mardi 26 avril 2016

Après Samadet, Antoine Madier confirme au Bolsin de Bougue

les photos de cet article sont d'Olivier Viaud d'Aire sur Adour

Comme d’habitude le  Bolsin de Bougue s’est déroulé sur une journée et en deux temps. Le matin, dix jeunes novilleros sont évalués lors d’une tienta. L’après-midi, les trois meilleurs affrontent un eral, deux se départagent face à un second eral.
Grosse satisfaction, une année de plus côté bétail, grosse déception côté toreros, les novilleros sélectionnés pour cette compétition n’avait pour la plupart pas le niveau, ou la motivation, requis.
La Fragua, à Pontonx, a pour but d’offrir une opportunité à des débutants et l’édition 2016 a correspondu aux attentes des organisateurs. Le Bolsin permet au vainqueur de toréer quatre novilladas   dont trois dans des arènes de première catégorie (Dax, Mont de Marsan et Bayonne) et une à Plaisance du Gers, place forte de la non piquée dans le Sud Ouest. En théorie, il s’adresse donc à des novilleros confirmés.  Les organisateurs le reconnaîtront à l’issue de la journée. Il y a eu erreur de casting.  Seul ressort du lot Antoine Madier, le moins expérimenté,  qui a remporté sans véritable opposition l’épreuve.
Le choix des deux autres finalistes s’est fait par défaut pour David Salvador, élève de la toute puissante Ecole Taurine de Salamanca et pour faire le buzz pour la jeune torera Rocio Romero.  Le premier a ennuyé le public lors de la finale avant de fracasser à l’épée. La seconde n’a pas convaincu et est passé à côté du meilleur exemplaire du lot. Sincèrement J.A Romero et Christobal Reyès auraient plus été en capacité de concurrencer Antoine Madier.



Tienta de qualification du Bolsin de Bougue 2016.
Dix vaches de la Ganaderia du Camino de Santiago (propriétaire Jean Louis Darré), excellente la troisième, bien la neuvième  pour
Jean Baptiste Molas (ET du Puerto de Santa Maria), Fernando del Rocio (ET de Camas), Antoine Madier (CFT Nîmes)
Juan Antonio Romero (ET de Colmenar Viejo,) El Azabache (ET d’Arles), Christobal Reyes (ET Jerez de la Frontera)
Rafael de Lucas (ET d’Arles), Rocio Romero (Cordoue), David Salvador (ET de Salamanque), Clément Argous (ET Adour Aficion)
Piquero : Laurent Langlois
Cavalerie Bonijol
Sont qualifiés pour la novillada finale : David Salvador, Antoine Madier et Rocio Romero
Demi-arène

Côté bétail
Vache n°1 : petit format, elle est extrêmement faible. Brave, elle est à peine piquée et le cocktail noblesse + faiblesse lui donne un comportement soso.

Vache n°2 : très agressive à la cape et au cheval .Elle se défend plus qu’elle n’attaque .Elle est mansa. A la muleta, elle est sur la défensive et nécessite un toreo poderoso que seul Antoine Madier saura dispenser.

Vache n°3 : Très encasté, elle ira à mas lors des cinq rencontres au cheval. Noble, elle vient de loin et répète dans la muleta et  offre des possibilités pour le torero. Elle sera conservée par le ganadero.

Vache n°4 : Faible et mansa, ne permet pas grand-chose

Vache n°5 : Mansa, elle baisse vite de ton à la muleta

Vache n°6 : prend quatre piques en poussant et venant de loin à la dernière. Elle est noble mais manque de forces.

Vache n°7 : prend cinq bonnes piques, elle est noble mais faible.

Vache n°8 : mansa à la pique et noble à la muleta

Vache n°9 : brave en cinq rencontres, elle ira à mas à la muleta. Pour le ganadero c’est peut être

Vache 10 : ni brave, ni mansa pour elle c’est non

Cette tienta confirme les progrès réalisés par cette ganaderia, en particulier avec l’introduction d’un semental du Comte de Mayalde géniteur des meilleures vaches de la matinée.
Côté torero
Sont passés complètement à côté : JB Molas, El Azabache, Rafael de Lucas
Sont appliqués et  peuvent progresser, même s’ils n’ont pas encore le niveau: Fernando del Rocio, Rocio Romero et  Clément Argous
Sont au maximum de leurs possibilités ou  manquent de personnalité : David Salvador, Christobal Reyès
Motivé , ayant plus de recours que de style : Juan Antonio Romero
Antoine Madier a du style, une tauromachie différente et une envie de bien faire évidente ! C’est le meilleur des participants malgré qu’il soit le moins expérimenté.


Finale du 22ème Bolsin de Bougue :
5 erales de Rafael Cruz, encastés donnant du jeu et sous exploités par les toreros. Pour
Rocio Romero : silence
David Salvador : un avis et salut, deux avis et silence
Antoine Madier : salut, un avis et oreille
Vuelta au cinquième qui récompense plus le lot que le toro
Vuelta du ganadero après la mort du cinquième
Demi-arène
Antoine Madier est déclaré vainqueur et participera aux novilladas non piquées de Plaisance du Gers, Mont de Marsan, Dax et Bayonne


Comme souvent à Bougue, c’est l’éleveur qui recueille le plus d’applaudissements. Une fois de plus, les cinq erales sont sortis avec de la caste et de la noblesse tout en étant parfaitement toréables. Rocio Romero et David Salvador n’ont pas été à la hauteur des qualités du bétail.
Antoine Madier a alterné de très bons moments avec des erreurs de débutant. Il y a chez ce garçon du potentiel qui ne demande qu’à se développer. A Patrick Varin, son mentor de bien le conseiller. Il y a encore du chemin à parcourir, mais les wagons sont les bons rails.

Le premier novillo déborde de caste et de noblesse. Il part de loin, répète et pardonne aussi les erreurs. Rocio Romero est une bonne élève qui récite bien sa leçon. Mais elle ne pèse pas sur un toro qui va vite la déborder et même l’accrocher. La jeune fille tue mal et finira troisième du Bolsin.


David Salvador   toréé sans s’engager et de manière superficielle un eral qui lui mangera le terrain Tout est sur le pico et l’espagnol oublie de se croiser. 

Il tue très mal d’une entière plate suivie de trois pinchazos et d’une entière mal placée mais concluante. Il se qualifiera, parce qu’il en faut un pour la grande finale.

 Le garçon passera à côté du quatrième novillo, moins franc que les autres mais qui offrait des possibilités. Nouveau fracaso à l’épée, le toro tombe à la limite dépassée du troisième avis. .

Antoine Madier continue son apprentissage. Excellent à la cape il est en progrès à la muleta, son principal défaut est de trop mette la pression sur ses opposants. Son premier eral  est encasté. Il vient de loin, et répète. Le début de faena est bon.

 Les cites sont dans le bon sitio, la charge est bien conduite et il  y a un vrai côté artistique dans sa tauromachie. Le landais  réduit les distances et confond vitesse et précipitation. La fin de faena est brouillonne et la mise à mort un peu compliquée.

Face au dernier, le landais alterne le bon avec des séries données avec classe dans le bon rythme et d’autres perfectibles. L’estocade est bonne. Le Cruz  lutte avec bravoure avant de tomber. Antoine coupe la seule oreille de ce Bolsin et le remporte.



 On reverra avec plaisir les produits de Rafael Cruz  à Dax pour la finale des non-piquées.
On suivra avec intérêt les prochaines sorties d’Antoine Madier. Il sera à Castelnau, Plaisance, Mont de Marsan, Maurrin, Dax, Bayonne, Roquefort.

Les organisateurs ont reconnu s’être trompés dans le choix des compétiteurs. A eux de corriger le tir pour le 23ème Bolsin.

Prochains rendez vous dans le Sud Ouest à Parentis samedi pour le certamen, puis Aire pour la novillada traditionnelle du 1er Mai sans oublier vendredi la conférence à la Peña A Los Toros avec Laurent Larrieu.


Thierry Reboul

samedi 23 avril 2016

ADOPTE UN VEUF

François Desagnat


Déprimant dans son grand appartement parisien depuis le décès de son épouse, Hubert se laisse convaincre par sa boulangère pêchue de prendre une femme de ménage, une certaine Madame N'Guyen, qui malgré son nom, ne "fait pas du tout asiatique". Hubert arrache un bout de papier sur le tableau de liège qui en comporte plusieurs, et voilà que débarque dans sa vie Manuela, qui n'est ni asiatique, ni femme de ménage.
Elle va pourtant bien décaper !!!

Le ressort du quiproquo est de facture classique, celui du casting aussi, mais ça va vite, ça percute, on rit énormément (la scène du sèche-cheveux!!!), c'est plein de second-rôles qui apportent vraiment de la fraicheur (Pyjaman : Panayotis Pascot vu sur Canal+ ou Nicolas Marié qui ne comprend rien !)
Bref c'est bon de voir André Dussolier aussi bien entouré par la jeune génération : Bérangère Krief en tête, Julie Piaton, Arnaud Ducret, Vincent Desagnat (le frère du réalisateur), Blanche Gardin, Mathieu Madénian...

jeudi 21 avril 2016

MARIE ET LES NAUFRAGÉS

Sébastien Betbeder


Siméon, le héros du film, adore tomber amoureux. Et quand, troublé par les révélations d'un inconnu dans un bar, il trouve le portefeuille d'une fille qu'il lui semble connaitre, il l'appelle, mais tombe sur un type bizarre qui lui dit qu'elle est dangereuse. N'ayant pas grand chose à faire et rien à perdre, il décide d'attendre dans le bar d'en face qu'elle sorte de chez elle.

Un très bon film, original, vivant, où on croise des personnages étranges et ça fait du bien.
Le film d'amour aujourd'hui ce n'est plus chabadabada, mais il y a quand même des plages, et même une, convexe.

Les acteurs sont adorables, Pierre Rochefort a le sourire de son père, Vimala Pons étrange à souhait, Cantona bourru et perdu, Damien Chapelle trop bien dans le rôle du meilleur pote, Vim Villaert, Emmanuelle Riva,  André Wilms, tous extras!
A voir !!!

Les Roues Interdites, hommage aux norias syriennes et à leurs artisans

Jeudi 28 avril 2016 à 18h30 à la Villa Mirasol, 2 Bd Ferdinand de Candau à Mont-de-Marsan

Vernissage du livre

« Les Roues interdites, hommage aux norias syriennes et à leurs artisans »

Rencontre avec les auteurs Marion Coudert et Nicolas Camoisson,
animée par Anthony Clément de la Librairie Caractères

Les norias de Hama, grandes roues hydrauliques situées sur le fleuve Oronte en Syrie son uniques au monde. Totalement faites de bois, elles tournent grâce à la force du fleuve, élèvent et redistribuent l'eau . Leur fonctionnement même est un exemple pour l'écologie de demain.
Avant la révolution de 2011 en Syrie, les norias de Hama n'étaient déjà plus qu'au nombre de 21 contre 140 dans les années 60. Leur décli, prévisible, n'était pourtant pas irréversible. La situation catastrophique de la Syrie aujourd'hui laisse peu d'espoir quant au maintien de ce patrimoine unique. Depuis 2003, les auteurs ont travaillé sur les norias de Hama, leut architecture, leur histoire et le fonctionnement de la corporation des maîtres-artisans des norias. 

dimanche 17 avril 2016

Cartel officiel de la seconde corrida de Gamarde le 28 mai

Après le succès de la première édition ,les organisateurs de Gamarde organise une nouvelle corrida. L'aficion attend autant de spectateurs présents et de toros de plus de présence qu'en 2015.

mardi 12 avril 2016

Osons écrire : "Grandiose journée taurine à Garlin !"

 Photos de Romain Tastet


Il y a des jours où tout va bien quand on repart des arènes. Même la ridicule mamie anti avec son chien, pitoyable vestige d’une mobilisation dérisoire,  trônant sur un parking vous fait sourire. On oublie les kilomètres, les toros sans caste et les faenas copier-coller  des autres ou des prochains dimanches.
A Garlin, les aficionados viennent rechercher une tauromachie authentique avec des toros encastés et des toreros qui se jouent la vie. Après avoir découvert la vraie recette des vraies garbures, la bande à Philippe, Robert, Nouma et les autres ont découvert celle d’une journée taurine réussie.
Vous prenez 8 novillos de Pedraza de Yeltès, vous rajoutez quatre garçons non pas dans le vent, mais qui ont tout simplement du courage. Vous saupoudrez d’un zeste d’émotion et de passion et vous servez sous un grand soleil. Les aficionados, ne sont pas trompés, en venant en masse dans le Béarn. Plus de 1000 personnes, le matin, pour les deux toros de la Fiesta Campera et des arènes pleines l’après-midi, prouvent qu’il y a une vraie place dans le Sud-Ouest pour cette tauromachie « authentique »  que certaines régions ou même arènes près de chez nous négligent voire dénigrent parfois (n’est ce pas Monsieur Casas).
Le résultat artistique et l’enthousiasme qui régnait sur les gradins montrent aussi que cette tauromachie peut aussi  générer des fins de course « triomphales » sans être triomphalistes.



Arènes de Garlin Fiesta campera de l’opportunité
Deux novillos très toros, braves et encastés de Pedraza de Yeltès pour
Alberto Escudero silence
Diego Carretero salut en piste
5 « vraies » piques
Cavalerie Bonijol
Les deux arrastres ovationnées
Belle moitié d’arènes
Carretero qualifié par le vote du public, plus de 600 voix d’écart, pour intégrer la terna de l’après-midi

Depuis trois ans, la troisième place du cartel de l’après-midi est mise en « délibéré » entre deux novilleros. C’est le public qui désigne le vainqueur.
Cette année sont en compétition Alberto Escudero de Salamanque et Diego Carretero de la Mancha.
La formule de la Fiesta Campera permet, aux éleveurs, de faire toréer des animaux avec des défauts physiques. Les organisateurs garlinois se sont modestement excusés de ce que les deux novillos étaient bizcos. D’autres les auraient intégrés à leur sorteo sans se poser de questions tant les deux Pedraza de Yeltès, aux cornes près, étaient superbes de présentation. Puissants, très costauds, ils faisaient plus toros que novillos. Le second pesait  entre 550 et 600 kg sans une once de graisse et était, avec sa musculature et son morillo proéminant, une véritable estampe.


Le premier Pedraza met la tète avec franchise dans le capote d’Alberto Escudero. Au cheval il met les reins en poussant à deux reprises. Le piquero mayoral Curro Sanchez est applaudi. 

Marqué par l’effort, le Pedraza marque les pas. Mais il est encasté et costaud. Il se reprend vite et va à aller à mas Il est noble, part de loin et charge avec alegria. 

En début de faena le jeune torero de Salamanque en profite pour donner de bonnes séries à droite. Malheureusement le bicho a trop de caste pour un novillero inexpérimenté. Escudero ne profite pas de la ; charge du novillo, cite de trop près. Le novillo prend petit à petit le pouvoir en piste et châtie sévèrement le torero. Escudero fracasse à l’épée et perd toute chance de qualification. Ovation à l’arrastre,  la vuelta n’aurait pas été contestée par le public

Le second est ovationné à sa sortie. 

C’est un manso con casta. Manso car il réfléchit avant de s’employer dans la cape. 

Con casta car il prend trois piques en poussant et mettant en difficulté le groupe équestre. Diego Carretero sera la révélation de la journée. 

C’est un très bon muletero. Il arrive à prendre le dessus sur le Pedraza grâce à des muletazos très autoritaires mais donnés avec beaucoup de temple. 



Le Pedraza ne permet pas la faute, le novillero arrivera à s’imposer. Il tue d’un quasi entière au deuxième essai et se qualifie logiquement pour l’après-midi. Ovation à l’arrastre.


Arènes de Garlin Novillada de Printemps

6 novillos de Pedraza de Yeltès, bien présentés, braves, nobles et donnant beaucoup de jeu pour
Joaquin Galdos Moreno : un avis et silence, une oreille contestée
Diego Carretero : deux avis et silence ; un avis et vuelta
Luis David Adame : une oreille, deux oreilles
Carretero est passé à l’infirmerie après son premier toro pour une blessure à l’aine.
Cuadra Bonijol
Arrastres du quatrième et cinquième ovationnées
Vuelta au sixième
Vuelta du  ganadero avec Adame au sixième
Sortie en triomphe d’Adame et du mayoral Curro Sanchez.
Prix au meilleur piquero pour Oscar Bernal (cuadrilla d’Adame)
Prix au meilleur novillero Luis David Adame
Soleil dans le ciel et lleno sur les gradins.


Mis en appétit par la fiesta campera, le public prend place avec beaucoup « d’expectacion » sur les gradins. Et pour une fois, ce ne fut pas une novillada de « decepcion ». Superbement présentés, les Pedrazas ont fait preuve d’une grande bravoure au cheval, mettant à plusieurs reprises en danger piqueros et cuadra de caballos.  A la muleta, ils ont été nobles, voire noblissimes chargeant et rechargeant, buvant parfois le leurre. Nobles, mais pas naïfs, ils ne pardonnaient aucune approximation ou erreurs. Très exigeants, ils demandaient  des lidias précises et le visage exténué des toreros présents à la sortie des arènes en dit long sur la tension qui régnaient en piste. Luis Uranga et José Ignacio Sanchez avaient le sourire,  ils ont peut-être trouvé la Pierre Philosophale taurine qui transforme l’herbe du campo en ce toro complet que bien des ganaderos recherchent depuis longtemps. L’euphorie ne doit pas empêcher la lucidité, l’équilibre est fragile et le charme peut se rompre à tout moment. En attendant profitons de l’instant !
Petit bémol, parce qu’il en faut un, c’est l’absence d’une lidia appliquée des cuadrillas en particulier au premier tiers. Seuls, Rafael Cañada et Tomas Lopez ont fait des efforts pour mettre en suerte les novillos lors des deux premiers tiers.
La course a duré trois heures, mais personne ne s’est ennuyé. La course ira à mas pour finit avec trois grands novillos
Côté torero,   Galdos a été décevant, Carretero a confirmé la bonne impression laissée lors des qualifications matinales. Bien plus sérieux et concentré qu’à Mugron, Luis David Adame a su profiter de la noblesse suave du dernier pour réaliser une très bonne faena.

Le premier, le plus léger du lot, est mal mis en suerte au cheval. Il prend une première pique en poussant, puis un picotazo. Faible et soso, il ne présente pas de difficultés particulières.  

Depuis le début de la temporada, Galdos a la tête à Istres où il prendra l’alternative. Il assure le minimum syndical devant un novillo qui transmet peu d’émotion. Le toro se sent de plus en plus attiré par les planches et est difficile à fixer pour le tuer. Le péruvien pinche à deux reprises avant de mettre une entière basse.



Le quatrième, bien présenté.  impose sa loi au premier tercio.  Il nous refait le coup du dernier toro de Dax. Dès qu’il voit le cheval, il part de loin sur lui, la pousse et le renverse. Les cuadrillas ont beaucoup de mal à le canaliser, il souffle un vent de panique en piste. Le Pedraza n’a qu’une idée en tête, éliminer cet intrus qui vient de pénétrer dans son territoire. Il y a de l’émotion sur les gradins tant le danger est présent en piste. Luis Miguel Leiro, avec métier et efficacité, réussit à mettre deux bons puyazo ; le toro poussant en mettant les reins.  

 Le bicho charge avec alegria et noblesse, mais Galdos est très marginal. Rappelé à l’ordre par une partie du public, le péruvien s’investit un tout petit peu plus. Jamais la faena ne sera à la hauteur de la caste du Pedraza et est indigne du leader de l’escalafon des novilleros. 


La mise à mort est très « approximative » mais rapide d’effet. Une minorité du public obtiendra une oreille qu’une autre partie contestera à juste titre. Grande ovation à l’arrastre.

Le second, joli colorado, met bien la tête dès les premières passes de cape. Mal piqué, il s’emploie tout de même à deux reprises au cheval.   Carretero confirme qu’il est un bon muletero. Il réalise de bonnes séries templées surtout à droite. Mais il manque encore de métier.


Le toro qui a besoin d’être replacé à distance pour continuer à s’investir au bout de quatre passes. Par manque de métier, ou par trop grande envie de bien faire, le novillero impose des séries et une faena trop longues. Tout va à menos et le toro se décompose et accroche violemment le torero le blessant à l’aine. La mise à mort est laborieuse et Carretero flirte avec le troisième avis.
Le cinquième met lui aussi le bazar dans le ruedo à la première pique. Enfin placé, il prend une très belle seconde pique du picador mayoral Curro Sanchez. 

Rafael Cañada assure une excellente brega aux banderilles. Le toro est sérieux, encasté. Il fait l’avion à droite et est comme aimanté par la muleta sur cette corne. Diego Carretero , toujours aussi bon muletero,  l’embarque dans des  séries dominatrices à droite .


A gauche ,c’est plus compliqué   mais le novillero fait aller le Pedraza à mas. Confirmant , à la muleta, la très bonne impression laissée le matin , il tue malheureusement mal  et doit se contenter d’une vuelta très chaleureuse. L’arrastre est à juste titre ovationnée. S’il avait été meilleur à gauche, ce novillo pouvait prétendre à une vuelta, voire plus.


La troisième entre en piste boiteux. Maintenu en piste, le toro se reprend en début de faena. Peu piqué, il prend le dessus dans les premières passes sur Luis David Adame. 

Plus sérieux et plus appliqué qu’à Mugron, le mexicain  réalise une faena honorable tout en restant en dessous des possibilités du novillo qui lui va à mas Deux très bonnes séries à droite et à gauche précèdent quelques passes plus destinées au public.

 Après un pinchazo, l’estocade entière est très basse et en avant. Le toro tombe vite. Une oreille, légèrement contestée par une partie du public, est arrachée au président Olivier Martin
Le sixième est axiblanco, différent morphologiquement, avec une tête qui font penser qu’il s’agit du produit d’un semental d’encaste Contreras.  Très brave, mais avec une charge suave, il prend en poussant trois très bonnes piques avec  chute  du  groupe équestre  à la seconde.

 Oscar Bernal est très applaudi par le public. Le  peon Tomas Lopez excelle dans la brega lors de ce premier tercio.  Le toro est d’une noblesse très suave ; Adame en profite pour réaliser un exceptionnel quite par lopesinas données avec finesse et douceur. La mexicaine pose deux bonnes paires puis une « supérieure ». Le ton monte en piste et sur les gradins.   

Adame exploite avec beaucoup de sincérité et de classe la charge et de   fixité du Pedraza. Les séries templées des deux mains font se hérisser le poil sur les bras des aficionados présents. 


Toro et torero vont à mas et la fin de faena est à gusto. L’estocade est très basse mais aussi très rapide d’effet. Mouchoir bleu pour récompenser l’excellent utrero et Adame reçoit deux oreilles. Il invitera dans sa vuelta le ganadero Luis Uranga.



La sortie en triomphe du torero mexicain et du mayoral conclue une très grande journée de toros. Adame et Carretero sont deux jeunes toreros à suivre, les Pedrazas seront l’élevage à voir cette temporada.
Et nous reviendrons à Garlin, l’an prochain.

Thierry Reboul

lundi 11 avril 2016

CHALA, UNE ENFANCE CUBAINE

Ernesto Daranas


Chala est un jeune vivant à La Havane. Sa mère vit de prostitution et dépense l'argent qu'elle gagne dans la drogue et l'alcool. Elle ne sait même pas qui est le père de son fils. Chala se débrouille en élevant des chiens de combat et des pigeons sur le toit de la demeure délabrée. Une femme pourtant croit en lui : son institutrice. Elle s'occupe de lui, mais aussi de la première de la classe, Yuni, dont le père vient travailler clandestinement tous les jours à la capitale.

Un très beau film, témoin de la vie à Cuba, au milieu des bâtiments en ruine, des vieilles voitures qui roulent toujours... Bref Cuba !

samedi 9 avril 2016

Analyse des cartels de la Madeleine 2016





19 juillet : Concours landais (à 21h30)

20 juillet : 6 toros d'Alcurrucen pour El Juli, Alberto Lopez Simon et Andrés Roca Rey

21 juillet   : Novillada concours non piquée (à 11h)

21 juillet : 6 toros de Nuñez del Cuvillo pour Enrique Ponce, José-Maria Manzanares et Thomas Dufau 

22 juillet : 6 toros de Fuente Ymbro pour Diego Urdiales, Sebastien Castella et Ivan Fandiño

22 juillet : Corrida Portugaise (à 22h)

23 juillet : 6 toros de Cebada Gago pour Rafaelillo, Miguel Abellan et Pérez Mota

23 juillet : 6 novillos de Virgen Maria pour Pablo Aguado, JE Colombo et Andy Younes (à 22h)

 24 juillet : 6 toros de Miura pour Fernando Robleño, Manuel Escribano et Alberto Lamelas


Madame Darrieussecq nous a souhaité une Madeleine savoureuse !

Les cartels furent détaillés rapidement par Monsieur Guillaume François


Les cartels de la Madeleine 2016 sont maintenant officiels.  L’annonce de ceux de 2015 avait laissé présager une féria décevante et elle l’a été. Seules les corridas du vendredi et du samedi, dans des registres différents  avaient été à la hauteur d’une arène qui se veut de première catégorie.
Cette année, il y a du mieux avec la présence  de Sébastien Castella, Roca Rey  et Lopez Simon,   qui ont pris le leadership parmi les toreros en bousculant les « caciques installés ». Malgré la présence du Juli, nous avons évité les sempiternels Garcigrande et Victorinos del Rio décevants en 2015 (et pas qu’au Plumaçon).  
On peut regretter l’absence d’Adame, Garrido et Galdos qui auraient remplacé avantageusement un Manzanares, un Urdialès ou le Juli. Le premier  n’a rien montré l’an passé, le second est à contre-emploi face à des Fuente Ymbro. Et le dernier ne transmet plus beaucoup d’émotions, ses estocades sont toujours aussi minables. Espérons qu’il sorte de sa léthargie actuelle face aux jeunes loups qui l’accompagnent au cartel du 20.
Face aux Cebada Gago et aux Miura, les cartels manquent cruellement d’originalité. Seuls Rafaelillo et Lamelas peuvent aujourd’hui contribuer à la réussite de telles courses. La présence du meilleur lidiador  actuel Juan del Alamo, de vaillants comme Paco Ureña  ou Cesar Valencia aurait donné un véritable attrait à la partie torista des Fêtes de la Madeleine.
Côté toros, j’attends peu des  Nuñez del Cuvillo et des Fuente Ymbro. J’aurai préféré les Alcurrucen face à Urdialès, Castella et Fandino.
Côté torista, juste  répétition des Cebada Gago bons en 2015, et retour attendu des Miura  supérieurs en 2016, dommage que la Miurada soit en concurrence avec la journée, également torista d’Orthez.
Un effort a été fait sur la novillada,  6 novillos et présence de novilleros motivés et intéressants. Je suis plus septique sur son organisation en nocturne. L’éclairage artificiel fausse le comportement du bétail. Il va être compliqué pour les aficionados sortis des arènes à 20h30 d’y être à nouveau à 22h. Les spectateurs « occasionnels » risquent eux de préférer rester entre amis, la soirée du samedi étant généralement réservée à la « heste ».

Plus optimiste qu’en 2015, j’espère pouvoir rédiger des reseñas dithyrambiques au soir des corridas de ces Fêtes de la Madeleine.


 Comme l’an passé, vous retrouverez chaque soir (ou matin) un résumé de chaque course et le jeudi suivant une analyse « critique » de cette édition 2016.


Les costumes dessinés vont particulièrement bien aux affiches !

vendredi 8 avril 2016

ON CAUSE D'ART DANS L'AGGLO


A peine connu le look de l'affiche 2016 des fêtes de la Madeleine, qu'on pouvait regrouper trois sortes de réactions : ceux qui croient à une blague (le 1er avril est passé depuis 6 jours pourtant), ceux qui détestent et ceux qui adorent.
Je me classerai plutôt parmi ces derniers. C'est audacieux, ça coupe carrément avec tout ce qu'on a pu voir jusqu'alors, ça a l'air vintage, donc c'est moderne. Bref, la madeleine, je la goûte fort !
On aura beau expliquer le clin d’œil à Marcel Duchamps, cet iconoclaste qui mettait des moustaches à la Joconde et exposait des sanitaires comme de l'art moderne, tout le monde ne comprendra pas. Mais au fait, on a déjà eu des expositions de sanitaires devant la mairie, tout s'explique, tout se rejoint!
Le clin d’œil à René Magritte est plus évident, tout comme celui à Marcel Proust (et pas Alain Prost, ne pas confondre).
Et à tous ceux qui poussent des hauts cris : ceci n'est qu'une affiche, il y en aura une autre l'an prochain, et si tout comme celle-ci elle est sujette à parodies, c'est que c'est un succès !




A Saint Pierre du Mont, c'est le concours de peintres amateurs qui fait parler. La gagnante ayant produit non point un original, mais la copie d'une photographie de Robert Mapplethorpe (celle où on voit les visages d'un blanc et d'un noir qui regardent dans la même direction).

C'était pourtant clairement indiqué dans le règlement qu'on peut s'inspirer d'autres œuvres mais que la composition doit être originale. Le tableaux était magnifiquement exécuté, et légèrement coloré, là où la photo était en noir et blanc. Mais la composition n'était en rien une création, c'était une copie. Qu'un peintre s’entraîne en copiant d'autres œuvres, c'est une chose normale, mais de là à les présenter à un concours, fut il amateur, c'est un peu prendre les organisateurs pour des billes.

Attention je ne mets en cause ni l'organisation, ni le jury, uniquement la malhonnêteté de la participante.

Et quand Pascal Daudon, président du jury, l'a complimenté pour sa composition, la dame, elle n'a rien dit, elle a accepté les compliments comme s'ils étaient pour elle !!! Quel manque de vergogne, moi j'aurai eu tellement honte que je me serais dissoute sur le parquet du pôle culturel !

Mais peu après, on m'a dit d'aller voir son blog (merci J !) et j'ai découvert qu'elle avait illustré la remise des prix de ce fameux concours par des photos que j'ai prise à cet événement. Tout ça bien entendu sans me demander ni la permission, ni mon avis.
Comme quoi on peut savoir peindre, mais pour le savoir-vivre, on repassera.

La gagnante sera donc priée de remettre son prix, qui sera attribué au n°2, et le 3 passera second, etc... J'espère aussi qu'elle aura la gentillesse de ne plus remettre les pieds à St Pierre du Mont, quoique, on pourrait l'enduire de goudron et de plumes pour les fêtes, ça ferait une animation (je blague!!!)

L'art a donc encore de beaux jours devant lui, et il me tarde vraiment le "Mont de Marsan Sculptures 2016", qui devrait nous faire parler longuement des œuvres exposées, ça nous changera du rugby et des toros ! :)