernières années, ils ont été agressifs face au cheval poussant sous la morsure du fer. 

A la muleta, ils ont eu du piquant. Ils attaquaient avec «énergie » voire rage  la muleta, humiliaient parfois et surtout cherchaient  la bagarre avec le torero. Ils ont souvent chargé un œil sur le leurre et un œil sur le torero.

Face à de tels « fauves », il faut des hommes de métier et de courage ; Thomas Dufau ne manque pas de vaillance, mais il a payé cash une erreur de placement et de lidia. Blessé gravement à la main, il a du abandonner après avoir tué son premier adversaire.

Juan Bautista a donc du toréer et estoquer cinq toros. Si tout n’a pas été parfait, il a su en lidiador qu’il est, prendre le dessus, quand cela  était possible d’adversaires souvent compliquées; Sa tauromachie froide et très technique a trouvé dans ce contexte un relief et un intérêt parfois absents face à des toros sosos.
Je ne suis pas sûr que tout le public ait mesuré et compris la qualité du travail réalisé comme cet imbécile qui a renvoyé en piste l’oreille lancée par le torero à une personne du public. Si l’arlésien a fait preuve de maîtrise, muleta en main, il a eu des difficultés avec les aciers et ses estocades, parfois efficaces, ont été souvent tombées.

Le premier, typé Buendia ou Saltillo, comme prévu par le ganadero est mollasson à sa sortie du  toril. Bien mis en suerte face au cheval, il prend deux piques en poussant.

Il accuse le coup, en vrai Santa Coloma, après la seconde puis se réveille aux banderilles. Il met la tête dans la muleta avec agressivité. 

Il a du piquant et Juan Bautista doit s’employer pour le canaliser à droite. Il finit par prendre le dessus, à condition de garder le museau dans la muleta. Le toro cherche les planches, se complique à gauche et la fin de faena est droitière. L’arlésien coupe la première oreille de la tarde.
Le second est le plus vilain du lot. Faible et handicapé il ne pousse que sur les antérieurs, Il va trois fois au cheval en s’améliorant .

A la muleta, il met le mufle mais demande à être tenu dans la muleta jusqu’à la fin de la passe. Sinon il se rebelle et envoie un violent coup de tête. Thomas Dufau tente de canaliser son opposant. Mais ne se croise pas assez et ne pèse pas assez sur la passe.


 Sur un extraño, il sera pris par la corne droite au niveau de la chaquetilla et par la gauche dans la main. Il estoquera le Victorino, coupera une oreille avant de se rendre à l’infirmerie.
Les tendons de la main coupés, il ne reviendra pas en piste laissant Juan Bautista seul face aux quatre  derniers toros.

Le troisième sera le manso du lot. Il prend deux piques sans pousser. A la muleta, ses yeux fixent le torero et oublient le leurre.

Sa charge brusque et très courte ne permet pas grand-chose. Jean Baptiste abrège, avec raison, la faena ce que ne comprendra pas une partie du public. Le toro est sifflé.

Le quatrième bien présenté, sort de façon désordonnée. Bien canalisé par le torero arlésien ; il prend deux piques en poussant et obtient la chute du groupe équestre à la première.

Marco Léal salue après deux très bonnes paires de banderilles. A la muleta le toro se défend plus qu’il ne charge avec lui aussi un œil sur le torero. La faena « baston » fait penser aux joutes qui ont opposé Robleño aux Escolar Gil Il faut arracher les passes en se battant avec l’animal qui est très compliqué à droite . Juan Bautista s’en sort avec les honneurs grâce à son métier (et aussi à sa condition physique). Il perd tout espoir de trophée avec l’épée.

Le cinquième, lui aussi typé Buendia ou Saltillo, met la tête dans les premières passes de cape avant d’envoyer un violent coup de tête à la dernière. Il pousse à deux reprises sous le fer. Le toro a une excellente corne gauche qu’exploite avec technique et élégance le torero arlésien. Il arrive à obliger le toro sans le contraindre et met en évidence son fond de noblesse , les professionnels disent qu’il aspire le toro avec la muleta.

 A droite c’est plus compliqué et le toro passe moins bien. Noble avec du piquant, c’est un  Victorino et Juan manque d’être accroché.   L’épée n’est pas à la hauteur de la faena et le torero doit se contenter de saluer au tiers. L’arrastre du  meilleur toro de la tarde. est fort justement applaudie

Le sixième vient en crabe à la pique mais pousse lors des deux rencontres. Le sobresaliente, Jérémy Banti en profite pour faire deux passes. Morenito d’Arles salue aux banderilles. 

Le toro est noble et aussi un peu faible. Il est plus simple que les cinq autres, même si le danger est encore présent. Juan Bautista en profite pour construire une bonne faena alternant des séries intéressantes des deux mains. 
Faena dominatrice mais surtout destinée à  couper des oreilles elle est conclue d’un recibir très efficace malgré une épée en avant et sur le côté. L’arlésien  coupe deux oreilles. 

La première vient récompenser la faena , l’autre la performance d’avoir combattu cinq Victorino Martin très sérieux et compliqués et pour le  remercier de  son implication et sa maîtrise technique tout au long de l’après-midi.

L’arrastre est applaudie.
Par respect pour son compagnon de cartel blessé, Jean Baptiste sort à pied par la grande porte.
Ainsi se termine une très intéressante corrida grâce à un Juan Bautista excellent lidiador face à des Victorino Martin  « retrouvés » c'est-à-dire mansos con casta compliqués mais permettant à condition d’avoir le savoir faire et l’envie.
Compte tenu du succès populaire, il y a fort à parier que la féria de l’Aficion sera reconduite l’an prochain, comme quoi la corrida n’est pas morte sur les terres d’Aliénor et Gaston Phoebus.

Calme mois d’octobre taurin dans le Sud Ouest, ceux qui veulent voyager pourront aller à Rodilhan le 04 (finale du Bolsin Nîmes Métropole et festival) ou le 18 à Vergèze pour les Prieto de la Cal et la despedida de Morenito de Nîmes.
Bouquet final dans notre région, le 11 novembre à Saint Sever (semaine taurine et culturelle) et fin novembre à Rion pour la traditionnelle Fiesta Campera




Saint Sever, samedi 26 septembre 2015
Anniversaire de l’Ecole Taurine (10 ans) et de Zocato (62 ans)  
Un  Lartet pour Marc Serrano : une oreille
Un Camino de Santiago pour Mathieu Guillon « El Monteño » : une oreille
Un eral d’Alma Serena pour Baptiste Cissé : une oreille
Un eral de Casanueva pour Clément Hargous : deux oreilles
Tienta de vaches d’Alma Serena et du Lartet toréées par Richard Milian, Christina Sanchez et Victorino Martin hijo et en second par les élèves confirmés d’Adour Aficion
Une anoja de Malabat pour Zocato et les plus jeunes d’Adour Aficion
1/8 ème d’arènes, douceur automnal


Ambiance familiale, entre aficionados, aux arènes de Saint Sever pour fêter les 10 ans de l’école taurine Adour Aficion dirigée par Richard Milian. Remise des cadeaux, festival et tienta ont constitué les trois tercios de ce sympathique après-midi taurin. Le bétail fourni par les cinq ganaderos du Sud Ouest a donné satisfaction aux éleveurs et offert des possibilités aux différents acteurs.


En premier lieu est sorti un joli novillo du Lartet. Il prend deux piques avec bravoure en poussant renversant le groupe équestre lors de la première. A la muleta, il est sérieux, encasté, voire compliqué. Noble à droite, dangereux à gauche. Il oblige Marc Serrano à puiser dans son savoir faire et son expérience. 

Il exploite bien la corne droite du Bonnet, la gauche est plus compliquée, il subit une spectaculaire voltereta.

En alternant des séries des deux côtés, il corrige les défauts du novillo et met en évidence ses qualités. La présidence accorde une oreille après une entière caida, le toro venant mourir au centre. L’arrastre est applaudie
Le second est un Camino de Santiago, costaud et bizco. Bien reçu à la cape par Mathieu Guillon, il prend une pique sans pousser.

Le landais banderille avec efficacité et élégance. Le Darré est faible, Mathieu le cite à mi hauteur et sans lui donner suffisamment de distance.  

Il toréé avec élégance et avec relâchement un bicho qui manque de charge et s’éteint rapidement. Deux pinchazos, une entière en place et le montois coupe une oreille.
Erreur au toril et inversion entre les deux erales prévus en 3ème et 4ème positions. Du coup le petit est pour le grand (Baptiste Cissé) et le grand pour le petit (Clément Hargous).
Baptiste est donc confronté à un petit eral d’Alma Serena .L’animal est très noble mais il est handicapé du train arrière et est faible.

Le tyrossais est élégant à la cape, excellent aux banderilles ; il est aussi très appliqué élégant et profite de la noblesse d’un novillo qui est limite soso. Hélas la faiblesse de l’Alma Serena, la différence de gabarit entre toro et torero enlèvent toute émotion à la faena.  

Pinchazo et le novillo paralysé doit être puntillé ; La présidence accorde quand même une oreille.
Sort en 4ème un très joli eral de Casanueva (d’origine Gallon). Très noble et encasté, il  donne du fil à retordre au quasi débutant qu’est Clément Hargous. 

A défaut de voir exploiter toutes les possibilités de novillo, on a vu un jeune torero courageux, avec de bons principes. Les deux acteurs allant à mas pour finir sur de très bonnes séries. L’entière en arrière est rapide d’effet et deux oreilles viennent récompenser un jeune garçon qu’il sera intéressant de suivre l’an prochain.

L’arrastre est fort justement applaudie.
La partie tienta permettra de voir alterner de vieilles branches et de jeunes pousses. Sont sortis en second, avec application et souvent de la réussite, les élèves d’Adour Aficion.
La première vache (Alma Serena) mansa au cheval mais noblissime à la muleta a permis de revoir toréer Richard Milian.


La seconde (Le Lartet) bonne au cheval et exigeante ira à mas dans la muleta de Christina Sanchez.

La troisième (Le Lartet) excellente au cheval et à la muleta est bien en évidence par un Victorino Martin hijo très technicien.

La quatrième est une anoja de Malabat (non piquée). Elle sera partagée entre le journaliste de Sud Ouest Zocato qui fêtait ce jour ses 62 ans et la classe « biberon » d’Adour Aficion





Ainsi se termine dans la joie et la bonne humeur, le premier volet de la Féria de l’Aficion.



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