Bayonne :resenas de la seconde journée de la Feria de l'Atlantique

Arènes de Bayonne, dimanche 05 septembre :
Deuxième corrida  de la Féria de l’Atlantique 2015

1 toro de los Espartales (rejon) et 6 toros de Garcigrande faibles et manquant de caste pour
Leonardo Hernandez : une oreille
Sebastien Castella : salut au tiers, salut au tiers
Yvan Fandiño : salut au tiers, salut au tiers
Joselito Adame : salut au tiers, une oreille
Salut des banderilleros  au cinquième toro
Poids moyen : 530 kg
2 piques et dix picotazos
10000 personnes
Vent du Nord glacial pour les personnes à l’ombre

Tout était réuni pour que la corrida soit une grande corrida, un ciel dégagé, des gradins quasi combles et des toreros en forme (ou regain de formes). Et comme souvent ce fût la déception à cause d’un lot de toros, correctement présentés, mais faibles  et décastés de Garcigrande.
Les arrastres du 1er, 3ème et 5 ème ont été sifflées.
En prélude à la course, Sebastien Castella, chaleureusement applaudi, a reçu le prix des clubs bayonnais au titre de triomphateur de la Féria madrilène de San Isidro 2015

En prélude, le rejoneador Leonardo Hernandez a toréé un toro de los Espartales qui s’est prêté au jeu. Après deux rejones de castigo, le premier meilleur que le second, le cavalier va toréer son opposant en lui faisant poursuivre sa monture .C’est bien fait et rondement mené. La pose des banderilles sera d’un bon niveau équestre mais certains palos seront posés plus près de la croupe que des étriers. Le final sera de qualité avec en particulier une pose des courtes spectaculaire Un pinchazo et un bon rejon de muerte avec une hémorragie concluent la faena.
Le premier toro a quasiment six ans .Il est très bien armé (veleto).Il met bien la tête dans la cape .Faible, il est peu et mal piqué. Débutée par des passes par le haut, la faena souffrira de la faiblesse du toro qui charge par à coups et se retourne vite. Sebastien Castella  doit se contenter (et nous aussi) de quelques  passes isolées sans grande transmission.  Comme souvent, les bichos de son âge, le Garcigrande va rapidement à menos  .Le biterrois tue d’une entière de côté « habilement efficace ».
Le quatrième, le mieux armé, prend sans conviction deux picotazos. Il est très vite soso et manque de race. C’est sur Castella et lui seul que repose le « spectacle »  La faena, malgré une fin à émotion, sur un terrain raccourci  ne transmet pas grand chose. Elle sera longue, trop longue  (deux avis) Le matador tue  par deux entières, la première très vite retirée car défectueuse. Très déçu, Castella répond à l’invitation à saluer du public.  ..

Le second est dans le type morphologique de l’élevage. À la capote, il passe bien à gauche mais  accroche à droite. Il prend deux picotazos dont il sort seul. A la muleta, il est faible. Sa charge courte est compliquée car il envoie la corne sur chaque passe à droite et à gauche. Yvan Fandiño, en bon lidiador, s’évertue à corriger ce défaut en alternant les séries des deux mains et imposant au toro de baisser la tête. C’est techniquement superbe, et intéressant, mais cela ne transmet pas d’émotion et ne réchauffe pas le public. La faena se termine par une série de manoletinas serrées qui montre que le basque a dominé le toro. La mise à mort en trois temps (deux pinchazos et 9/10èmes mal placées) ne permet pas d’obtenir plus qu’un simple salut au tiers.
Le cinquième, colorado, donne des signes de faiblesse dès sa sortie en piste. Deux picotazos, un quite d’Adame et un bon tercio de banderilles, et Fandiño brinde le toro au public. Très vite le toro devient soso. Il faut le tirer comme avec une corde pour qu’il passe. Toujours aussi bon technicien, le torero extirpe ce qui est possible de passes d’une carcasse qui se déballonne et devient quasi parado. Il a pitié de nous et abrège d’une vilaine épée tombée en prenant le périphérique et un descabello. Salut pour le torero et sifflets pour le Garcigrande.


Le troisième cumule d’être abanto, faible et handicapé du train arrière. Malgré tous ses problèmes il prendra avec une certaine bravoure deux piques, légères .Joselito Adame ayant pris le soin de le placer à distance du piquero. Après un bon quite du mexicain, le toro commence à être tardo dès le tercio de banderilles. Début assis sur l’estribo puis doblones autoritaires, le toro, fuyard, part à la planche. Manso, il à une corne droite qui accroche la muleta .Tardo, il  a une charge courte. Il n’y a pas grand-chose à tirer du bestiau et Joselito abrège d’une entière en avant. L’arrastre  est sifflée.
Comme le matin, le public attend patiemment la fin de la corrida et  a fait son parti de ne rien voir. Et comme le matin, le dernier sera le moins mauvais. Le toro pousse longuement et avec force au contact du fer .Dommage qu’il ne soit pas mis plus loin pour la seconde .Cela aurait permis de mesurer son degré de bravoure et de caste . A l’issue du tercio, il donne l’impression d’être brave. Après un bon tercio de banderilles, le torero brinde au public. Les deux premières séries de derechazos sont excellentes .Adame se croise, toréé avec temple et le toro se livre dans la muleta. Et puis brusquement, le Garcigrande dévoile son vrai visage. C’est un manso, il abandonne le combat et part dans les planches. Adame décide de le laisser dans ce terrain et   tire des séries à l’arrache. Le torero veut couper, et a vu que près des planches le toro charge. Il le cite pour une estocade à recibir, un peu tombée, mais très efficace. Il reçoit une oreille méritée, j’ai moins compris les applaudissements pour l’arrastre.

Heureusement cette corrida très décevante, se termine par une note plus optimiste. Les trois toreros reviendront l’an prochain, la ganaderia probablement pas.


C’est la mode de remplacer les traditionnels paso dobles par des airs d’opéra ou des musiques de film. L’Harmonie Bayonnaise a choisi un chœur de Verdi et la musique de d'un film américain.  Au-delà du choix musical discutable (arythmie entre les faenas et la mélodie), le public s’est vite lassé et avec l’aide de Sebastien Castella a remis les choses en place.



C’est Philippe Heyral qui fournit les chevaux de piques pour cette Féria .Ils ont rempli leur devoir avec efficacité, en particulier face aux mastodontes de samedi.  Et le dernier Garcigrande de 500 kg a « bougé » le cheval manquant le faire tomber. Il semble en plus que les chevaux ont gagné en mobilité (les cavaliers parlent de bouches moins dures)  Les piqueros, qui voulaient donner du relief à leur tercio, ont pu les positionner et les faire bouger avec une certaine aisance. Il va être intéressant de suivre cette évolution. Sans prendre partie pour une cuadra ou l’autre on a besoin  de deux écuries françaises pour des raisons économiques et pour que la concurrence soit source de progrès
Ainsi s’achève la Féria de l’Atlantique marquée par une affluence record, preuve que si les organisateurs font un effort sur l’originalité des cartels et la présentation des toros, le public répond présent ; Le résultat artistique est toujours aléatoire (cosas de toros), on le sait.

Prochaine resena Corrida de Celestino Cuadri à Dax


Arènes de Bayonne, dimanche 05 septembre :
Novillada piquée de la Féria de l’Atlantique 2015

6 novillos de la ganaderia El Tajo y la Reina correctement présentés mais faibles pour
Louis Husson : silence, salut au tiers
Joaquin Galdos Moreno : une oreille, salut au tiers
Pablo Aguado : salut au tiers, deux oreilles
Salut aux banderilles de Rafael Cañada au premier et du peon de la cuadrilla d’Aguado au dernier.
Sortie en triomphe de Pablo Aguado.
Poids moyen : 437 kg
12 piques dont certaines anecdotiques
4/10 émes d’arènes
Bien que peu piqués, les novillos de Joselito, se sont très vite éteints, certains dès le début du second tercio. Ils ont manqué de transmission. Parados, ils n’ont pas aidé les jeunes toreros dans la construction de leurs faenas.

Louis Husson, juste remis des coups pris à Saint Perdon, reçoit en premier un joli novillo negro noble mais faible .Malgré la pression mis par le picador (Laurent Langlois), le Joselito ne pousse pas sous la première pique, la seconde juste pour la forme. L’utrero est très bien banderillé par le local Rafael Cañada. Le toro a déjà baissé de régime à la fin du premier tercio. Noble  il vient bien si on le cite à mi-hauteur. Très vite le toro devient tardo, et le torero a du mal à canaliser une charge brusque par à coups. Torero et toro vont à menos. Louis a en ce moment un souci avec l’épée Il tue d’une entière atravesada et un descabello.
Le quatrième a une tête commode. Déjà boiteux en sortant, il est économisé à la pique. Après un bon quite de Galdos, El Santo et Manolito posent chacun une bonne paire de banderilles aidé par une brega efficace de Rafael Cañada. Le toro est noble et a un peu de charge.  Après une première série accrochée, Louis s’accorde avec le novillo et l’embarque sur des séries de bon niveau avec des cites de loin  des deux côtés. Le Joselito est soso et la faena, la meilleure du dacquois depuis Mugron, manque un peu de transmission. Le toro va à menos, se réserve et le torero réduit les distances et la faena devient brouillonne.  Le torero perd l’oreille qui semble acquise en tue mal d’une épée efficace mais très en avant.
Il y a du mieux pour Louis, mais l’estocade pose encore trop de problème pour pouvoir couper.
Galdos Moreno reçoit en premier lieu un joli, mais commode de tête, novillo typé Nunez qui a une charge courte. Il accuse le coup après une bonne pique prise en poussant et un léger picatazo. Les premières séries de muleta sont intéressantes mais le toro manque de charge. Sur la défensive, il faut le tirer pour lier des séries. Le péruvien  « réanime » la faena en toréant le public. Il tue d’une entière de côté, très rapide d’effet et coupe la première oreille de la matinée.
Galdos attend le cinquième à puerta gayola un joli jabonero. Le toro est bien présenté mais est faible. Il est lui aussi économisé à la pique. Brindé à Olivier Barratchart et Adrien Salenc, le novillo se décompose très vite. La faena est sans intérêt, et comme le torero la prolonge au-delà du nécessaire, le public se lasse. A l’estocade, le toro est aussi dynamique qu’un carreton et n’aide pas le matador. Il tombe après une mete y saca, deux pinchazos et une bonne entière. Des sifflets se font attendre à l’arrastre.
Pablo Aguado est un novillero qui fait parler de lui aujourd’hui. Il est excellent à la cape et ses passes d’accueil soulèvent l’enthousiasme sur les gradins. Le toro marque le coup après avoir été pourtant peu piqué. Il est handicapé du train arrière et a une corne droite un peu compliquée. Le toro manque de force et fléchit à plusieurs reprises. La faena trop longue manque d’émotion et surtout d’intérêt. Le protégé de Luisito salue après un pinchazo et une entière caîda, quelques sifflets à l’arrastre.
Avant la sortie du sixième, le public se prépare à aller ruminer sur la faiblesse et le manque de race des novillos du jour. Pablo Aguado, lui, va se mettre à genoux pour une puerta gayola au cours de laquelle il se fait secouer par le Joselito.
Peu et mal piqué, il est bien banderillé, le peon salue. Le bicho est noble et a un peu de fond. Le début de la faena est excellent avec des séries où le torero fait humilier son opposant .La suite sera un ton en dessous par la faute d’un toro qui baisse de ton et les séries seront plus heurtées mais parsemées de muletazos très « romeristes ». Le torero s’engage pour un pinchazo et une bonne entière rapide d effet. Le public insiste et obtient une double récompense (une de trop).


Ainsi s’achève une novillada qui ne restera pas dans les mémoires par la faute d’un  lot de novillos loin des espoirs placés en eux. Trois points à retenir ,toutefois ,un Husson qui semble aller un peu mieux ,un Galdos qui confirme et un  Aguado qui se positionne pour être l’élément de base du début de la prochaine temporada.

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