vendredi 30 juin 2017

La Brède : les erales français bien meilleurs que les toros espagnols

La Gironde est un département taurin et possède les arènes les plus septentrionales de la Planète. Après Captieux, c’est La Brède qui prend le relais pour clore la temporada girondine 2017.
Photos de Thierry Reboul (non piquée) et Philippe Latour (corrida)


Arènes de la Brède, samedi 24 juillet 2017
Novillada non piquée des Fêtes de la Rosière

Deux erales d’Alma Serena (1 et 4) et deux de l’Espera, ganaderia qui faisait ses débuts « officiels », bien présentés et donnant du jeu pour
Dorian Canton : vuelta et salut au tiers
Yon Lamothe : une oreille après un avis, salut au tiers après deux avis
Vuelta du second eral (La Espera)
Un quart d’arène
A l’issue du paseo un hommage a été rendu au matador basque Ivan Fandiño
Chaque novillero a brindé son premier eral au torero décédé la semaine dernière à Aire sur Adour.

Le matin, c’est un regroupement de clubs taurins locaux qui organise la traditionnelle novillada non piqué. Comme d’habitude, les aficionados présents ont pu assister à une course intéressante et très entretenue.
Les quatre erales, deux d’Alma Serena et deux de La Espera, bien présentés ont donné du jeu et permis  à Dorian Canton et Yon Lamothe de parfaire leur apprentissage.
La ganaderia La Espera se présentait pour la première fois en public. Pour un coup d’essai ce fut un coup de maître. Le premier eral encasté et noble a été honoré d’une vuelta al ruedo. De la race et de la noblesse aussi chez le second Alma Serena qui est sorti en quatrième position.

Le premier novillo (Alma Serena) manque un peu de charge. Il a un fond de noblesse qui l’incite à charger et un fond de genio qui l’incite à se défendre.  Il est plus simple à gauche ce dont profite Dorian Canton pour lier des séries de naturelles avec un certain domnio. A droite c’est plus compliqué et le novillero se fait accrocher. Après une faena appliquée et adaptée au bicho, le béarnais tue de 2/3 de lame verticale et rapide d’effet. Légère pétition et vuelta pour le torero.


Le  second (La Espera), bien présenté, embiste dès les premiers capotazos. Il met en difficulté les banderilleros, accrochant même Rafael Cañada. Le bicho a de la caste et est exigeant.  Yon Lamothe utilise en début de faena sa longue charge et enchaine à droite de bons derechazos donnés avec une élégance certaine.  Il réduit ensuite les distances avant de prendre la main gauche. Sur ce côté le toro est plus exigeant  et met en évidence le manque d’expérience du landais  Retour à droite pour des passes plus dominatrices, avec professionnalisme Yon revient à deux reprises à gauche. Il finit par lier une bonne série sur cette corne en fin de faena.  Le final est un peu plus compliqué, la caste du novillo a fini par prendre le dessus sur l’expérience du torero. L’élève d’Adour Aficion coupe une oreille après une entière engagée.


Le troisième (La Espera) est lui aussi bien présenté. A la cape, il a tendance à s’arrêter et  à se retourner  vite. Aux banderilles, on retiendra une bonne paire de Manolo de Los Reyes. Après avoir brindé au public, Dorian Canton débute sa faena le long des planches.  Le toro s’améliore et les séries des deux mains mettent en évidence les qualités techniques de Dorian en particulier à droite.  L’eral baisse de ton en fin de faena, glisse vers les planches et accroche le novillero lors d’une série donnée dans ce terrain. Il reste au novillero béarnais à améliorer sa technique à l’épée. Il perd avec les aciers, l’oreille gagnée à la muleta et se contente de saluer au tiers.

Le dernier novillo (Alma Serena) est d’origine Algarra. Il est noble et va à mas dès les premières séries (une à droite puis deux à gauche) données avec autorité et élégance par Yon Lamothe  Le landais aura plus de mal par la suite à canaliser le novillo qui, pas assez dominé, finira par être attiré par les planche en fin de faena. Après deux dernières séries à droite plus sereines, le novillero éprouvera des difficultés  pour réaliser la suerte suprême. Il devra se contenter d’un salut au tiers.


Qui dit multitudes d’organisateurs, dit multitude de prix. Les deux novilleros se partagent les récompenses offertes par les différents clubs taurins girondins. Le prix du triomphateur, attribué par les clubs taurins organisateurs du Sud-Ouest, est attribué à Yon Lamothe.

On reverra un exemplaire de La Espera au non piqué de Castelnau Rivière Basse (1er juillet). Dorian et Yon, séparément ou por colleras, poursuivront leur apprentissage lors des prochaines non piquées organisées dans notre région


  
Arènes de La Brède, samedi 24 juin 2017
Corrida des Fêtes de la Rosière
6 toros (le quatrième comme sobrero) de Fuente Ymbro bien présentés mais manquant de fond et de race pour
Curro Diaz : silence, deux oreilles
Roman Collado : un avis et salut au tiers, un avis et silence
Tomas Campos : silence, deux oreilles
Dix piques, cavalerie Bonijol
A  l’issue du paseo une minute d’applaudissement en mémoire de Fandiño
7/10ème d’arènes
Ciel nuageux



Si les erales de la matinale ont donné du jeu et permis aux toreros  de s’exprimer, les Fuente Ymbro de l’après-midi ont déçu publics, toreros et peut-être le ganadero. Superbement  bien présentés, avec des armures sérieuses, ils ont manqué de race et pour certains de forces.  Face à eux les toreros ont fait ce qu’ils pouvaient et le nombre d’oreilles coupées reflète plus le besoin de triomphalisme de la présidence et d’une partie du public que l’intensité artistique des faenas.
Une tendance se confirme chez les picadors, aux ordres des maestros, c’est le « piquons peu mais piquons mal ».  A La Brède, ils avaient décidé d’œuvrer comme dans un pueblo espagnol où la monopique est de rigueur et le public peu intéressé à voir des tercios « à la vicoise ».

Le premier très bien armé est mal mis en suerte, prend un picotazo trasera. Le toro manque de force et de moral. Dès les premiers muletazos de Curro Diaz, il quitte la passe et se réfugie dans les tablas.  Le torero essaie en vain de l’en sortir, fait quelques passes dans les planches. Il tue d’un diazipié .Pour info, le diazipié est l’estocade basse (et cette fois ci très basse) dont use depuis quelque temps le torero de Linarès et qui lui permet d’avoir des morts   spectaculaires et suffisamment rapides pour qu’une partie du public ne voit pas le subterfuges.


Je découvrais Roman Collado. Comme Curro Diaz, il ne met pas son toro en suerte. Il lui fait administrer un picotazo trasera, pique souvent plus dévastatrice que trois puyazos au bon endroit. Mais comme le « vale » adressé au picador avec démagogie, permet de s’adresser les faveurs d’une certaine partie du public…………… Si la carrosserie   du Fuente Ymbro est belle, le moteur est poussif et sous dimensionné. Cette image permet de ne pas répéter, comme il faudrait le faire à chaque toro de cette course  que le bicho manque de forces et de race. Le Fuente Ymbro prend une bonne série à droite et y laisse le peu de moral qu’il avait. Il part vers les planches où le torero s’applique pour tirer quelques séries.  Le franco-espagnol salue après une mise à mort rapide.


Le castaño sorti en troisième est boiteux.  Il prend trois piques les deux premières trop fortes et carioquées.  Tomas Campos le brinde à la mémoire d’Ivan Fandiño. Comme ses congénères et pour les mêmes raisons, le toro quitte rapidement la passe, charge en marchant et part dans les tablas.  Dans ce terrain Tomas Campos lie une bonne série avant de se mettre en difficultés en se faisant enfermer par le toro dans le terrain des planches. Du coup il a du mal à cadrer et à tuer.

Le quatrième sort comme un bolide nous donnant quelques espoirs. Malheureusement il  se brise les vertèbres et doit être puntillé. En sobrero sort un toro de presque six ans qui a du trainé dans pas mal de corrales.  Naturellement il vient au pas dans les premières passes de cape de Curro Diaz. Il prend deux piques. Bien que mal mis en suerte et piqué il pousse à la première. Le Fuente Ymbro est noble et permet un peu plus que les trois précédents.
Curro Diaz a le vent en poupe et les contrats qui vont avec. Il a aussi une certaine intelligence et il sait donner l’impression de faire du Curro Diaz à minima. On sait qu’il toréé de profil mais qu’il le fait avec vrai sens artistique. A La Brède, à l’exception d’une série à droite superbe, il a beaucoup toréé de profil en agrémentant les passes d’attitudes plus commerciales qu’artistiques. On est très loin de ses faenas d’Azpeitia, Gamarde et même Vic. Le public se laisse avoir, ou ne veut  pas voir les défauts.  Nouveau Diazipié habile, très bas mais efficace .Malgré ce qui s’apparente à un bajonazo, le président brade deux trophées et signe un nouveau contrat pour Curro en terres girondines.


Le cinquième sera un quinto malo. Il pousse sous une monopique carioquée. Au troisième tiers, il a tous les défauts des trois premiers. Collado essaie d’animer la faena, de le tenir vers le centre puis finit par renoncer. La faena est terminée par des passes parallèles aux planches et conclue par cinq pinchazos et une entière en place.


Le dernier prend une pique dans l’épaule carioquée et un picotazo.  Tomas Campos  met du temps pour trouver le sitio face à un adversaire qui manque de classe mais ne pose pas de gros problème. En fin de faena, il trouve la clé et lie de très bonnes séries de naturelles en particulier celles données de face. Sur cette fin de trasteo, Tomas a laissé entrevoir quelques qualités intéressantes Comme l’estocade est rapide d’effet le protégé de l’AAJT coupe deux oreilles d’encouragement. On le reverra en juillet à Orthez et Tyrosse.


Et les antis !?Gros flop de la manifestation co-organisée avec le CRAC, une trentaine de pèlerins devant l’Eglise et huit djiahdistes dissidents qui ont tenté une approche de la placita avant d’être arrêtés par les forces de l’ordre.


Petit message aux organisateurs : « Il n’est pas nécessaire d’inviter les Fuente Ymbro   l’an prochain. »



Thierry Reboul 

jeudi 29 juin 2017

OH LA BARBE !


SATIRE DANS LA CAMPAGNE

Marc Large - Maxime Carsel






Marc Large et Maxime Carsel, les deux co-réalisateurs, ont présenté leur film au cinéma Grand-Club de Mont de Marsan, en présence de Daniel Prévost et d'un public nombreux.
Le film, dont le tournage n'a duré qu'un mois, nous entraine dans la campagne présidentielle, mais vue du coté des caricaturistes, des chansonniers, des acteurs dont le répertoire est satirique.
On retrouve Christophe Alevêque (grand moment!), Jacquie Berroyer, Gérard Dahan (qui s'est bien pris une veste aux législatives), Jean-Michel Delambre, Loïc Faujour, Nicole Ferroni (celle qui parle avec les mains à la radio), Gab, quelques personnages du Groland, Yvan Le Bolloc'h, Étienne Liebig, Lindingre, Frank Margerin, X.Mathieu, Guillaume Meurice, Didier Porte, Daniel Prévost, François Ruffin et son César qu'il trimballe sur les terrain de foot, Tignous et Chloé, Wampas, Zazon, Zebda.

Collant des affiches pour le troisième tour, le plus important, pour la campagne Grolandaise, Marc et quelques amis en profitent pour faire parler les gens dans la rue, ou leurs amis caricaturistes, dessinateurs, éditorialistes, amuseurs, chanteurs.
Le montage est serré, on ne s'ennuie pas une seconde tellement c'est fourni en arguments. Les protagonistes s'enchainent, les rues de Paris, les dessins pleuvent, mais heureusement, à la fin, c'est toujours Christophe Salengro qui gagne!



Après le film, Marc Large, Maxime Carsel et surtout Daniel Prévost ont raconté la genèse du film.
Canal+ a vu le film, mais a redemandé à le voir en septembre, car comme il traite d'une actualité, il pourrait se démoder très vite. Peut-être.
Moi je crois au contraire qu'il pourrait rester comme un témoignage de cette campagne, un peu comme Depardon filmant celle de Giscard en 74.




Après le pot de l'amitié, Marc et Maxime ont dédicacé les jaquettes de DVD !
Si le film est programmé chez vous, allez-y, au besoin demandez à votre cinéma préféré qu'il invite Marc Large et Maxime Carsel pour une présentation personnalisée!

Banzaï !

dimanche 25 juin 2017

K.O

Fabrice Gobert

Antoine Leconte est un être dominateur et assez méprisant. Il se réveille à l'hôpital, et il apprend qu'il a eu une crise cardiaque, là où il pense qu'on lui a tiré dessus au pistolet. Son code de porte a changé, tout comme son adresse ou son métier. Cauchemar, complot, Antoine est perdu.

Un très bon film à suspense ! Laurent Lafitte est parfait dans ce type arrogant qui perd pied, tout comme son pote Boris (Pio Marmai, trop bien). Chiara Mastroianni aussi est parfaite, ainsi que les nombreux autres rôles féminins.
Un excellent après-midi au frais, salle climatisé. Il fait chaud : allez au ciné, il pleut : allez au ciné, il fait froid : allez au ciné!

dimanche 18 juin 2017

IVAN FANDIÑO EST MORT

"Fandiño, la dernière oreille" photo de Romain Tastet.


"Dépêchez-vous, je sens que je pars » Ainsi Ivan Fandiño agonise sur le sable. Ce qu'il confie à son compagnon de cartel Thomas Dufau est la sensation d'abandon. Son corps échappe au maestro basque, la vie lui échappe. Et la scène des toreros le portant à l'infirmerie ressemble à une « piéta » d'or et de sang. Jarocho, ne peut y croire, lui qui, vêtu d'argent, le salaire de la peur, avait déjà transporté le vêtement inhabité d'un compagnon inanimé. Il avait porté il y a moins d'un an le corps de Victor Barrio mort. La scène se répète avec une cruauté insupportable. Et les chaînes en or et les vierges, les prières dans la chapelle ne servent à rien. Dieu ne peut pas s'apitoyer sur le sacrifié. C'est la règne de l'eucharistie. Pourtant Fandiño ressuscitera. Non pas pour profiter de sa famille, mais en statue de bronze dans une rue de Bilbao, dans une avenue d'Orduña, en héros dont le mystère chorégraphique est pareil au cruel mythe gréco-latin : le taureau doit mourir, le héros peut mourir. Et Fandiño le savait.


De toute façon ce n'est pas son corps, cousu et recousu de coups de cornes. Ni la chambre d'hôtel éclairée par une lampe à huile. Peu importe de croire ou pas en Dieu. Il importe de savoir, apprendre jusqu'où on atteint le prix du sang. Qu'il n'y a ni petite arène ni taureau miséricordieux. Fandiño est mort au bord de l'Adour. Que signifie ce destin dans son étymologie primitive ? Et qui revêt de fatalité la trajectoire d'un torero obscur, obstiné, endurci dans la difficulté,
Parce que les toreros ne naissent pas à Orduña. Et ne débutent pas à Llodio. Les toreros basques officient dans « La Traviata » de Verdi, mais sont exotiques dans le tempérament méditerranéen. Ivan Fandiño n'avait pas un nom de torero, mais torero il fut. Pas plus des vaillants que des martyres, mais de ceux qui ont compris l'engagement, la volonté à plein temps et la vocation sacerdotale. Tout cela est défini dans un concept japonais, bushido, la voie du guerrier,
Combien d'heures de solitude dans le campo. Combien de faenas de salon. Combien de blessures. Combien de patience dans les placitas des élevages. Et combien de raisons de croire en soi-même. 
Ils ne vont pas respecter sur Twitter ni le chagrin, ni son cadavre, car les mouches volent encore autour de la mémoire de Victor Barrio, épurant la gangrène, mais les derniers messages qu'écrivit Fandiño ressemblent à une prémonition.

Le dernier d'entre eux est un crêpe noir dédiée à la mémoire d'Adrian, un gamin que le cancer dévora, et que les toreros avaient adopté comme un symbole de résistance : « RIP, Adrian. Les personnes passent, les faits restent, et ta force est un exemple » Cela pourrait être son propre épitaphe, mais cela vaut aussi pour d'autres messages écrits avant cet hommage.
« Personne ne trouve son chemin sans s'être perdu plusieurs fois »
« Quelque fois il n'y a pas de prochaine fois ou de seconde occasion . Quelque fois c'est maintenant ou jamais. »

Aucun torero ne veut mourir, mais tous les toreros sont disposés à le faire dans une arène. Et davantage jeunes que décrépits. Et pas pour ressusciter en statue de bronze ni en litanie de conteur de mauvais augure, mais pour donner un dernier sens familier, vous voyez, de jouer sa vie. Tout sur le noir. Tout.



Traduction libre d'isa du moun, texte original ici.


vendredi 16 juin 2017

Captieux , les novillos , très faibles, gâchent la fête

Arènes de Captieux, dimanche 11 juin
novillada de la Féria Rugby et Toros
photos Nicolas Couffignal et Matthieu Saubion

6 novillos de Luc et Marc Jalabert de faibles à très faibles
Pablo Aguado : un avis et silence, silence
Diego Carretero : silence, silence
Andy Younès : une oreille, deux oreilles
6 piques avec une chute
Cavalerie Bonijol
Prix à la meilleure estocade : Andy Younès
Prix à la meilleure pique : Tomas Copete « Tomasete »
Président : Miguel Telleria
8 à 9/10 ème d’arène  (moins de fréquentation que les années précédentes)
Météo de juillet andalou qui a retenu certains spectateurs auprès de leur climatisation.



Juin est le mois des toros en Gironde. La temporada commence dans ce département avec une novillada à Captieux, puis se termine par une non-piquée et une corrida, quinze jours plus tard, à La Brède. 
Cette année , la novillada capsylvaine ne restera pas dans les mémoires. La faute à un lot de novillos des Frères Jalabert faiblissime. D’un trapio conforme à la catégorie de la placita, ils n’ont pas eu les moyens physiques nécessaires pour permettre aux toreros d’exploiter le fond de noblesse de ces utreros.
Bien entendu , ils ont été mal piqués mais ils n’ont pris chacun qu’une seule pique. Ces premiers tercios n’ont fait qu’accentuer le manque de moyens physiques des bichos ;

L’attente des novillos , en pleine chaleur, dans le camion peut expliquer en partie le manque de force , mais elle n’explique les trains arrières «raides » de certains et en particulier du quatrième. Handicap qui n’est pas sans rappeler celui des Yonnet sortis à Mimizan, l’an passé.
Face à de tels adversaires, il n’est pas question de faena, de lidia et d’émotion « transmise » par un toréo profond. Il faut créer par une tauromachie sur un petit terrain, des « effets » de muleta. L’intérêt du combat entre l’homme et l’animal ou la beauté artistique d’une série de passes ne peut exister faute d’opposant.
Des trois novilleros, seul Andy Younès a su se mettre sur ce registre. Ses deux faenas sont marginales, plus trémendistes que toreras mais elles ont porté sur un  public venu essentiellement pour voir couper des oreilles. Comme l’arlésien tue très mal et vite  au premier et plus sincèrement au second., il coupe trois trophées dont deux très généreux comme souvent à Captieux.
Sous les yeux de sa  Peña  française , le sévillan Pablo Aguado ouvre les débats. Le premier Jalabert , plutôt léger, humilie bien mais montre des signes de faiblesse dès les premiers capotazos.  A la muleta, le bicho est noble. Aguado veut lui servir sa tauromachie en le toréant vers le bas. Le bicho tombe. Le reste de la faena à  mi hauteur comprend quelques jolis passages mais manque forcément d’émotion.  Pablo conclut mal à l’épée une faena trop longue.

Le quatrième est boiteux et handicapé du train arrière. Il ne permet pas de lier la moindre série de passes. Aguado abrège d’une demi en place et deux descabellos.

Diego Carretero se remet juste d’une blessure. C’est un torero qui a besoin pour s’exprimer d’un adversaire encasté , comme, en 2016, les Pedraza de Garlin et Saint Perdon.
Le second Jalabert , faible , laisse son peu de forces au cheval.  Il a une charge courte, s’appuie sur le torero qu’il finit par accrocher. D’une faena décousue , on retiendra trois naturelles. La mise à mort est à oublier.

Le cinquième manque de force mais arrive à suivre la muleta au troisième tiers. Soso, il ne transmet pas d’émotion. Carretero fait  l’effort de se centrer pour une bonne série de chaque main sans faire vibrer le public. Même son estocade engagée ne réveille pas le conclave.  La grande maladresse du puntillero agacera, elle,  le public qui sifflera même le torero à son retour au burladero.


Andy Younès  ne touchera pas un meilleur lot que ses collègues mais il réussira à porter sur le public. Son  premier, mal piqué, arrive à la muleta avec une charge « réduite ».
Sans se croiser, l’arlésien commence sa faena de façon classique mais brouillonne. Il la termine par une tauromachie plus encimiste qui lui permet de connecter avec le public. Il coupe une oreille malgré un vilain julipié très rapide d’effet qui parait convenable à un public peu exigeant si ce n’est sur « l’efficacité » de l’estocade.

Le dernier a un peu plus d’allant que les cinq premiers. Il est noble. Après un début de faena à la Castella , Younès commence par toréer le public. Il finit par revenir à une tauromachie plus sincère, en fin de faena et enchaine alors deux séries excellentes de derechazos et naturelles, histoire que les aficionados ne partent pas trop frustrés. L’estocade est cette fois-ci sincère et engagée mais plus longue à faire effet que la première. Le président accorde deux oreilles, « histoire de faire comme si » la course avait été brillante et entretenue. Il n’aurait plus manqué que le mayoral salue.


Ainsi se termine une novillada à oublier en attendant l’édition 2018 de la Féria Rugby et Toros.
Ce weekend, cartel à ne pas manquer à Aire avec les Baltasar Iban, dont certains sont colorados et très costauds (Aldanueva ???) et Juan del Alamo un des triomphateurs de la San Isidro.


Thierry Reboul 

mercredi 14 juin 2017

PRÉSENTATION DE LA SAISON CULTURELLE 17/18



 C'est dans le Pôle Culturel plein comme un œuf que la présentation a commencé après le traditionnel quart d'heure landais. Qui a eu l'idée de nous projeter un petit film sur la saison passée, avec des morceaux d'un peu tout, des interview et surtout de la musique casse-bonbons? Le son était abominable, comme s'il s'amusait à rebondir sur les parois de la grande salle du Pôle. Bref j'aurai voulu être ailleurs.
Geneviève Darrieussecq a fait le discours d'ouverture (avec un bon son!). L'a suivi un homme se présentant comme envoyé par la Ministre de la Culture, Jean-Pierre Bescherelle. Il a commencé par féliciter Madame Darrieussecq comme "l'une des rares femmes ayant réussi à garder le pouvoir local". Quand la Ministre de la Culture, Françoise Nissen lui a demandé comme service d'aller en province, il a sauté sur l'occasion. C'était son premier discours! (applaudissements). En venant il n'a doublé que trois camions et deux voitures, ça l'a changé de Paris. Il a aussi remarqué que nous avions une passion pour le maïs, et aussi pour les canards, même s'ils sont victime d'une grippe passagère.  Il a félicité "Antonin Bariel" de réussir à faire de la culture au milieu de l'agriculture, et d'autres choses que je n'ai pas noté.
Vous aurez compris qu'il s'agissait d'un acteur, et son numéro était le meilleur de la soirée!
Entrecoupées de sketches plus ou moins réussis, la présentation avec les vidéos était toujours aussi catastrophique au niveau du son, et les présentations avec les artistes présents étaient longuettes.
La musique de "Happy" m'a tout d'un coup réveillé, des hurluberlus ayant l'idée de faire danser le public, comme s'il ne faisait pas assez chaud!
Le final avec Michaël Hirsch qui jouait sur les mots était assez fabuleux : "Pourquoi" au Péglé le 17 octobre.
La programmation en elle-même est assez équilibrée entre théâtre, conte, cirque, danse, opéra, concerts et inclassables.
Par contre je pense que tous les chanteurs français sont morts : il n'y en a pas un seul! On se consolera avec Luz Casal ("piensa en mi" dans le film d'Almodovar "talons aiguilles") ou l'artiste maya Sara Curruchich.
N'oubliez pas de cocher vos fiches et de les ramener au plus vite pour les réservations, s'il y a des choses que vous avez envie de voir, vous savez que le Molière ou le Péglé se remplissent très vite!

toute la programmation ici






 Delphine Salembier a présenté le festival de jazz, consacré cette année à la batterie.
Elle a également annoncé le fameux groupe "Gaspacho Maroc"

 Antoine Gariel en psy c'était excellent!
 on a même eu un cheval sur scène...
 Michaël Hirsch, à voir!

CE QUI NOUS LIE

Cédric Klapisch

Jean a quitté la Bourgogne pour fuir son père. Il revient alors que ce dernier est mourant. Il retrouve sa sœur et son petit frère. Celui-ci, mis à cran par des beaux-parents omniprésents, lui reproche de n'être pas venu lors de la mort de leur mère. Puis des histoires d'héritages, de partages, de frais de successions vont intervenir, obligeant les jeunes adultes à faire face à des problèmes auquel ils n'avaient jamais songé.

Un très beau film, des acteurs épatants, on passe vraiment un très bon moment dans leur domaine viticole. A voir!

dimanche 11 juin 2017

L’HÉROÏNE DES LÉGISLATIVES


WONDER WOMAN

Patty Jenkins

L'histoire commence sur l'ile des amazones, abritée du monde par Zeus. La petite Diana ne pense qu'à combattre, à apprendre à se battre. Sa mère la reine fini par accepter, car un jour Arès, dieu de la guerre doit revenir.
Surgit alors un avion poursuivi par un bateau, rempli d'hommes.
Le rescapé leur raconte la guerre qui sévit en Europe, et Diana décide d'y aller, sentant qu'Arès pourrait être derrière tout ça.

On ne s'ennuie pas une seule seconde! L'équipe qu'elle forme avec le Capitaine Trevor fonctionne parfaitement, ainsi que les amis recrutés en route: le grand Indien sans terre, le marocain et son fez (un acteur français qui cartonne à Hollywood, olé Saïd Taghmaoui) et le snipper alcoolique.
La chimiste (dont j'ai cru naïvement qu'elle pouvait être Arès) n'est autre que la belle Elena Anaya qui jouait les cobaye dans le film d'Almodovar le plus dérangeant "le piel qui habito".
Bref casting international, humour, féminisme, combats et scènes au ralenti (bof). Les scènes intimistes, de vie, sont beaucoup plus réussies que le la bataille finale, un poil longuette et ridicule. On le sait qu'elle va gagner!
Mais surtout l'actrice Gal Gadot incarne parfaitement Wonder Woman, nous faisant oublier Lynda Carter, ce qui n'était pas gagné d'avance!!!

samedi 10 juin 2017

JOURNÉE MONDIALE DU TRICOT

au Parc Jean Rameau

Le tricot est à la mode. Ou plutôt est revenu à la mode. Loin des pulls-maisons qui ont habillés l'enfance de ceux nés entre les années 60 et les années 70, où la laine était récupérée puis retricotée pour un pull pour le petit frère... Bref ce cauchemar est fini, maintenant on tricote fun, plaisir.
Preuve en est : à Paris ou dans les magazines on trouve des kits pour faire son bonnet ou son écharpe.
Parfois le tricot arrive au collège, si le principal est d'accord, s'il y a de bonnes âmes pour gérer le cours. Et le miracle a lieu : les élèves ont fait des housses de portable avec toutes les couleurs des drapeaux européens, et le seul garçon de la classe, qui avait hérité d'aiguilles circulaires s'était fait un snood* qu'il a porté tout l'hiver. L'école est utile, la preuve. Le tricot aussi.
Les mamies tricotent, elles n'ont pas attendu que ce soit la mode. Dans les Ehpad on tricote, et parfois avec tous ces bouts de laine on habille le mobilier urbain : c'est le yarn-bombing*. C'est drôle, c'est coloré, ça fait parler, et du coup les mamies se sentent (un peu) moins isolées et inutiles que le reste de l'année.
Bref le tricot c'est facile, cela nécessite moins de matos que la couture, tout le monde peut pratiquer (j'en ai vu aux arènes, qui tricotaient dans les gradins), donc lancez vous!









* avez vous remarqué qu'une pratique ou un objet désuet devient à la mode dès qu'on le rebaptise e, anglo-saxon? Par exemple je pensais être une faignasse qui ne ramassait jamais l'herbe tondue. En fait il s'agit d'une pratique écologique appelée "mulching".
Un snood c'est une écharpe-tube.

Quelques modestes réflexions sur une bonne Féria Vicoise

photos de Matthieu Saubion et Nicolas Couffignal

Il est un nouveau dicton qui courait sur les lèvres des aficionados présents à Vic : « Féria pluvieuse, Féria heureuse ». Il est vrai que le dress-code dans la cité gersoise était poncho et parapluie.
Contrairement au vin pour lequel vendanger sous les ondées ne produit pas un grand cru, cette édition 2017 est à classer parmi les bons millésimes.
La fréquentation des arènes, compte tenu de la météo, est plus qu’honorable. Il y avait deux fois plus de monde, lundi à Vic que sur les gradins de l’amphithéâtre nîmois.
C’est bien la preuve que la féria gersoise est une féria d’aficionados et probablement qu’elle a une forte implantation locale avec un public qui n’a pas besoin de quitter la ville de bonne heure le dernier jour.
Autre caractéristique vicoise, la présentation des toros a été une fois de plus « irréprochable » avec du trapio et du bois sur la tête. Au plan moral, il n’y a pas eu de mansos qui mettent la panique en piste, mais un ensemble de bichos sérieux qui se sont investis dans les trois tiers, et qui nous ont permis de vivre des corridas entretenues.

Aucun toro n’a fléchi, peu ont ouvert la bouche au troisième tiers malgré une moyenne de plus de trois piques par animal.
Un jeune aficionado espagnol assis quelques rangs devant moi, n’arrêtait pas dire qu’il voulait les mêmes tercios de piques Outre-Pyrénées.  Certes, il y a eu chez certains piqueros un peu trop de scénarisation, une supposée maladresse chez d’autres au moment de poser les palos. Mais globalement nous avons pu mesurer la bravoure (ou l’absence de …) de chacun des bravos sortis en piste  tout en préservant leurs possibilités au troisième tiers ce qui permet d’évaluer en toute connaissance de cause les toreros qui leur étaient opposés. Les piqueros ont été applaudis à la sortie en piste parfois de façon exagérée mais souvent parce qu’ils le méritaient.
La déception ganadera est venue du lot de Palha. Très hétérogènes, voire hétéroclites de présentation, ils ont constitué un lot de toros ordinaires loin de ce que l’on attend à Vic et du souvenir que j’ai gardé des toros portugais « d’antan ».
Autre frustration, mais parce que la novillada a été arrêtée après le  second et que nous n’avons pas pu voir le lot de Raso de Portillo dans sa totalité. Après un premier brave et noble  mais qui a baissé de ton, est entré en piste un utrero superbe de présentation, excellent dans les trois tiers. Dommage qu’il soit sorti sous la pluie, dans un ruedo quasi impraticable et face à un Miguel Pacheco, très courageux, appliqué mais limité. Mais y a-t-il aujourd’hui un novillero capable (et qui accepte)  de se mettre devant et d’être au niveau d’un tel « señor toro ».

Très intéressant le lot de Dolorès Aguirre, avec des toros sérieux au cheval, nobles et qui offraient des possibilités. Les « Aguirristes » puristes étaient déçus car pour eux le lot manquait de piquant. Peut-être, mais ils ont quand même été très exigeants face à des toreros qui à part Octavio Chacon n’ont pas été en capacité d’exploiter leurs possibilités. On retiendra du lot l’excellent second qui a fait la vuelta, le cinquième très bon à droite et le troisième, le meilleur du lot qui en vrai Atanasio est allé à mas.

Très intéressant aussi le lot d’Alcurrucen. Très bien présenté, dans le type de l’encaste, ils se sont comportés en vrais Nuñez. Froids à leur entrée en piste, s’allumant et se défendant au cheval, ils sont mansos con casta et obligent les toreros à une lidia rigoureuse et appliquée. Ce type de toros donne toujours des peleas intéressantes quand ils rencontrent des toreros qui prennent des risques et adaptent la lidia à leur comportement.  Cela a été le cas avec Juan Bautista et Manolo Vanegas, ce lundi à Vic d’où une corrida entretenue et qui a très bien conclu le cycle vicois.

On va à Vic pour voir des toros et en particulier le matin de la Concours qui a fait la meilleure entrée du weekend.
On retiendra de cette corrida la présentation irréprochable du bétail.  Le prix a été accordé au toro de Los Maños sorti en sixième position. Ce bicho a été excellent aux piques, partant de loin, poussant, mettant de l’émotion dans le ruedo. Malheureusement il est tombé sur un Michelito  complètement incapable de lidier. Le toro n’a pas été vu à la muleta et il est vraiment difficile de savoir s’il était digne de remporter une corrida concours. 



Il s’agit là d’un vainqueur par supposition ou hypothèse.  Moins spectaculaire au premier tiers que le Santa Coloma, le toro de Miura pouvait prétendre au titre par sa bravoure, sa présence et son  sérieux au troisième tiers.  Il a fini par mettre en difficulté un Lopez Chaves pour volontaire et expérimenté.

 Pour les autres, pas grand-chose à dire, si ce n’est que le Valverde est sorti décasté, le Cuadri sans race  et ce n’est pas un torero inexpérimenté comme Michelito qui pouvait  corriger ses défauts. L’Oliveira Irmaos a eu un  premier tiers de manso, intéressant parce que Lopez Chaves s’est employé à le placer dans des conditions où il chargeait le cheval, puis la mansedumbre du portugais a pris le dessus et il n’y avait rien à en tirer.
Le Valdellan, dans une corrida normale aurait tiré son épingle du jeu. Mais ce type de toro bravito, noble sans grande personnalité ne peut soutenir la comparaison avec des toros encastés comme le Miura et le Los Maños.  

Chez les toreros, le triomphateur est Emilio de Justo. 

Face aux toros de Palha, il a construit deux faenas à la fois sincères et élégantes.  Comme à Aignan, il a conclu sa première faena d’une estocade « d’anthologie ». Ce torero est en train de confirmer les espoirs mis en lui par l’Aficion française après les corridas d’Orthez et Mont de Marsan en 2016 .


Autre confirmation, celle de la maturité torera atteinte par Juan Bautista. A lendemain de son solo à Nîmes, l’arlésien, face à la sérieuse corrida d’Alcurrucen, a réalisé une première faena très technique et, c’est nouveau chez lui, qui transmettait de l’émotion. Il a perdu la seconde oreille à son premier en pinchant une estocade à recibir.

La révélation de cette féria a été Manolo Vanegas. Pour la première corrida de sa carrière, face à deux mansos con casta des frères Lozano, il a fait montre à la fois de courage et d’une maîtrise technique. Le garçon a beaucoup de recours acquis en acceptant de toréer comme novillero toutes les encastes. Certains apoderados qui surprotègent leurs poulains, devraient en prendre de la graine.

Octavio Chacon  a séduit par son courage et son efficacité face aux Dolorès Aguirre. Il mérite, par son sens de la lidia,  de s’imposer comme l’élément de base des corridas sérieuses.

Autre lidiador, Domingo Lopez Chaves a été le chef de lidia idéal de la corrida concours.
Alberto Lamelas a mal conclu une faena intéressante face à un bon Dolorès. Face au second, il avait déjà la tête à Madrid;
On retiendra de Curro  Diaz, une très belle estocade et quelques détails à son premier Alcurrucen. Pour le reste, il a assuré le minimum syndical.
Pour les autres, ils sont passés sans peine, ni gloire si ce n’est celle d’avoir accepté de venir toréer les toros de Vic. Et cela est plus qu’honorable et respectable.
Le cas Michelito alimentera les conversations au coin du feu dans les « chaumières » vicoises cet hiver. Les organisateurs ont fait un cadeau empoisonné à l’ainé des Lagravère en l’intégrant au cartel de la Concours. Il a gâché le toro de Los Maños et s’est grillé auprès des autres organisateurs du Sud-Ouest. L’amitié et la  solidarité entre amis de plus de trente ans sont une chose respectable et admirable, mais espérons que ces deux vertus n’aient pas cassé le rêve d’un gamin de vingt ans.

Comme à Madrid  et à Nîmes, les présidences des corridas, en particulier celle de la novillada et de la Concours ont été contestées. Le public leur a reproché de ne pas avoir accordé l’oreille qu’il sollicitait pour Pacheco et Lopez Chaves.

.   La contestation « footballistique » et systématique de l’autorité gagne malheureusement les gradins des arènes. De plus dans les deux cas, les pétitions n’étaient pas majoritaires au sens taurin du terme. Les vrais coupables de la situation sont ces présidents qui accordent, souvent sous la pression des Peñas des toreros, des oreilles parce que dix personnes braillent sur les tendidos.  Vic est une arène de première catégorie et se doit d’appliquer le règlement du tercio de piques jusqu’à la remise des trophées. La première oreille est celle du public. Mais elle se réclame en agitant un mouchoir blanc comme l’a rappellé aux vicois, avec humour et pédagogie,  Joaquin Camacho, le président de la corrida de Lundi.

Autre coupable de cet état  de fait, El Juli qui en truquant toutes ses estocades a fait qu’aujourd’hui au lieu de la position de l’épée, et la sincérité de l’engagement, ce qui compte c’est la vitesse avec laquelle le toro tombe.  On récompense systématiquement des bajonazos rapides d’effet. L’estocade de Lopez Chaves était  trop basse et dans une arène comme Vic devait le priver en toute logique d’un trophée.  Le vrai problème n’est pas que le président ait refusé l’oreille mais que le public l’ait demandé.

Pour celle refusée à Pacheco, samedi, je l’aurai accordée  compte tenu du contexte, qualité du toro et état de la piste. Le torero a été en dessous de l’excellent novillo de Raso de Portillo, mais dans l’esprit cela n’aurait choqué personne. Mais de là à tirer boulets rouges sur le palco,  non. On se doit de respecter, et d’admettre que l’erreur est humaine, certains présidents veulent faire leur travail avec sérieux et parfois se trompent. Il est plus facile, et plus démagogique, de céder aux demandes des toreros d’abréger les deux premiers tercios, des Peñas et de certains apoderados d’accorder des trophées, que de prendre des décisions et d’appliquer le règlement, en son âme et conscience et avec le risque d’erreurs que cela comprend. Demandez à ceux qui tiennent le sifflet sur les terrains de foot, rugby et autres, ce qu’ils en pensent.
Certains ont vu dans le refus de l’oreille, samedi matin, la raison du refus des cuadrillas de continuer la novillada. Je ne partage pas ce point de vue. Les professionnels ont voulu  protéger l’intégrité physique des toreros et monosabios en raison de l’état du ruedo. Et surtout, compte tenu de sa prestation au premier novillo et de la caste des Raso de Portillo, la cuadrilla de Palacios a voulu lui éviter le risque de prendre trois avis à son second.
En tout cas rien n’excusera et justifiera, les braillements qui ont couvert les annonces faites au micro avant la sortie de chaque toro de la Concours. Une arène n’est ni un stade de foot, ni un défouloir pour les personnes ayant un problème psychologique avec l’Autorité.

C’est avec le retour du Soleil, que s’est achevé une bonne édition 2017 de la Féria Vicoise. A l’an que ven


Thierry Reboul