vendredi 25 décembre 2015

CHASSE TRADITIONNELLE


CHASSE TRADITIONNELLE

Comme souvent l'été, on avait décidé de faire le tour des cultures en vélo. C'était une boucle pas excessivement longue, qui traversait des bois, une rivière, et bien entendu des champs de maïs, d'où son nom.
Elle avait aussi l'avantage de passer près de la palombière de mon père, et ça me donnerait l'occasion d'y jeter un œil.

Comme toujours avec Cathy, nous avons démarré d'un même coup de pédale en bavardant, elle sur le vélo rouge de ma mère, et moi sur le vert décoré de plumes de faisans au guidon, le mien. Un bon rouleur sans changement de vitesse offert pour mon entrée en 6ème et qui, s'il m'avait accompagnée tout au long de ma scolarité, était désormais vélo de campagne, connaissant sur le bout des roues tous les chemins, les raccourcis, les passages à gué et bien entendu les palombières, les coins à girolles et les bois à cèpes.

Avec Cathy nous nous racontions nos vies, parce que même si nous étions amies depuis le CE2, nous passions de longs mois sans nous donner de nouvelles, mais quand on se revoyait, on remettait le calendrier à jour. Nouvelles rencontres, nouveaux amours, histoires de garçons. On faisait aussi le tour des amis communs, de la famille.

Tout en roulant je lui donnais le nom des oiseaux qui s'envolaient sur notre passage, et elle s'étonnait de voir que je différenciais le geai de la tourterelle turque, alors que vraiment, ils ne sont pas de la même couleur et ne volent pas pareil !
En arrivant près de la palombière elle m'a demandé si on y allait, tout en sachant que oui. À l'époque personne n'aurait vandalisé, cassé ou volé dans une palombière, mais quand on passait pas trop loin, on s'y rendait tout de même, tout comme après un fort coup de vent, pour voir si tout était en place.

On a ouvert le garage à voiture pour y déposer nos vélos, et on a suivi le couloir vers la cabane. J'y suis entrée la première et quelque chose m'a surpris, mais je ne savais pas quoi. Tout avait l'air en place. J'ai ouvert le dôme pour avoir plus de lumière qu'avec les fenêtres dissimulées derrière les fougères, tandis que Cathy me rejoignait pour qu'on regarde ensemble dehors. Le dôme étant situé en hauteur par rapport à la cabane, la vue y est toujours meilleure.

Assises sur la banquette, les yeux plantés dans le bleu, les pins se balançant dans le ciel, on était bien. Il me tardait le mois d'octobre, où je pourrais venir dès l'aube avec mon père pour y passer des journées à contempler le ciel en écoutant la radio, en attendant les palombes.

Cathy m'a dit: "Ta mère est-elle venue nettoyer ?"
C'était donc ça qui n'était pas normal : en plein mois de juillet la cabane aurait dû être plus sale. Or si le sol n'était pas balayé, certainement depuis novembre dernier, la nappe n'était pas poussiéreuse, pas plus que la bouilloire, la poêle, ou les quelques ustensiles près de la gazinière que j’embrassais du regard depuis le dôme.

J'ai regardé Cathy, et je lui ai dit: "tu connais ma mère, elle a toujours un chiffon à la main, elle a passer récemment."
Mais je savais que le grand nettoyage de palombière ne se faisait que fin septembre, après que mon père ait refait les couloirs, examiné les pins, remonté les appeaux. Il y avait effectivement quelque chose d'étrange.

Nous sommes passées dans la cabane d'à côté. Normalement une palombière n'est constituée que d'un seul poste et de couloirs plus ou moins longs, mais mon père et son copain de chasse voulaient une "chambre" indépendante. Il faut savoir que dans les Landes, les palombières sont des lieux de vacances. Donc le copain voulait pouvoir faire la sieste à loisir.

La cabane d'à côté était donc constituée d'un dôme elle aussi pour pouvoir regarder si les vols de palombes venaient, et comportait une banquette aussi confortable qu'un lit, ainsi qu’un poêle à bois.
Une chose m'a frappé en entrant : l'odeur. Cathy ma demandé ce qui n'allait pas, ce à quoi j'ai répondu "rien rien". Elle a fait la moue devant mon air inquiet. Ce n'est pas bien de mentir à sa meilleure amie, qui vous connaît mieux que quiconque.

Je lui ai murmuré: "je crois que quelqu'un est venu récemment." Cathy, toujours l'esprit pratique, à dit qu'il n'y avait pas de trace de pneus sur le chemin de sable, et comme il y avait eu un gros orage la nuit précédente, nous devions être seules ici. Donc pas la peine de chuchoter. J'ai acquiescé. Tout en pensant qu'il y avait peut être quelqu'un quand même, quelqu'un qui aurait dormi là.

On a repris les vélos, la piste sablonneuse, puis la route communale goudronnée, avec sa bande d'herbe centrale, tellement ça fait longtemps que le goudron à été coulé.

L'été les champs de maïs sont arrosés par d'immenses machines qui envoient leurs jets parfois jusque sur la route. Ça m'est arrivé d'y laver la voiture, la frottant avec une éponge en attendant que le jet d'eau fasse son tour au dessus des épis.
Mais là
, en vélo, c'était une autre histoire. Il ne faisait pas suffisamment chaud pour que nous y passions dessous, transformant la balade en concours de tee-shirts mouillés que le soleil aurait immédiatement séché. Nous avons donc attendu tranquillement le moment pour passer au sec.
De retour à la maison nous avons lu des bandes dessinées sous le pommier, en attendant la soirée où des garçons sont venus en visite. C'est marrant comme Cathy à toujours eu ce don de les attirer.

Le lendemain elle est partie visiter sa famille, et j'ai repensé à la palombière. Le seau qui nous sert, l'automne venue, à ramener de l'eau de la source était propre, alors que sans être utilisé depuis le mois de novembre il aurait dû contenir des débris divers. Il était posé aux pieds des marches menant au dôme, je le revoyais clairement dans ma mémoire, le fond brillait. Pas de sable, pas d’aiguille de pin.

Je décidais d'y retourner, mais pas par le chemin habituel. Il y avait bien une autre piste pour rejoindre la source, mais beaucoup plus longue. Pas d'importance, c'était les vacances. Je mis une lampe électrique dans mon sac, une gourde pleine d'eau, un paquet de biscuits. Le tout attaché sur le porte-bagage de mon inséparable vélo vert à plumes. J'ai roulé comme d'habitude, puis j'ai tourné à la palombière du maire, où j'ai laissé le vélo un peu plus loin, appuyé à un grand pin qui avait une branche qui tournait d’une façon caractéristique.

J'ai cheminé à pieds vers la source au milieu des fougères odorantes plus grandes que moi, des herbes jaunes, puis en terrain humide. Heureusement j'avais mis mes bottes en caoutchouc comme souvent, même en été.
Arrivée à la source j'ai inspecté les abords. Il y avait des traces d'animaux, mais de pas humains aussi. La source quant à elle avait toujours cette odeur œufs pourris : c'était une source d'eau sulfureuse. Mais elle était potable, si on la laissait suffisamment s'aérer, et qu'on n'était pas trop difficile.

Depuis là il me restait un bon moment à marcher vers la palombière, mais personne ne surveillerait le chemin, j'en étais bien sûre. Près d'une souche, j'ai remarqué qu'un collet était posé, ce qui n'a fait que renforcer ma conviction que la palombière était habitée. Personne ne poserait de collet si loin de tout. Et s'il y avait des braconniers, ils sévissaient maintenant plutôt en 4x4 qu'avec des outils aussi archaïques.

Mais alors qui pouvait bien se trouver dans ma palombière ? Bon, ce n'est pas que j'avais peur, je suis plutôt pas trouillarde, et puis j'étais chez moi, presque. J'ai entrouvert la porte d'un couloir pour me glisser dedans. Il était sombre et je pouvais avancer en silence sur la terre noire. Je me dirigeais sans hésitation vers les deux cabanes.

En arrivant au coin de la première, comme il en sortait, nous avons failli nous rentrer dedans, aussi surpris l'un que l'autre. Mais pas un cri ni dans sa bouche ni dans la mienne. Juste deux regards farouches qui s'affrontent. Moi parce que j'étais sur mon territoire, et lui parce qu'il avait quelque chose à défendre.
Quelques secondes de stupeur muette, où il m'a semblé que je l'avais déjà croisé.

C'est lui qui a parlé le premier : « Euskaraz? »
Ce à quoi j'ai répondu machinalement : « Ez, euskualduna ez naiz. »
Il a rigolé : « T'as pas trop perdu quand même. »
Je ne suis pas physionomiste, et il y avait longtemps que je ne l'avais vu, mais j'ai dit : "Patxi ?" et quand il a souri, là je l'ai vraiment reconnu.
Nous sommes entrés dans la cabane. Il était content que j'ai apporté des biscuits et de l'eau du robinet.

Oui, il vivait là depuis la fin de la chasse, il était trop content de voir enfin quelqu'un, même s'il se cachait. C'est lui qui avait eu l'idée de venir dans les Landes, il surveillait. Là il s'est arrêté, comme s'il en avait trop dit, et m'a demandé ce que je devenais.
Mais mon sixième sens était en alerte. Tu surveilles quoi ? Après avoir tapé en touche pour éviter de répondre, comme j'insistais et que je suis du genre à revenir inlassablement à la charge, il a fini par dire " Il vaut mieux que tu ne le saches pas"

Nous avons alors évoqué le passé, la fac, les nuits du Petit Bayonne et ses bars sombres, les discussions entre la Nive et l'Adour à refaire un monde comme le font les jeunes depuis toujours.
Et tandis qu'il parlait me revenait ce qu'on disait de lui à l'époque. Que ses engagements allaient du côté des nationalistes, et qu'il finirait récupéré par ETA.

Je lui ai carrément posé la question. Il a pris sa tête entre ses mains. Oui, mais surtout ne pas en parler. Surtout je ne l'avais pas vu, je ne savais rien. Si c'était possible il en sortirait maintenant, parce qu'il était allé trop loin et avait vu que la violence n'amènerait à rien de bon. Je lui ai demandé pourquoi il ne partait pas en Amérique du Sud : impossible, ils ne le laisseraient pas faire, ils le retrouveraient.

Avant de partir je lui ai dit que je reviendrais bientôt, après tout c'était ma palombière, il n'y avait pas de raison que je n'y vienne pas.
Il m'a encore recommandé de ne rien dire à personne de sa présence ici.

Avec quelques documents sortis de mon imprimante, agrémentés de quelques coups de tampons (merci tonton pour ta collection), j'ai réalisé une demande de passeport biométrique à la mairie de Mont de Marsan. Je l'ai fait moi même car je travaille là bas.
J'ai profité des congés pour me balader dans les services, me renseigner sur la façon de faire car je ne suis pas à l’Etat Civil, et vraiment ils étaient tellement contents de m'expliquer que j'ai presque eu honte d'utiliser leurs compétences.
Le jour où le passeport est revenu, tout beau avec cette photo prise dans la cabane devant un poster mis à l'envers afin d'obtenir un fond blanc, j'ai pensé que Patxi allait pouvoir partir, et construire une vie calme, loin de la violence. J'avais repris le boulot, j'ai donc embarqué le document pendant la pause repas de mes collègues, et j'ai attendu impatiemment le soir.

Je suis allée directement à la palombière en voiture, chose que je ne faisais jamais en dehors des périodes de chasse. Patxi s'était caché mais il est arrivé en m'entendant siffler "Hegoak" une chanson dont il m'avait expliqué le sens.

Il avait l'air encore plus soucieux que d'habitude. Il m'a dit qu'il partirait bientôt , la mission se finissait. Mais quelle mission? Mystère, impossible d'en parler, comme toujours. Il m'a dit de ne pas m'inquiéter, pas de nouvelle, bonne nouvelle.

Je suis rentrée chez moi.
Le surlendemain j'ai appris aux infos que deux policiers avaient été abattus à bout portant et que leur agresseur était en fuite.
À la palombière il n'y avait plus personne. Juste "adieu" tracé au doigt sur le sable du garage, juste à l'endroit où j'appuyais mon vélo. Il était donc parti.
L'enquête n'a rien donné, on n'a jamais trouvé le coupable. J'espère qu'il a fuit le pays, l'ETA et tous ses crimes.

Je n'ai jamais eu de nouvelle. Bonne nouvelle.



jeudi 24 décembre 2015

Programme de la Féria de la Faïence à Samadet



Féria de la Faïence 2016 à Samadet




Bilan de la temporada 2015

Un aficionado, c’est quelqu’un qui croit au Père Noel tous les jours à cinq heures. Je fais donc régulièrement ma lettre avec plein de demandes pour la temporada qui suit. Le vieux barbu fait ce qu’il peut  et se trompe souvent, semblant faire sien le proverbe « corrida de expectacion, corrida de decepcion »
J’ai donc décidé de l’aider en lui disant ce que j’ai aimé ou pas dans la temporada qu’il a mis sous mon sapin en 2015.

Cher Père Noël,

pour t’éviter de faire (ou refaire) des erreurs l’année prochaine, je te joins la liste de ce que j’ai aimé ou pas dans les cadeaux « taurins » que tu m’as apportés en 2015.

J’ai énormément apprécié 
·         Les « Los Manos » de Parentis et les « Valdellan »  de Vic qui par leur agressivité, leur bravoure ont créé en piste cette émotion forte que je viens chercher aux arènes. Face à eux, les deux Valencia, Guillermo et Cesar, ont fait preuve d’un courage et d’un engagement, voire d’une folie, qui sont l’apanage des toreros de verdad.
·         Les Pedraza de Garlin avec un club taurin qui récolte les fruits de sa volonté de promouvoir le toro-toro.
·         Juan del Alamo avec son caractère bien trempé et surtout cette manière de toréer citant de loin et allongeant la charge du toro qui n’est pas sans rappeler Cesar Rincon. Ses faenas à Dax  et Bayonne en font pour moi le torero de la saison dans le Sud Ouest. Il reste à souhaiter que le Sud Est (c’est fait avec Arles) et l’Espagne se rende compte que nous tenons là une vraie figura.
·         Le moment de douce nostalgie offert à Magescq  lors de la tienta inaugurale de la temporada par Joselito, El Fundi et un Bote transfiguré et rajeuni de 30 ans
·         Certains tercio de piques « authentiques » donnés par Alberto Sandoval (face à un manso perdido à Parentis et un Pedraza encasté à Dax), Gabin Rehabi (première pique au Pedraza de  Dax et tercio face au Granier de Vic même s’il y a redire sur le positionnement trasera de la pique) et Juan Jose Esquivel au Moun face à un excellent Cebada Gago.

J’ai beaucoup apprécié
·         Le geste de Mathieu Guillon qui a montré face à un solide et encasté Blohorn qu’il mérite qu’on lui donne une nouvelle chance.
·         Les efforts faits par les ganaderos français pour proposer en non piquée un bétail sérieux et de qualité. Merci donc à Jean Louis Darré, aux frères Bats, à Guillaume Bats, Jérôme Bonnet et Pascal Fasolo pour le travail fourni.
·         Les Cebada Gago de Mont de Marsan
·         L’abnégation des « petits » organisateurs du Sud Ouest pour promouvoir la tauromachie avec de jolies réussites.
o   Les non piqués d’Aignan, Mimizan, Plaisance, Maubourguet, Saint Sever
o   La tienta de Tartas
o   Les Fraile d’Aire sur Adour et les Victorinos de Saint Sever,
o   Mimizan qui remplit les arènes et vide les rangs des antis
o   La journée Valdellan à Orthez
o  Roquefort qui se maintient contre vents et marées avec courage malgré la concurrence de Dax et Bayonne
·         L’implication et le courage des Aturins qui commencent à récolter les fruits de leur travail avec un bon concours et une corrida de Fraile d’un très bon niveau au plan toros avec un lot de respect et au plan torero avec un excellent Morenito de Aranda. Ils sont sur la bonne voie, même si  le sympathique Jiminy Crickett qui leur sert de « conscience financière » les tannent encore pour qu’ils fassent encore plus.
·         La montée en puissance de toreros qui dament le pion aux figuras de papier du FIT ,(Pepe Moral, Jose Luis Adame, Diego Urdiales, Fandiño, Rafaelillo et même Curro Diaz  Pour ce dernier, je retiendrai sa prestation à Tyrosse face à des Baltasar Iban où il a pu faire état de sa classe naturelle face à un toro « respectable ».
·         Le sérieux de l’organisation de Saint Perdon. Si le résultat artistique n’a pas été à la hauteur des années précédentes, la Peña Camping-car a réussi à créer une date « torista » incontournable et attendu par les aficionados du Sud Ouest.
·         Les Bolsin organisés à Pontonx par Juan Leal et à Bougue par le club taurin « La Soledad » qui offrent une vraie opportunité aux jeunes toreros de demain.
·         L’arrivée ou le retour dans le giron des arènes « espagnoles » de Gamarde, Pontonx et Maurrin
·         Les Baltasar Iban de Mugron et les Pedraza de Dax qui ont donné beaucoup de relief aux tercio de piques et aux prestations de Louis Husson en novillada et Juan del Alamo en corrida.
·         Les actions caritatives menées par les aficionados (Collectif des aficionados français, festival « El Corazon », Juan Bautista et Corrida France)

J’ai apprécié
·         De voir les arènes quasi pleines à Bayonne  pour la Féria de l’Atlantique
·         Les novilleros officiant en non piquées (Tibo Garcia, Adrien Salenc, Baptiste Cissé et Yvan Gonzales) qui ont progressé tout au long de la temporada face à un bétail souvent très sérieux.
·         La place faite aux non piquées à Bayonne et Dax
·         Certains novillos qui par leur présentation et/ou leur comportement ont satisfait les spectateurs présents (Granier à Vic, les La Quinta et un Escolar Gil à Hagetmau, Valdellan et Coquilla à Aire, Aguirre à Saint Perdon)
·         Le courage et le sérieux de Perez Mota, Lamelas et Sanchez Vara
·         L’entrega, la classe et la technique de certains novilleros dont certains devraient faire une belle carrière : Roca Rey, Joaquin Galdos, Pablo Aguado, Guillermo Valencia et un Manolo Vanegas en net progrès en fin de temporada.
·         Le coup de folie du Juli qui, vexé par le succès de Pepe Moral, est allé attendre, dans la boue, à Porta Gayola son seconda adversaire à Dax.
·         Le choix d’encastes moins connus comme les Concha y Sierra d’Aignan, les Osborne de Riscle, les novillos des concours d’Aire et Saint Perdon. Les organisateurs ont montré qu’il était possible de sortir des sentiers battus et d’avoir des résultats artistiques (et un remplissage) plus qu’honorables.
·         La gamelle que se sont pris les figuras (Talavante, Manzanares, Perrera, Padilla et consorts)  qui ont montré que leurs exigences au plan financier et bétail n’avaient aucune justification.
·         La hausse de fréquentation apparente sur les gradins par les aficionados et la baisse (avérée) des abords des arènes par les antis.
·         Les mesures prises par les autorités et les organisateurs pour tenir les « ridicules animalistes » éloignés  de mon champ de vision.
·         L’intelligence et la lucidité de Louis Husson

Je n’ai pas apprécié
·         La présentation des toros de Gamarde
·         Le faible niveau des novilleros français qui ne sont pas en mesure d’assurer la relève
·         Le peu de contrats accordés par les grandes arènes (à l’exception de Bayonne) à Juan Bautista et surtout à Sébastien Castella
·         La capacité de certaines armures à prouver que les parois des camions et les burladeros sont en apparence très voire trop solides ainsi que la passivité des publics face à des cornes  parfois très abimées.
·         Le peu de réussite des autres toreros français Pour ceux qui ont le plus de potentiels, Dufau et Leal semblent se remettre en question, la prochaine temporada sera importante pour l’un et l’autre.
·         Les tercio de piques de Gabin à Vic  quelles qu’en soient les raisons.
·         Le bache dans lequel semble s’enfoncer la placita d’Eauze. Certes il y a eu des oreilles coupées mais des toros sans intérêts et des faenas de pueblo. La désaffection du public devrait inciter les organisateurs elusates à se remettre en question.

J’ai détesté
·         L’attitude désinvolte et irrespectueuse d’Alberto Lopez Simon vis-à-vis des organisateurs de la Brède
·         Le peu d’intérêt manifeste des organisateurs vis-à-vis de la novillada des Fêtes
·         Le comportement scandaleux de Javier Conde imposant aux organisateurs du festival « El Corazon » un eral qui ressemblait plus à un lapin bélier qu’à un bovin et qu’il a toréé en se moquant du public (contorsions d’empastre et torero muy fuera de cacho)
·         La dérive des tercio de piques. De plus en plus c’est le côté équestre qui est favorisé. Il ne faut pas confondre rejoneador et picador. C’est le piquero et le toro (brave ou non) qui font l’émotion et l’intérêt du premier tercio. Le cheval est là pour aider le cavalier à châtier le manso ou mettre en évidence la bravoure d’un toro encasté. Nous avons la chance  d’avoir en France d’excellents chevaux de piques, restons du bon côté de la « Force » en utilisant leurs qualités pour redonner de l’authenticité au tercio de varas.
·         La grosse boulette faite par le Père Noel quand il a livré leurs nouvelles partitions aux musiciens de certaines arènes. Les musiques de film ou d’opéras ne sont pas adaptées à la tauromachie. Sans avoir l’air de radoter, le pasodoble est bien plus adapté à la « liturgie taurine » et dégage plus d’émotion que « les chariots de feu ». Ceux qui ont récemment entendu jouer « Martin Aguero » dans l’église de Saint Pierre du Mont peuvent en témoigner
·         Que des tracasseries administratives contraignent les rieumois à jeter l’éponge

Cher Père Noël, tu ne t’en es pas trop mal sorti en 2015. Mais, si tu veux que je continue à croire en toi, tu dois faire encore mieux l’an prochain, sinon …………



Thierry Reboul

Bien entendu ce bilan n’engage que moi et fait référence aux courses que j’ai vues Avant de passer à 2016, un grand merci à tous ceux qui m’ont permis de rédiger mes resenas en

La grande cheftaine Isa
Laurent, Romain, Frédéric, Christian, Philippe pour les photos
Les empresas et organisateurs qui m’ont accrédité et en particulier celles qu’ils l’ont fait pour les Chroniques du Moun
Les lecteurs, avec une mention particulière à ceux qui prennent le temps d’échanger avec moi sur leur perception de mes écrits

Et également à mes deux autres « patrons » Laurent et Eric qui me font confiance pour Corrida France et Toromag

lundi 21 décembre 2015

Magescq et Arzacq: cartels d'ouverture de la temporada

La météo n'est pas hivernale .Difficile d'hiberner donc on s'occupe de préparer la reprise de la temporada à Magescq pour la Saint Valentin.



Le 21 février c'est Arzacq qui accueillera une novillada mixte avec

 2 novillos du Conde de Mayalde pour
le rejoneador Roberto Armendariz
4 erales du même élevage pour 
Baptiste Cissé
et  Rafi





dimanche 20 décembre 2015

ANNONCE des CARTELS de GARLIN

La Commission taurine de GARLIN (Pyrénées Atlantiques), a le plaisir de vous informer que la 15ème Journée Taurine de Printemps, se déroulera le Dimanche 10 AVRIL 2016.

Seront présents à l'affiche la ganaderia de PEDRAZA DE YELTES (pour la 4ème année consécutive), et les novilleros 

Joaquin GALDOS 
Luis David ADAME.

Le 3ème novillero de la Novillada Piquée, sera issu de la Fiesta Campera qualificative matinale, dont les noms des deux participants seront communiqués ultérieurement.

 

vendredi 18 décembre 2015

StarWars VII - Le Réveil de La Force


Depuis l'annonce de la nouvelle trilogie, la force s'est réveillée en moi.

Depuis ma tendre enfance je n'ai pas oublié les premières fois où j'ai vu la première trilogie ( épisode 4, 5, 6 pour faire dans l'ordre)

J'étais impatient de voir cette nouvelle trilogie car j'avais été assez déçu de la seconde trilogie (épisode 1, 2, 3), non pas car les films n'étaient pas bon mais pour une histoire qui devait se dérouler antérieurement à la première trilogie cela ne collait pas.

Une nouvelle trilogie donc sans George Lucas, qui a vendu les droits à Disney,  mais avec J.J. Abrams. Toujours avec la musique de John Williams et durant des semaines on nous annonce le retour de Mark Hamill, Carrie Fisher, Harrison Ford ce qui laisse présager d'une bonne continuité avec les épisodes précédents.

Je ne vais pas vous dévoiler l'intrigue du film, mais je vais tout de même vous faire part de mon point de vue de fan de StarWars sur ce nouvel opus.

Pour commencer, voir ce générique sur grand écran, franchement cela vous propulse des années en arrière quand, jeune au marché de Saint-Sever ,vous rêviez en regardant les figurines de vos héros sur les étals d'un marchand chaque samedi en sortant de l'école ( eh oui en ce temps là nous avions école le samedi matin)




le film commence, les premières scènes d'action sont bien là, on en prend vite plein les yeux, les nouveaux personnages s'installent, notre nouveau petit droïde BB-8 est mignon tout plein. L'histoire se déroule devant nous et très vite une impression de déjà vu s'empare de moi.

Dans la légende des Jedi il y a toujours un maître et son disciple et chaque disciple essaye de dépasser son maître ou du moins le rattraper et c'est bien cela que J.J. Abrams a fait : il a rejoint son maître George Lucas.
On sent bien qu'il est un super fan, qu'il connait tous les codes de cette saga, mais malheureusement il n'a pas dépassé le maître.

L'histoire du Réveil de la force est une copie parfaite d'Un nouvel Espoir le premier épisode de la première trilogie, même histoire, même façon de réaliser, les mêmes plans etc...

Le réveil de la force est un bon film, bien réalisé, avec de bons acteurs ( quoi que...) mais ce n'est pas un bon StarWars



Ce n'est pas assez de nous ressortir nos vieux héros pour faire de ce film une réussite.

Il ne reste plus qu'à espérer, que pour les deux épisodes qu'il reste à sortir de cette nouvelle trilogie, ,J.J. Adams nous montre qu'il peut dépasser le maître.


Que la force soit avec vous et surtout avec J.J. Abrams

Ps: Note spéciale pour "Les Toiles du Moun" et d'après ce que je sais pour "Le Royal" pour la super déco StarWars.















Attention Spoiler





Si vous ne voulez ne rien savoir sur le film ne pas lire la suite.

Tous les fans ce sont posés la question, Est ce que Luke Skywalker est présent dans ce film ?

Les différentes bande annonce n'ont pas laissé assez d'infos sur le sujet, eh bien oui il est présent environ 30 secondes à la fin du film.


mercredi 16 décembre 2015

21 NUITS AVEC PATTIE

un film de Arnaud et Jean-Marie Larrieu


Caroline débarque dans la grande maison que sa mère avait acheté, mère qu'elle ne connaissait que très peu, ayant été élevée par ses grands-parents. Elle vient pour l'enterrer. Dans la maison elle croise tout un tas de gens ayant connu sa mère. Pattie raconte surtout ses histoires sexuelles avec les hommes qu'elle croise dans les bals. Peu à peu Caroline vient à lui avouer que chez elle c'est plutôt le désert sexuel, malgré son mari... Et tandis qu'un homme ayant connu la mère débarque à scooter, le corps de la défunte disparaît...

On se régale !!!
Karin Viard joue de son corps et de ses mots, on croirait que Bernadette Lafont nous est revenue!
André Dussolier dans ce rôle de nécrophile magnifique, moitié mythomane moitié séducteur, est épatant "tu fais si bien la morte" qu'est ce que j'ai ri!
Isabelle Carré est impeccable, comme toujours.
Sergi Lopez n'est que peu là, mais pas crédible une seconde, dommage.
Le gendarme Laurent Poitrenaux et le paysan (un peu caricaturé, mais non, on en connait tous des comme ça à la campagne) Denis Lavant sont juste parfaits!

A voir, mais je vous préviens : le langage est parfois un peu cru.


dimanche 13 décembre 2015

9

par la Compagnie Le Petit Théâtre de Pain

Avant le spectacle j'ai photographié mes amis qui étaient dans le public, sans savoir que le monsieur avec le journal "9" en premier rang était l'un des acteurs.

Neuf jurés d'une cour d'assise se réunissent pour délibérer. Il est tard, tout le monde est fatigué, en a marre. Et pourtant il va falloir savoir si le jeune Karim a bien assassiné ses grands-parents à coups de cutter, oui ou non. Coupable ou pas.
Tous en sont sûrs, une enquête menée à charge, un avocat commis d'office qui ne semble pas ému que son client partent pour 20 ans de prison. Tous? Non, car une jeune femme doute, et au fil des heures, insinue de plus en plus de doute dans l'esprit des jurés. Et le doute doit profiter à l'accusé.
Ils bougent, ils parlent, ils rejouent la scène, prenant les spectateurs à témoin.
Finalement tout n'est plus si sûr, et en sortant, on parle de la peine à purger pour ce cas là.
Une magnifique pièce, très bien jouée, mention spéciale au "vigneron" au "chef d'entreprise" ainsi qu'à la "prof de français" dont j'avais deviné le métier bien avant qu'elle ne l'annonce! La fille qui instille le doute aussi était super, tout comme le musicien!

Une soirée géniale, avec un partage de cidre et de chouquette à la fin j'adore !!!




Mariyé Anva, Cathy Coffignal, Eric Destout, Ximun Fuchs, Hélène Hervé, Guillaume Méziat, Fafiole Palassio, Jérôme Petitjean, Tof Sanchez.  

samedi 12 décembre 2015

Petit hommage à Florian Greck ce grand Monsieur Montois

Au moment d’écrire le bilan de la temporada 2015, je me proposais de faire un brindis à Florian Greck.
Cyrano, autre gentilhomme gascon, m’a interpellé :
«Sachez jeune homme que dix mots pour rendre hommage à ce grand homme landais, c’est un peu court ! »  Et de me donner une leçon d’écriture :

Moi, Cadet de Gascogne j’aurais écrit :

Avec admiration : « Tant de choses faites en une vie si courte, quel talent ! »
                                             
Avec respect : « Tant d’unanimité et d’amitié réunies autour d’une même personne, dans ce monde de division, quelle réussite ! »

Avec étonnement : « Réussir à faire pleurer tous ces gaillards habitués à la rudesse des terrains de rugby, quelle émotion! »

Avec frustration : « Ne pas vivre d’autres moments de fêtes et de toros à ses côtés, quelle déception !»

Avec assurance : « Savoir que, tel San Firmin, il protègera avec son capote céleste les coureurs d’encierros et ceux du callejon, quel soulagement !»

Avec regret : »Qu’il ne puisse  bercer cet enfant, son enfant, qui va bientôt naître avec des mots pleins de tendresse entrecoupés de doctes enseignements (No Domecq, No Fundas), quel dommage ! »

Avec colère « Que la camarde se soit trompée dans sa mission prenant une vie bien plus tôt que prévu, quel scandale ! »

Avec crainte : « Etre à la hauteur de ce qu’il a été pour ceux qui vont continuer ce qu’il a initié, quel difficile challenge ! »

Puis la voix de Forian, s’est fait entendre disant « Pourquoi êtes vous triste ?Moi Taurino et Hestayre j'aurais écrit avec humour : Se couper la coleta, avec un no hay billetes et une sortie a hombros, quel talent ! »

Oui avec humour, car c’est l’image que je veux garder de Florian. Grand aficionado, hestayre montois impliqué à tous les niveaux de la préparation et l’animation de la Fête. Il a surtout été un bon vivant ,un vrai gascon dont les bons mots apaisaient les tensions et contribuaient à créer cette joie collective que les provençaux appellent l’Estrambord. Et je pense qu’à ces  larmes, qui l’ont sûrement  touché, il aurait préféré les grands éclats de voix et de rire de ces heures passées ensemble à refaire le monde des toros.
Nous nous sommes beaucoup étreints et avons beaucoup pleuré ce jeudi. 
Les africains, dans leur grande sagesse, ont pour coutume après le temps du deuil de réunir les amis du défunt et de faire une grande fête autour des passions de celui qui est parti.
Alors pourquoi ne pas tous se réunir un jour de corrida  , faire un apéro et des agapes ,dignes de celles vécues avec Florian , puis sur les gradins voir courir les toros en lui laissant une place entre nous (et dans nos cœurs)……………


mardi 1 décembre 2015

LES COWBOYS

de Thomas Bidegain


Ce film raconte comment une famille banale, dans une ville de France banale, tombe dans la tragédie extraordinaire qui balaye notre pays depuis plus de vingt ans.
Le père, la mère, la fille ado et le gamin se rendent à un rassemblement country. Ils connaissent beaucoup de monde, ils chantent et dansent, s'amusent, tout est léger.
Et leur fille disparait. Le père va la chercher longtemps, avant que le fils ne prenne la relève.

Un film étrange et dérangeant, qui fait écho à l'actualité.
Bien joué, bien tout, mais qui laisse un drôle de goût.

dimanche 29 novembre 2015

Fiesta Campera de Brocas les Forges

 Bonne faena de JB Molas face à un excellent Malabat 

Arènes de Brocas les Forges, dimanche 29 novembre : Fiesta Campera de l’AAJT  2015
3 novillos de la ganaderia Malabat pour


Jean Baptiste Molas


Alejandro Marcos


Tomas Campos

Piquero : Laurent Langlois
Cavalerie Bonijol
Météo clémente

Les bénévoles du Cercle Taurin de Brocas ont quasiment terminé de réaménager les typiques arènes « indigènes » de leur localité. .Les indispensables buvettes, vestiaires et sanitaires sont terminés. Quelques améliorations à faire sur la piste et la contrepiste, et l’énergie et l’entrain de l’équipe du président Yves Lanusse pourra se focaliser sur l’organisation d’un ou des spectacles taurins.
Le Landais est patient mais d’ici deux à trois ans, Brocas pourrait figurer à nouveau dans la liste des placitas actives du Sud Ouest.


Comme l’an dernier, les socios de la cité des forges ont apporté leur aide logistique à l’AAJT pour l’organisation de sa seconde fiesta campera.
Créée pour aider un jeune torero en lui offrant des « opportunités », cette association bayonnaise a accompagné en 2014/2015 Tomas Campos, lui permettant entre autre d’intégrer le cartel de la corrida de Mimizan.
Cette temporada, les responsables de l’association ont décidé d’accompagner Alejandro Marcos et le dacquois Jean Baptiste Molas.

La fiesta campera organisée à Brocas a permis à l’ancien de passer le témoin aux deux nouveaux. .
Elle a offert également au ganadero local, Pascal Fasolo, de faire lidier trois novillos de son élevage d’encaste Atanasio Fernandez / Conde de la Corte.

Le premier est un eral bien proportionné .

Il s’engage avec noblesse dans la cape de JB Molas. Il prend une très bonne première pique en poussant et charge une seconde fois, sans la puya, en mettant les reins. La suite de la faena confirmera la nécessité de présenter au moins une fois au cheval, les erales de Malabat, pour les canaliser et leur permettre, ainsi qu’aux toreros, d’exprimer leur potentiel. Bien piqué, le bicho  a humilié à gusto, a gagné en fixité et la faena en qualité.

Le dacquois est encore vert et commettra quelques erreurs, avec quelques accrochages, mais il saura exploiter l’excellente charge du novillo. Celui ci ira à mas, et permettra au torero de réalise de bonnes séries aussi bien à droite qu’à gauche citant de loin et se croisant bien. L’estocade, à la rencontre, est rapide d’effet. Novillero et eral sont ovationnés.

Le second est un superbe berrendo 

Quasi toro, il prend deux piques en manso, faisant chanter les étriers. La suite montrera qu’une troisième n’aurait pas été superflue.
Le Malabat est un manso avec un fond de caste .


Très Atanasio, il est exigeant. Il faut le garder dans la muleta, sinon il s’arrête et se retourne vite. Alejandro Marcos manque d’expérience face à ce type de bétail « complexe » .Il alterne de bonnes séries obligeant bien le bicho, et des « relâchements » où le toro prend les commandes  .



Sur une de ces erreurs, le torero de Salamanque subit une spectaculaire voltereta. Le novillero groggy aura de très grandes difficultés à tuer un novillo qu’il n’a pas su dominer.
Le troisième, très bien présenté, a un comportement similaire au précédent mais il manque de force.  Au cheval lors des deux rencontres, il commence par pousser puis fais résonner les étriers.


A la muleta, sa faiblesse lui confère une charge courte. Il marche plus qu’il ne galope. Tomas Campos essaie de le tirer en le toréant par le haut. Très rapidement mis en difficulté et accroché, le torero de Badajoz écourte la faena (dommage….).
Une mete y saca ,une entière et un descabello auront raison du dernier toro de la temporada 2015 dans le Sud Ouest.


Prochain rendez vous pour l’ouverture de la Temporada 2016, le 14 février à Magescq.