dimanche 31 juillet 2016

TRUMAN

Cesc Gay


Un matin, Thomas se lève, regarde ses enfants dormir, puis va embrasser son épouse. Il quitte le Canada pour quelques jours afin de rendre visite à son meilleur ami Julian.
Une fois à Madrid, le spectateur réalise qu'il s'agit d'une dernière visite à un ami, atteint d'un cancer incurable. Mais entre humour noir, alcool, marijuana et balade dans la ville afin de trouver au chien Truman une famille d'adoption, le film ne sombre ni dans le mélo, ni dans le pathos.
On y voit les différentes réactions des gens : ceux qui fuient le malade, ceux qui savent lui parler, et ce ne sont pas toujours les plus proches qui dans ces cas là se rapprochent...

Ce film a raflé cinq Goya (les César espagnols) dont meilleur film, meilleur acteur, meilleur second rôle (pourtant comment mettre Thomas (Javier Camara) dans les seconds rôles?) et ce n'est pas immérité du tout.
En plus j'adore la façon de parler de l'acteur Ricardo Darin (Julian) que j'avais déjà vu dans "le Chinois" et "les nouveaux sauvages". Mais ça doit être parce que j'adore la façon de parler des argentins... 
Donc à voir absolument!

samedi 30 juillet 2016

VINOTOURISME - CITE DU VIN DE BORDEAUX


La Cité du Vin est en bord de Garonne


Les couleurs du vin


Les ateliers interactifs 







Le "chausson" vu de l'intérieur


Le Pont Chaban depuis la terrasse

Le Pont d'Aquitaine


Le plafond de bouteille du dernier étage


Quelques vins à déguster



Comme dans tout musée on trouve une boutique



Et nous avons vu le pont en haut et en bas !


Alors que je pensais qu'il fallait obligatoirement réserver et qu'il y aurait foule en cette fin juillet à Bordeaux, eh bien nous sommes entrés facilement, et même s'il y avait du monde, ce n'était pas non plus la bousculade.
C'est beau, comme bâtiment ça en jette ! C'est original, et ça ne choque pas avec le reste, on est quand même au bout des quais, un endroit infréquentable : il y a 20 ans c'était la zone ! Maintenant on arrive tranquillement depuis le Quai des Marques, il y a des vélos, des promenades, c'est top.
A l'intérieur les employés sont super souriants et super aimables, on se croirait chez les Bisounours.

Si on veut tout voir, il va falloir le faire en plusieurs fois, car il y a dix heures de contenus. Tout ou presque est interactif, dès l'entrée on nous équipe d'un smartphone au cou et d'un casque aux oreilles. Et vas-y qu'on te clique sur des trucs et des machins. On peut aussi sentir : fleurs, cuir, vieux livres poussiéreux. Il y a des petits films un peu partout pour expliquer le vin dans l'histoire, des interviews de viticulteurs de plusieurs pays...
Bref c'est riche. Mais le casque c'est lourd, et les machins à cliquer tout le temps un peu chiant. Surtout qu'avec moi ça ne fonctionnait qu'une fois sur deux.
Dans l'espace médiathèque nous avons vu deux films, un sur l'histoire du vin, et l'autre sur les châteaux bordelais vu d'avion. C'est à voir aussi bien évidement !
Et comme tous les visiteurs, à la fin nous avons pris l'ascenseur jusqu'au 8ème étage afin d'admirer la vue et déguster un verre.
J'ai expliqué au sommelier que j'aimais bien le vin des Graves, et il m'a proposé un vin moldave et un croate. Ne sachant que choisir, et comme j'étais accompagnée, on a pris les deux. C'était doux comme un Grave et plus fruité.
Avant de partir nous sommes passés par la boutique, genre les yeux au plafond et la bouche ouverte tellement il y avait de bouteilles !

Ayant eu la chance il y a quelques années de visiter le Musée du Vin de Briones (pas loin de Logroño en Espagne) je dirai que le musée espagnol est tout à fait complémentaire de la Cité du Vin : on y trouve tout un tas de vieilleries qui ont servi à faire le vin pendant les siècles précédents, et j'avais beaucoup aimé cette balade dans le temps, sans bidules interactifs surnuméraires. 


vendredi 29 juillet 2016

VERNISSAGE A BROC'ART

Célia et Christine Fontan, Monsieur le Maire Jean-Luc Blanc-Simon












La galerie d'art de Brocas, appelée judicieusement "Broc'Art" organisait sa seconde exposition (j'ai loupé la 1ère) en nous faisant découvrir les œuvres d'une maman et sa grande fille.
On ne peut attribuer les tableaux à l'une ou à l'autre, tant elles utilisent la même palette de couleurs.
Enfin, je dis palette, mais leur talent s'expriment par de multiples médiums : aquarelle, pastel, crayon, acrylique... Les deux petits paysages bretons vous donneront envie de partir visiter cette région, et ils sont encore disponibles!
Bref, allez-voir par vous même cette exposition qui dure jusqu'au 12 août 2016.
Sinon vous pouvez retrouvez les tableaux sur le site-galerie de l'artiste, clic! 

Madeleine-2016: Quels souvenirs garder des huit spectacles taurins, analyse de la Madeleine

Photos de Laurent Larroque et Romain Tastet

Avant de faire l'analyse de cette Madeleine, j’aimerai la dédier à Romain Tastet. Il a fait l’objet de la part d’une demeurée anti-corrida, d’une attaque sur les réseaux sociaux dignes des pires régimes totalitaires. Mais peut on attendre autre chose d’individus dont le leader (Lahana) est à la fois un vivisecteur et un pornographe? Et je ne parle pas des marraines issues de l’extrême droite (Bardot et Krier). Romain en plus d’être un photographe très talentueux est un type bien  et je suis fier de le compter parmi mes amis!


Si on en revient à cette Madeleine 2016.  Le résultat, surtout côté bétail, est bien loin des espoirs qu’avait fait naitre la publication des cartels. Sans faire une liste à la Ouvrard, nous avons eu des Alcurrucen   riquiquis, les Victoriano  ramollos,  les Fuente complètement  nullos, .
les Cebada raplaplas et les Miura  gagas.

Seuls les erales du jeudi matin et les Virgen Maria de la novillada ont été à la hauteur de ce que l’on attend du bétail dans une arène de Première Catégorie fusse-t-elle française.
La présentation des Alcurrucen est indigne du Plumaçon, Mieux présentés les Del Cuvillos ont joué leurs de collaborateurs sans plus. Les Fuente Ymbro, complètement décastés,  ont passé  plus de temps, en querencia dans les planches, qu’à combattre en toro bravo. Comme quoi, Monsieur Gallardo, il n’y a pas que les Saltillo qui ne sont bons que pour la daube. La seconde partie de la Madeleine est consacrée aux élevages toristas. Là aussi, le public a été déçu.  Les Cebada Gago, le meilleur lot de 2015, sont sortis sans race, ni caste. Très vite éteints, ils ont ennuyé aussi bien le public que les toreros.
Les Miura se sont comportés en Miura. Malheureusement faiblissimes, il  était difficile, malgré les efforts de Robleño et Lamelas, d’en tirer autre chose que des passes isolées. Il y avait du danger en piste et du vrai danger,  mais le combat a souvent tourné court  par manque de force. On  était loin du lot de 2014. Aucun n’a été remplacé, tous auraient pu l’être..

Douteux à leur entrée en piste, ils ont pris de bonnes rations de fer. Ils se sont par contre tous très vite détériorés dès le début du troisième tiers. Et un Miura qui s’arrête au quart de la passe, cherche l’homme, lui saute à la gorge c’est plus que compliqué. C’est « mortifère ». Les changer, oui mais par quoi, les deux sobreros étaient des frères des Cebada Gago de la veille (alors qu’il y avait au moins sept Miuras dans les corrales) .
Côté piques , les novillos ont chargé avec bravoure et bousculé la cavalerie. Côté toros , rien les trois premiers jours , un tercio de bon niveau de Francisco Vallejo au sixième Cebada Gago.
A part pour les Alcurrucen, les organisateurs peuvent nous rétorquer  que la présentation était hétérogène mais correcte et qu’il est difficile d’anticiper le comportement des toros. Soyons gentils, acceptons cet argument et attendons qu’ils tirent les conséquences  de la défaillance du bétail en 2016. Ils ont un an pour réfléchir et trouver d’autres élevages, car si on répète une ganaderia qui triomphe, il est aussi logique de ne pas renouveler celles qui ont failli.  
Côté toreros, ce ne sont pas ceux qui sont sortis en triomphe qui resteront dans nos mémoires. Les grands moments, nous les devons à deux grands toreros au registre pourtant si différents, Enrique Ponce et Alberto Lamelas.
Enrique Ponce est un grand technicien. Sa faena au quatrième Del Cuvillo est un monument de lidia. Mettons de côté, les effets théâtraux et musicaux. 

Il a transformé passe après passe, en se croisant ( pour une fois)   un toro mauvais des deux côtés en un toro qui passait des deux côtés. Témoin cette série finale à gauche qui était totalement impossible dix minutes avant.


 Cela s’appelle en tauromachie de la lidia et du dominio et l’oreille accordée a bien plus de poids que celles accordées pour des faenas brillantes ou artistiques face à des toros collaborateurs. Ce n’est que mon avis et j’ai pu constater en discutant autour des arènes que je ne suis pas le seul à le partager. Respect Monsieur Ponce.
Autre grand moment et oreille de poids, celle coupée par ce monument de courage et de technique qu’est Alberto Lamelas.  Du courage, il en faut pour attendre par deux fois, un Miura à Porta Gayola.


 Il en faut aussi pour après avoir été sévèrement châtié par le sixième, le visage et le crane sang et une cornada de dix cm dans le dos, repartir au combat .


Et surtout ne jamais rompre face à un manso très dangereux et finir par en tirer trois passes liées. Il y a là du courage, mais aussi de la technique  comme en témoigne également l’estocade  portée avec foi et efficacité malgré le danger. Ce torero mérite mieux que jouer les sauveurs de Féria face à des toros assassins.

 Respect Monsieur Lamelas.
Quand on pense qu’entre deux contrats l’un flâne au milieu de ses oliviers et l’autre conduit un taxi.
Un autre torero a marqué cette Madeleine, c’est Thomas Dufau . Attendu par ses fans et aussi ses détracteurs, il a réalisé la meilleure faena de sa carrière face à un noble Victoriano.  

Il a toréé avec une élégance et une inspiration que je ne lui avais jamais vue. Dommage qu’il pinche à son premier essai à la mort .



Faenas intéressantes que  celles de Castella et Fandino à leurs seconds Fuente Ymbro. Le premier, avec métier, impose sa loi à un manso décasté et le second exploite avec beaucoup de sincérité le seul toro qui ce jour là avait quelques possibilités.



Roca Rey et Manzanares sont sortis en triomphe, mais leurs « triomphes » ont un parfum d’ordinaire et de banal. Le péruvien soulève les foules par sa fougue et son originalité, l’autre, sans se croiser, ni s’engager fait rêver les esthètes. Mais le premier risque inutilement de se faire blesser et   lassera le public à la longue. et je reste insensible au charme du second , même si c’est un tueur exceptionnel.
Pour les autres, pas grand-chose à retenir, à part quelques gestes de Lopez Simon, l’implication de Robleño à son second Miura, la prestation indigne de son rang du Juli (en particulier avec l’épée) et les limites de Perez Motta qui gâche les deux seuls Cebada Gago exploitables.

Heureusement il y a eu les novilladas. Des deux courses, on retiendra l’application et l’envie de bien faire de tous les novilleros. Ils ont des défauts, des qualités mais ils se sont donné  à fond d’autant qu’ils ont été bien aidés par un bétail de qualité.
Après la non piquée, 100% Sud Ouest, les aficionados ont poussé un grand Coin-coin, version gasconne du Cocorico gaulois. Les erales sont sortis intéressants avec en particulier un Malabat étonnamment noble, un Lartet  très sérieux et encasté et un Casanueva  plein de noblesse et de mobilité. Je passerai sur le classement des toreros, comprendre les décisions d’un jury a toujours été au dessus de mes modestes capacités.

Pour la piquée, les Virgen Maria, même s’ils ont manqué de force, ont été très braves au cheval et intéressants par la suite. C’est un élevage à suivre d’autant plus que Jean Marie Raymond arrive au bout  de la restructuration de cette ganaderia et  que manifestement son travail commence à porter ses fruits.

Ainsi s’achève cette Madeleine 2016 dont on ne gardera que peu de souvenirs, la temporada continue pour nous et le travail de remise en cause commence pour les organisateurs. A eux de tirer les conséquences de ce cycle mi figue, mi raisin ils ont quelques mois pour réfléchir pour faire que la Madeleine 2017 soit d’un autre niveau.

J’oubliais, les Antis et Rama Yade, sans Renaud, ont été ridicules.


Thierry Reboul

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mardi 26 juillet 2016

MADELEINE 2016- très belle novillada de Virgen Maria

Arènes de Mont de Marsan : samedi 23 juillet
Novillada piquée  et nocturne des Fêtes 2016

5 novillos de Virgen Maria et un de Santa Ana (5), braves, poussant au cheval  et donnant du jeu.  Ils ont manqué de force et se sont éteints à mi faena
Pablo Aguado: une oreille, silence
Jesus Enrique Colombo: silence, une oreille
Andy Younes: une oreille, une oreille
Sortie en triomphe de Andy Younes
Demi-arène
 (photos Matthieu Saubion /Vuelta a los toros )


Pourquoi une resena particulière pour la novillada des Fêtes de la Madeleine. Pour plusieurs raisons, la première c’est que cette course a été la meilleure du cycle , avec en particulier le meilleur lot de toros.  La seconde, c’est que le maintien  de la novillada (avec un a pour faire plaisir à Isa) n’était pas et n’est toujours pas assuré et qu’il faut la défendre .Véritable creuset d’Aficion, elle permet à un public populaire au sens noble du terme d’y assister.
Si son déplacement au samedi soir a favorisé la fréquentation (il y avait plus de monde qu’en 2015), cela pose quand même un problème aux aficionados qui doivent enchaîner douze toros avec une petite coupure de seulement une heure et demi.
Heureusement que la course a été intéressante.


Jean Marie Raymond et sa ganaderia de Virgen Maria (origine Juan Pedro Domecq) faisait ses débuts en France en piquée. Correctement présentés, mais sans plus, tous les novillos y compris le Santa Ana (origine Marquès de Domecq) qui complétait le lot, ont poussé avec bravoure au cheval. Baissant la tête et mettant les reins, ils ont secoué  la cavalerie surtout à la première rencontre. Justes de force et éprouvés par le premier tiers, ils se sont tous, malgré leur noblesse, éteints  à La moitié ou au mieux aux deux tiers de la faena.
Face à eux, se sont présentés trois toreros très différents, Pablo Aguado très artiste, Jesus Enrique Colombo vert et exubérant, et le français Andy Younes sérieux et très appliqué.


Le premier sera le moins brave des six. Il prend deux piques avec force, mais sort seul les deux fois. Il inflige à Colombo, une voltereta lors d’un quite. 

La faena est brindée, par Pablo Aguado, à sa toute nouvelle Peña bayonnaise. Il double avec efficacité puis enchaîne par des derechazos élégants mais un peu lointain. La troisième série est meilleure. Le novillero ne se croise vraiment que lorsqu’il toréé de la main gauche. Et ses naturelles , les meilleures du cycle avec les dernières de Ponce, sont superbes alors que le toro noble à droite est plus compliqué à gauche. Final de grande classe avec quatre très belle naturelles de face, le torero enchaîne sans cadrer le toro pour une estocade à recibir.

 L’épée est de côté ce qui prive Aguado d’un second trophée.
Le quatrième fait une vuelta de campana dont il se ressentira tout au long de la faena. Au cheval, il pousse bien la première et fait sonner les étriers à la seconde. 

Le toro chute lors de la première série de doblones. Aguado, même s’il toréé avec beaucoup d’élégance, aura du mal à trouver la distance et le rythme qui convient au toro d’autant qu’il doit toréer à mi hauteur. La faena finit par être brouillonne alors que le Virgen Maria, bien que tardo, était noble.

 Manque de sérénité à la mort, quatre entrée a matar sont nécessaires avant de placer une entière.

Le second est brave mais un peu faible. Il pousse lors des deux rencontres restant collé longuement au peto lors de la première. Jesus Enrique Colombo est un exceptionnel banderillero. La troisième paire qu’il pose est vraiment exceptionnelle. 

A la muleta, le novillo s’éteint très vite. Quasi parado, il faut le solliciter pour qu’il passe.

 La faena  est « jolie » mais sonne creux par défaut d’opposition. Le vénézuélien s’engage avec foi mais l’épée est atravesada.
Le cinquième est un Santa Ana (l’autre fer de Jean Marie Raymond).   Très charpentés, il  pousse et bouge  le cheval lors des deux piques qu’il prend ; Colombo réalise à  nouveau un très bon tercio  de banderilles. Le toro est noble et répète en début de faena.

 Les séries à droites données en se croisant et templant sont intéressantes. Le Santa Ana se réserve de plus en plus et est quasi parado quand le torero prend la main gauche. La fin de faena est accrochée et brouillonne. Le fils du matador Enrique Colombo coupe une oreille après une estocade dans le rincon, très rapide d’effet ;

La troisième pousse avec force lors des deux rencontres avec la cavalerie Bonijol. 

 Très bon début de faena d’Andy Younes par cambiadas et changement de main. Le toro est noble, le torero en profite pour l’embarquer dans de bonnes séries des deux mains.


 Le jeune novillero applique consciencieusement ce qu’il a appris. Il lui manque encore un peu de métier et de personnalité pour structurer ses faenas et y mettre de l’émotion. Il coupe une oreille après une estocade entière foudroyante.
Le sixième et dernier Virgen Maria pousse bien à la première pique et moins fort à la seconde. Andy commence par des derechazos à genoux avec une vraie planta torera.

 Le reste de la faena est bien fait, mais comme pour la première il manque cette étincelle d’émotion que l’on retrouve naturellement dans la tauromachie de Pablo Aguado. Le novillero coupe une oreille généreuse après deux entrées a matar, l’une tombée et l’autre contraire.



On reverra avec plaisir la ganaderia et les trois toreros. Et bien entendu, Madame la Maire, rendez vous en 2017 pour la novillada piquée des Fêtes de la Madeleine.

Thierry Reboul

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