dimanche 31 mai 2015

Grande entrée pour la première corrida Gamardaise

Arènes de Gamarde, samedi 30 Mai 2015 : corrida de toros en Pays Chalossais

6 toros de la ganaderia Benjumea (Portugal) pour
Manuel Gomes Dias qui prenait l’alternative (salut au tiers, vuelta)
Thomas Dufau (une oreille, une oreille)
Juan Leal (silence silence)
Emmanuel Lataste a sauté les second ,quatrième et sixième toros
Lleno de quasi No Hay Billetes



Il s’en est fallu de peu que les organisateurs n’affichent la pancarte « No Hay Billetes » sur les guichets des arènes de Gamarde les Bains. Certains disent qu’être aficionado, c’est être un peu fou (au sens rêveur et passionné du terme), je préfère la définition provençale de l’afeciouna qui désigne celui qui a la foi. Il faut avoir la foi « a los toros » pour vouloir monter une corrida au fin fond de la Chalosse, qui plus est, un samedi quand on sait les montagnes de difficultés et la prise de risque que cela représente.  Deux gamardais, Jean Pierre Mesmer et François ont relevé et réussi le défi de remplir les plus de 2000 places de la coquette placita couverte de leur village.
Contrairement aux placitas du Sud Est qui se lancent dans de telles aventures, les prix très raisonnables pratiqués ont aussi contribué au succès de cette tarde de toros.


Sur les gradins, une partie des habitués des corridas et novilladas du Sud Ouest mais aussi et c’est un point très positif beaucoup de coursayres et de néophytes.
En appui logistique, les placiers dacquois et dans le callejon l’équipe des corrales montois. La solidarité taurine serait elle annonciatrice d’une solidarité rugbystique ?

La fête a été un peu gâchée par le bétail. D’une présentation adaptée à une arène classée en troisième catégorie (très légers les trois premiers, légers les suivants et d’armures commodes), les toros portugais de  Benjumea ont combiné faiblesse et manque de race.
Les rencontres face à la cavalerie Bonijol se sont limités à 6 picotazos dont certains étaient plutôt des simulacres de piques. A la muleta, ils n’ont pas trahi leur origine Nunez del Cuvillo, nobles ils se sont très vite éteints et ont fini au mieux sosos et tardos.

C’était le jour le plus important de la carrière du portugais Manuel Dias Gomez. Apodéré par Thomas Campuzano et suivi par Victor Mendes, il nous avait laissé le souvenir en novillada, d’un torero élégant, parfois superficiel et d’un piètre tueur.  
Son premier toro ménagé au premier tiers sera secoué par une vuelta de campana.
Après la cérémonie d’alternative, Dias Gomes va profiter en début de faena du fond de noblesse du bicho.

Les séries  à droite sont templées  données en se croisant et avec une certaine élégance. A gauche c’est moins sincère. Le toro baisse de ton et finit soso et surtout avec une charge réduite .La fin par torero culero est d’un moins bon niveau . 


Tout est place pour que le torero triomphe, mais la mise à mort est laborieuse (trois pinchazos, 2/3 de lame en avant et deux descabellos) et le jeune docteur en tauromachie doit se contenter d’un salut au tiers.
Le sixième est faible dès son entrée en piste .Très peu et mal piqué, il va très vite se réserver .De charge courte, il a tendance à se défendre sur place plutôt que d’attaquer. C’est dommage, car le jeune portugais commence bien sa faena et fait montre d’un répertoire varié.  Mais le toro n’avance pas, ne transmet rien et est vite décomposé.


L’estocade de côté et de travers est rapide d’effet. Pétition d’oreille de la famille et des amis   à laquelle le président Henri Tilhet résiste et tout cela finit par une vuelta à laquelle est associé le sauteur de la DAL Emmanuel Lataste.

Thomas Dufau est ici chez lui. Sa peña est impliquée dans l’organisation. Ce type de course avec triomphe fortement potentiel sont faites pour l’aider à passer le cap difficile qu’il vit aujourd’hui dans sa carrière. Son premier adversaire piqué au simulacre, est très faible. Il manque aussi de race. Le torero landais va tout essayer pour dynamiser une faena face à un tel adversaire.


Il torée même à genoux et avec la main gauche, il raccourcit les terrains pour donner de l’émotion. Tout cela est volontaire, mais reste superficiel par manque de matière première.
L’estocade, de côté, est rapide d’effet et tombe la première oreille.

Le quatrième, le mieux présenté de l’envoi, est aussi faible. Banderillé par Thomas (bien la troisième paire), il s’éteint très rapidement et c’est au torero d’animer « la soirée ». La faena est forcément superficielle, mais conclue par une entière verticale après un pinchazo, elle permet au parrain du jour de couper un second trophée qui lui ouvre la Puerta Grande de la Monumentale Chalossaise.

Juan Leal, pour sa première corrida de la temporada, est sorti déçu, voire dépité.


 Il a touché les deux plus mauvais toro du lot. Il a tout essayé. Il a toréée de loin, de près, debout, à genoux, il a même banderillé sans grande possibilité de succès


Emmanuel Lataste a reçu les plus grandes ovations pour ses trois superbes sauts (périlleux, saut de l’ange et périlleux vrillé).


La faiblesse du bétail n’étant pas du ressort de l’organisation, on peut considérer que cette première gamardaise est une réussite. Les organisateurs voudront ils la renouveler ?
L’avenir nous le dira, sous forme d’une corrida ou plus raisonnablement sous forme d’une novillada avec des novilleros punteros.
Avant de conclure, bravo au Maire et aux forces de l’ordre pour la gestion de la poignée d’antis. Ils voulaient faire la loi à Gamarde, très peu nombreux, parqués loin des arènes, ils n’ont pu constater qu’une chose : C’est qu’ils ne sont pas grand chose , voire rien, et que Gamarde est un village de
Culture Taurine.

Bravo les gamardais, Merci et Si vous Continuez, nous serons présents.

Prochain rendez-vous 
Le 06 juin à Mont de Marsan pour le festival Art et Courage
Le 07 juin à Captieux
Le 20juin à la Brède
Le 21 juin à Aire sur Adour

Le 28 juin à Rieumes ou Saint Sever

vendredi 29 mai 2015

Vic :Le palmarès d'une féria en demi teinte

Parallèlement à la Féria vicoise se déroule le Festival de Cannes.
A l’issue de la manifestation cinématographique sont distribués un certain nombre de prix. Il m’est venu à l’idée de faire de même pour les quatre corridas gersoises.

La Palme d’Or du jury revient au toro Cubano de la ganaderia de Valdellan. très brave, il a été bien mis en évidence au premier tiers par le piquero Yvan Garcia. Toro de Bandera, à la muleta, il a débordé en fin de faena  Cesar Valencia par sa caste hors du commun,
Il y a au cinéma des films cultes, le brave Valdellan figurera en bonne place dans le panthéon des toros cultes qui ont marqué l’histoire de la tauromachie gersoise.


Le Grand Prix  du Jury est attribué à Cesar Valencia. A la fois « indien dans la ville » par son physique et E T (extra torero) par son talent il a fait preuve d’un courage à tout épreuve et d’une grande  sincérité dans sa manière de toréer. Il lui reste à peaufiner sa technique mais il n’a que quatre mois d’alternative. Il a eu le cran d’accepter de venir à Vic et d’affronter les Valdellan et il a été à la hauteur du défi qu’il s’est fixé. Un remake de la matinée vicoise est programmé à Orthez en Juillet. J’ai toujours un doute sur la reproductibilité des miracles en matière taurine mais qui sait ?


Un accessit est accordé à Alberto Lamelas et Thomas Dufau. Le premier, à peine remis de sa blessure d’Alès, après son succès dans « Cantinillo le terrorifique » a failli rejouer le même scénario face à un Dolores Aguirre très dangereux à droite. Adepte des Missions Impossibles, il va réussir à corriger les défauts de son adversaire et terminera par deux excellentes séries à droite.  Le jeu du torero, très technique, lui ouvre les voies d’un nouveau succès vicois. Hélas la dernière scène, celle de la mort, n’est pas à la hauteur de la faena. Présent dans un second film  au scénario sans intérêt, Alberto quitte le ruedo vicois sans couper de trophée. On peut lui reprocher toutefois son incapacité à gérer les deux premiers tercios ; handicapé, il est vrai, par sa blessure et une cuadrilla d’acteurs amateurs.

Thomas Dufau a joué une version de « Je t’aime, moi non plus ».Son engagement vicois a été très critiqué et il a quand même réussi à couper une oreille grâce à un toro très noble, sans faire de passes à gauche et surtout sans se croiser.


D’autres acteurs n’ont pas démérité malgré leur participation à des films pas très réussis. Sanchez Vara, tel est un bon second rôle. n’hésite pas à jouer dans des films à petit budget et/ou à risque .Il est vaillant, toréé propre mais sans génie et hélas tue très mal.
Rafaelillo est un vrai comédien, un brin Arnaqueur. Il est capable de faire croire qu’il toréé ou prend des risques comme il l’a fait face à son second Aguirre et le public se laisse prendre. C’est, et c’est à son honneur un bon chef de lidia qui a su intervenir pour remettre de l’ordre en piste lors de certains tercios de piques.
Paulita n’a réussi qu’une scène, le début de sa faena au premier Valdellan, le reste est du niveau d’une série B.

Les autres toreros sont passés à côté de cette Féria Vicoise.
Aguilar m’a fait penser à Christian Clavier .Hyper agité lors de sa première faena au point de ne jamais laisser plus de quelques secondes sa muleta  devant le toro, il a été pueblerino et superficiel lors de sa deuxième prestation. Il ne manquait plus qu’il crie « OK » à la fin d’une série.
Manuel Escribano est venu faire une pige à Vic aussi motivé qu’un De Funès à qui on a proposé le rôle du narrateur du Testament d’Orphée.
Perez Mota est un toreo artiste, il est aussi perdu dans une corrida « dure » que Vincent Lindon dans un remake de « Mon curé chez les nudistes ».
Medhi Savalli est passé à côté de deux bons toros de Valdellan. Oublié des scénaristes, il tente un come back, mais ses vieux démons reprennent le dessus. Attention à ne pas devenir un de ces vieux comédiens ringards et qui n’ont que le Boulevard du Crépuscule pour  exister un peu.
Robleño court depuis quelques temps après le scénario qui relancerait sa carrière. Il est le prototype du super héros vieilli et fatigué par des années de lutte et pourrait devenir un vieil homme amer..
Rafael Cerro est venu remplacer Sergio Aguilar. Probablement présent dans le casting des Escolar par protection, il n’a pu que nous montrer son absence de recours et de talent errant comme un zombie dans l’arène.

La Palme du meilleur scénario revient à la Ganaderia Valdellan .Suspens, émotion, alternance de drame et de  tendresse ont émaillé les peleas des 6 toros de cet élevage combattus à Vic. Comme dans un film de Spielberg on retrouve tous les ingrédients (Présentation, caste, bravoure et noblesse) pour plaire au public, à condition de ne pas se tromper dans la distribution des rôles de toreros

Un accessit revient aux Cebada Gago. Bien présentés, ils offraient des possibilités.que seul Dufau a exploité face au troisième .Ce n’est pas un grand, ni même un bon lot mais, avec un peu d’envie de la part des toreros, cela aurait pu être un bon film pour un Dimanche de Pluie.

Les Escolar Gil nous ont joué Faux Semblants. Le ganadero a adoucit le sang de ses toros en utilisant un semental de Buendia. Du coup, il sort des La Quinta. C'est-à-dire soit des toros faibles et décastés ou des bonbons trop sucrés et de ce fait sans saveur. Pour que ce type de toros donne l’illusion d’une corrida, il faut leur opposer des toreros que Vic ne veut pas voir et n’a pas les moyens de se payer.

Les Dolores Aguirre n’ont joué ni le Silence des Agneaux, ni déclencher la colère de Dieu.
Comme c’est le risque avec cette ganaderia, la mansedumbre a pris le dessus sur le fond de caste C’est un peu, comme un film d’Art et d’Essai, c’est parfois génial mais souvent lassant.
Ce type de corrida, réservée à un public averti, n’est vraiment intéressant que lorsque le danger ou la couardise rencontre la technique, la sincérité et le courage (cf. Cantinillo).Les deux  premiers étaient là mais seul Lamelas a tenté de faire quelque chose sans toujours y parvenir handicapé par sa blessure et pas très heureux au sorteo. C’est peu pour que cette forme de tauromachie emporte l’adhésion du public.

Pour les seconds rôles, on a souvent vu  « Peur sur la Ville » .Seuls ressortent du lot Morenito d’Arles et Agustin Gonzalez Gomez avec les palos et Raul Ramirez Gomez  qui a joué les cascadeurs en sautant à la garrocha le premier Aguirre de Sanchez Vara.

Parmi les picadors on a eu « Le  très bon, le bon, la brute et le truand » .Le très bon en la personne d’Yvan Garcia ovationné après avoir piqué Cubano. Le bon c’est José Antonio « Titi » Agudo, picador préféré de l’ADA Parentis, qui a piqué avec technique et sincérité aux ordres de Sanchez Vara.  La brute, c’est Olivier Riboulet, qui confond piquer avec découper de la viande. Le truand, c’est Gabin Rehabi qui a fait preuve d’incompétence et d’irrespect du public tout au long de cette Féria  en particulier lors de la corrida des Dolores Aguirre. Il me fait penser à ces jeunes acteurs qui ont eu quelque succès et dont la tête enfle et qui deviennent mauvais professionnellement et exécrables au plan humain. Il faudra qu’il prenne conscience qu’avoir la grosse tête est incompatible avec le port du castoreño.


Un prix spécial, celui du courage, est attribué à Medhi Savalli qui par son quite a sauvé Cesar Valencia d’une blessure gravissime.


Que dire du public ? Les bilans mesureront une fréquentation que je sens honorable sans plus.  A l’exception de la corrida du dimanche matin, il est sorti globalement déçu d’une Féria qu’il a vécu comme « trois enterrements et un mariage).
L’option toro-toro choisi par les réalisateurs vicois est difficile, il est difficile de trouver des « tontons flingueurs » capables de se mettre devant les derniers des Mohicans de l’élevage brave.  Nous avons tous un lien affectif avec la placita gersoise et nous rejouerons à nouveau « L’année prochaine à Marienbad, pardon à Vic ». Mais combien seront nous et pour combien de temps ?
Pour sécuriser l’avenir de cette Féria, les organisateurs ont deux possibilités :adoucir les toros et faire venir des figuras, ou bien exiger des vrais toros mais les mettre devant des toreros ambitieux comme Lamelas et Valencia. La première option est facile mais dénaturerait l’esprit vicois. La seconde, est ma préférée, même si comme la vie, ce n’est pas un long fleuve tranquille


Les antis ont aussi voulu faire leur cinéma. Ces désaxés ont fait un bide et frisé le ridicule  avec leur scénario digne des plus mauvais films de Max Pecas. Pas d’histoire, pas de son et comédiens minimalistes par le nombre et le niveau intellectuel. , Garrigues, Saldain et consorts sont devenus les rois du navet. 

mardi 26 mai 2015

Résumé de la dernière corrida de la Féria Vicoise

Corrida compliquée de Dolores Aguirre

Arènes de Vic Fezensac, lundi 24 Mai : 3 ème  corrida de la Féria 2015

6 toros de Dolores Aguirre Ybarra (le troisième rendu invalide après une pique a été remplacé par un exemplaire du même fer)

Rafaelillo: silence, salut au tiers
Sanchez Vara : silence, silence
Alberto Lamelas : vuelta, silence   
 Grande ovation pour le picador Juan« Titi » Agudo (cuadrilla de Vara) Vuelta du mayoral
¾ d’arènes
Météo beaucoup moins désagréable que prévue


Comme d’habitude avec cette ganaderia, les toros de Dolores Aguirre, superbement présentés, ont eu un comportement allant de compliqué à manso.
La tauromachie de combat a prédominé ce lundi à Vic. Ce type de corrida qui plait à certains aficionados (dont je fais partie) peut en « lasser » d’autres. Il faut, comme en 2014, un moment particulier (grand toro, torero qui se transcende face au danger) pour que l’unanimité se face dans le public.
On a vu des toros qui étaient soit compliqués, soit manso et parfois les deux. A l’exception de Agudo (déjà vu à Aire) les picadors ont piqué comme des cochons, accentuant ainsi les défauts des toros au lieu de canaliser leur charge et de régler leur port de tête.

Rafaelillo est un très bon technicien, il a touché deux mansos très attirés par le terrain des planches .Il a essayé de tenir son premier au milieu de la piste et a toréé, surtout de la voix, son second dans le terrain des talenquères  .

Deux manières de traiter ce type de toro. La seconde finit par mieux porter sur le public. Il tue très mal le premier  et mieux le second. A noter sa présence en tant que chef de lidia en particulier au premier tiers.

Sanchez Vara est un bon ouvrier Il a réalisé deux faenas propres. 

La première face à un toro qui est vite allé à menos, et la seconde avec un toro très fuyard. Il a hélas perdu toute chance de succès au moment de l’estocade.

Ovationné après le paseo, Alberto Lamelas a réalisé une faena intéressante au troisième bis.  Il a corrigé une corne droite impossible et criminelle. Cela manque d’élégance et d’art, mais c’est de la vraie  lidia très technique, réalisée par un torero extrêmement courageux.

 L’oreille acquise est perdue lors des deux premières tentatives d’estocade qui se soldent par autant de pinchazos. 

Le sixième se réfugie très vite dans les planches et devient parado, Lamelas abrège la faena. Il reste un mystère à résoudre concernant Lamelas
Il a toujours des toros compliqués et je me demande si par son absence de lidia et de sérénité au premiers tiers, il ne transmet pas son stress à sa cuadrilla et au toro. La corrida de Valdellan, toros en général encastés mais moins compliqués que les Dolorès Aguirre servira de tests pour lever cette interrogation. A la décharge du torero, il était en piste après avoir subi la semaine dernière, deux coups de respectivement 13 et 15 cm.

Le fait du jour a été le comportement éhonté du picador français Gabin Rehabi.
Il est depuis quelques temps dans une mauvaise passe. Mais il a aujourd’hui dépassé les limites du tolérable. Il a rendu invalide le troisième toro en le piquant trois fois en arrière et surtout en replaçant la pique systématiquement au même endroit.
Face au sobrero, chahuté par le public, il a pété les plombs .Il a volontairement cité le toro pour lui faire subir un énorme puyazo après la sonnerie. Le piquero français nous doit des excuses pour cette attitude indigne de celui qui se dit le meilleur piquero en exercice.




lundi 25 mai 2015

UNE BELLE FIN

de Uberto Pasolini


John May fonctionnaire méticuleux, est employé pour rechercher les familles des morts de son quartier. Il exécute son travail avec rigueur, allant jusqu'à rédiger les éloges funèbres des disparus qu'il est seul à suivre dans leur dernier parcours.
Mais sa lenteur et la restriction budgétaire font qu'il se retrouve licencié, juste après une dernière mission : retrouver la famille de son voisin d'en face, qu'il n'a jamais vu.

A voir, un film comme seul les Anglais savent faire. Il y a de l'humour, de la joie, de l'émotion.
Et une belle fin. 

Résumé des deux corridas de la seconde journée vicoise

Arènes de Vic Fezensac, dimanche 24 Mai : 
2 ème  corrida de la Féria 2015
Un toro  d’anthologie, :Cubano
Un grand élevage :Valdellan
Un torero au grand courage : Cesar Valencia
et Vic sera toujours Vic

6 toros de Valdellan (le quatrième s’est cassé une corne dès son entrée en piste et  a été substitué par un exemplaire du même fer)
Paulita : salut au tiers, silence
Medhi Savalli : silence, silence
Cesar Valencia : une oreille, une oreille  (Valencia blessé lors de la première entrée à matar, le toro est tué par Paulita
Vuelta au dernier
Toutes les arrastres ont été applaudies
Grande ovation pour le picador Yvan Garcia (cuadrilla de Valencia) auteur d’un tercio d’anthologie au sixième
Vuelta du mayoral
¾ d’arènes
Le Soleil a anticipé la qualité de la corrida et s’est invité en terres gersoises


Le dernier toro de Valdellan, répondant au nom de Cubano, va rejoindre les Garapito, Cornicorto, Pie de Lomo et Cantinillo dans le Panthéon des toros qui ont marqué l’histoire des arènes de Vic Fezensac
Avant lui sont sortis, cinq toros tout en muscle, superbement armés.  Avec des comportements variés, allant du très noble au manso très encasté, ils ont apporté cette étincelle et l’émotion qui font qu’une corrida reste dans la mémoire des aficionados présents
 A ce stade de la course, le public est content et pense avoir assisté à la corrida de la Féria
Sort alors du toril, un superbe toro noir, astifino qui cherche dès le début à être le patron de la piste. Cesar Valencia, jeune torero vénézuélien, s’arrime et arrive à la canaliser  la charge du Valdellan

Le tercio de piques qui suit est à classer dans la rubrique des tercios d’anthologie à montrer à tous les picadors (et en particulier à ceux des cuadrillas de Paulita et Savalli) qui nous avaient offerts jusque là un festival de rencontres calamiteuses voir assassines
Placé loin du cheval, le Valdellan charge à quatre reprises. Piqué (et c’est possible dans le morillo), il livre un combat de « titan » avec le cavalier et le cheval Tabarly. Le public est debout, la musique joue à chaque pique  Seule la troisième pique, avec désarmé du cavalier, est un ton en dessous Le toro aurait mérité de prendre une ou deux piques supplémentaires

Le Valdellan met en déroute la cuadrilla aux banderilles. A la muleta, le bicho est maître de la piste et le torero n’a que son cœur à lui offrir .Avec courage, le torero tire des séries à droite et à gauche souvent à la limite de l’accrochage. Le bicho va à mas et semble se soumettre .Le torero va faire la série de trop  Comme dans la série des « Cinq dernières minutes », le Valdellan découvre la clé du mystère. Il charge systématiquement sur l’homme et est très difficile à fixer pour l’estocade. Le drame que l’on sentait venir, finit par subvenir. Le matador est pris lors de la première entrée à matar, il doit d’être encore en vie à un quite à cuerpo limpio  de Savalli,


Cesar Valencia est emporté à l’infirmerie où sera diagnostiqué un traumatisme au genou, à la jambe et dans le dos. Paulita tue le grand toro qi se verra gratifié d’une vuelta, une vraie celle là. La cuadrilla au complet (piqueros et peones) fait la vuelta, trophée en main
Le public ovationne le mayoral, Vic est aux anges
Valencia avait déjà reçu une oreille grâce à une excellente faena face à un bon toro.
Paulita a fait illusion à son premier qu’il tue très mal. Face au sobrero, il restera sur le pico et gâchera un novillo très noble

Medhi Savalli, hors de forme et démotivé, passera à côté de deux toros qui ne demandaient qu’à offrir leurs oreilles



Organisateurs, publics ont le sourire aux lèvres  , mais les plus heureux sont les organisateurs d’Orthez qui ont programmé ,pour leur journée taurine ,une novillada matinale et une corrida vespérale de Valdellan en Juillet



Arènes de Vic Fezensac, dimanche 24 Mai : 
3 ème  corrida de la Féria 2015
Et l’ennui s’installa sur les gradins

6 toros d’Escolar Gil (le premier invalide a été substitué par un exemplaire du même fer)
Fernando Robleño : silence, silence
Alberto Aguilar : silence, silence
Rafael Cerro : silence, silence 
9/10 ème d’arènes
Le soleil est parti et la grisaille revient dans le ciel et dans les arènes et pas que dans le pelage des toros.
La présentation des Escolar est vicoise, mais le moral est nîmois.

Le résumé de cette course va être simple : pas grand-chose, rien et même moins que rien.
Les deux premiers Escolar Gil plus proches des moruchos que des toros braves ne permettaient rien.
Les quatre derniers avaient t une morphologie d’Albaserrada mais un comportement de Garcigrande.
Rafael Cerro n’était pas un bon novillero, il n’est pas devenu un bon matador. Il est incapable de tirer une série potable à ses deux adversaires dont un au moins était un vrai bonbon.


Au quatrième Robleño a aligné des passes mais son « opposant’ ne transmettait aucune émotion donc la faena a tourné dans le vide.

Le cinquième était d’une noblesse naïve et débile  Aguilar va enchaîner des séries sur le voyage, sans se croiser .La faena pueblerina réveille un peu le public qui somnolait sur les gradins. A défaut de grives on se contente de merles. Comme d’habitude Aguilar tue mal et le public se rendort.


Je sais , l’effet est facile mais après une matinée inoubliable ,l’après-midi est elle oubliable.

dimanche 24 mai 2015

LA TÊTE HAUTE

d'Emmanuelle Bercot


Nous suivons avec grand intérêt le parcours judiciaire de Malony, un gamin dont le père est mort et la mère un peu perdue. De la première fois qu'il voit un juge à l'âge de 6 ans, jusqu'à ses 17 ans.

Un film formidable !
Si Catherine Deneuve est tout à sa place dans ce rôle de juge des enfants compréhensive et ferme, si Benoît Magimel est crédible en éducateur passé lui aussi par la case "délinquance ado", les deux qui crèvent l'écran sont le gamin et sa mère : Rod Paradot dont c'est le 1er rôle, et Sara Forestier qui n'en n'est pas à son coup d'essai, mais bluffe tout le monde en mère débordée, hystérique, pétée, paumée...

L'intérêt du film est aussi de nous montrer ce qui est fait pour la protection des mineurs, car on a rarement accès des procès concernant des mineurs (ils sont souvent à huis-clos) et les Centres Éducatifs Fermés, sont également fermés (comme leurs nom l'indique) au public.
Donc grand film et parfois documentaire.
A voir absolument

Le cartel de la novillada concours de Saint Perdon est paru

Arènes de Saint Perdon au Plumaçon
Dimanche 30 Août 
Novillada Concours de Ganaderias

Novillos de Partido de Resina et El Cubo 
pour Louis Husson

Novillos du Conde de Mayalde et de l'Astarac 
pour Joaquin Galdos

Novillos de Dolores Aguirre et El Anadio 
pour Juan de Castilla

Résumés des corridas de la Féria de Vic 2015

Arènes de Vic Fezensac, samedi 23 Mai : 1ère corrida de la Féria 2015

6 toros de Cebada Gago pour
Manuel Escribano : silence, silence
Manuel Perez Mota : silence, salut au tiers
Thomas Dufau : une oreille, silence
Vuelta au troisième exemplaire
Salut des banderilleros au cinquième et au sixième
¾ d’arènes
Météo automnale

Superbes de présentation (du poids et surtout de la tête), les toros du jour étaient pour certains complexes (2,5 et 6) et les toreros du jour n’avaient ni les compétences, ni l’envie de les lidier correctement, pour d’autres toréables (1 et 4)  mais pas toréés, voire très noble (3) et sous exploité.
Manuel Escribano a erré toute l’après-midi dans le ruedo vicois sans jamais réussir à lier plus de trois passes  Il passe à côté d’un quatrième qui offrait des possibilités à condition de s’investir dans la lidia. Il a en plus mal tué, sortant plus qu’il n’est entré à matar.


Perez Mota n’est pas un torero de corrida dure. Il a été complètement dépassé face à un premier toro compliqué. Visiblement paniqué, sans recours, il se fait dominer par le Cebada Gago et tue très mal (golletazo) et prend une pointe dans la cuisse en descabellant Au cinquième, il oublie systématiquement le troisième temps de la passe, s’envoie le bicho dessus et manque de prendre un coup de corne dans le coup. Il tue vite et mal d’une épée très caîda. Rien ne justifie le salut au tiers.


Thomas Dufau a hérité en troisième d’un très bon toro .Avec la complicité de la Présidence, il fait écourter le premier tiers alors que le Cebada ne demandait qu’à venir une troisième fois au cheval .On a eu le sentiment que le toro était brave sans pouvoir le vérifier.
Le toro est encasté et noble. Le landais va réaliser une faena droitière, sur le voyage  et sans se croiser. 

C’est joli,appliqué, cela plait au public (chauvinisme ?), mais c’est frustrant pour l’aficionado car les possibilités offertes par l’animal sont sous exploitées et la faena n’est pas à la hauteur des exigences d’une arène de 1ère catégorie. L’estocade est très en arrière mais rapide d’effet.
 Le mouchoir bleu est discutable sur ce qu’a montré le torero du toro sauf à l’accorder en fonction du potentiel non exprimé. Manquent une pique et des passes à gauche pour vraiment juger.

Rien d’intéressant au dernier, le toro peu dominé, se décompose rapidement.

samedi 23 mai 2015

JAUJA

de Lisandro Alonso


Patagonie, 1882, un poste perdu au bord du désert. Un Capitaine danois fait suivre partout sa fille qui met en émoi les soldats du contingent. Une nuit elle s'enfuit avec l'un d'eux. Son père part à sa recherche...

C'est beau, c'est beau, c'est beau. Des paysages, un Viggo Mortensen parfait.
Peu de musique, parfaite sortie pour un après-midi de pluie !
Plein de nominations pour des récompenses au Festival de Cannes 2014.

MADRID, la maison de Lope de Vega.

L'entrée traversante donne dans le jardin.

Jardin potager, d'agrément, avec des orangers
(symboles de l'exil à Valence de Lope de Vega) et des figuiers.

Le puits et les bancs d'époque.

San Isidro, très aimé des madrilènes, même à l'époque de Lope de Vega.

Son bureau et la bibliothèque, avec un portrait de lui.

Le coin des hommes, fauteuils de différentes hauteurs selon le rang,
brasero au milieu et livres car seuls les hommes ou les moniales savaient lire.

Coin des femmes, coussins, brasero,
miroir (le même que dans le tableau "les Ménines de Vélasquez)

La cuisine


La salle à manger

Posé sur un lit d'enfant, la ceinture d'amulettes qu'on leur mettait autour de la taille pour le protéger (catho mais superstitieux, à une époque où 4 enfants sur 5 mourraient en bas-âge.

Pour en savoir plus sur Lope de Vega, vous consulterez wikipédia, ou bien vous irez vous même visiter sa maison. Je vous conseille la visite en français avec Carmen, qui maîtrise notre langue comme vous et moi. Et en plus elle est très belle.