Début en piquée de la Ganaderia Malabat à Saint Sever

Grande Première à Saint-Sever
Arènes de Saint Sever, mardi 11 Novembre : Novillada de la Semaine Taurine et Culturelle 2014
6 novillos de la Ganaderia Malabat pour
Mario Diéguez : silence, silence
Miguel Angel Silva : silence, une oreille (un avis)
Juan de Castilla : vuelta (un avis), une oreille
15 rencontres avec la cavalerie d’Alain Bonijol
Moitié d’arène
Moins de 10 antis misérables, miséreux et déprimés tenus à distance par les forces de l’ordre.
Une minute de silence est observée à l’issue du paseo à la mémoire d’un membre de la Peña et du matador d’Alicante José María Manzanares padre.
 

Pour la 30ème édition de la Semaine Taurine et Culturelle, la Peña Jeune Aficion a décidé d’organiser une novillada piquée permettant ainsi  à la Ganaderia landaise Malabat de faire ses débuts face aux chevaux. Passer à l’échelon supérieur nécessite un effort financier et une grosse prise de risque pour une petite ganaderia. C’est l’aboutissement de 20 ans de travail qui va se jouer en deux heures et demi sur le sable des arènes Henri Capdeville.
Céline et Pascal Fasolo ont sélectionné pour l’occasion six toros issus de leurs deux sementales d’origine Conde de la Corte- Atanasio Fernandez. Bien dans le type de l’encaste, armures larges  et astifinas  le lot présenté hétérogène de trapio va aussi se révéler  hétérogène de comportement.
Les deux premiers, les plus légers, vont se révéler trop faibles pour permettre une faena.
Les deux suivants, un peu mieux présentés, ont manqué de bravoure au cheval .Ils sont arrivés avec du genio à la muleta et ont fini par déborder des novilleros manquant de recours et surtout de pratique.
Les deux derniers, mieux présentés, très proches morphologiquement de leurs géniteurs respectifs ont fait leur devoir au premier tiers et ont donné du jeu au troisième permettant  aux novilleros de couper des oreilles.
Il ne faut pas attendre des miracles d’une présentation en piquée. Le bilan est moyen pour le ganadero  mais le comportement des deux derniers lui donne suffisamment d’informations positives pour orienter son travail de sélection.
Il est important de soutenir un éleveur qui a décidé de ne pas céder aux sirènes domecquisantes  et de  sauvegarder  d’un des encastes historiques face auquel  El Viti, Paquirri et Enrique Ponce ont triomphé. Donc oublions ce qui a moins fonctionné côté bétail, lors de cette course pour ne retenir que les points positifs.
 


Le protégé de la Peña Jeune Aficion, Mario Diéguez, hérite en premier lieu d’un novillo trop léger et très faible  qui prendra deux piques symboliques sans pousser. Faible, le Malabat arrive à la muleta avec peu de charge. Il s’arrête à mi-passe et envoie un coup de tête. Sa lidia demande une muleta autoritaire que ne possède pas  le novillero ; Le toro se décompose, devient dangereux à droite. Diéguez abrège la faena .Il  à du mal à fixer le bicho  et tue mal (quatre pinchazos et une estocade de côté).



Le second est bien fait mais léger Il prend  deux picotazos en donnant des coups de tête. Faible il s’arrête à mi-charge. Miguel Angel Silva accentue ce défaut en citant de trop près et en ne donnant pas la sortie à la fin de la passe. Le toro s’éteint rapidement.  Le torero abrège d’une épée en avant donnée en profitant d’un extraño du Malabat.


Le troisième est plus costaud que les deux précédents. Il prend deux picotazos sans pousser. Il arrive faible à la muleta mais avec plus de charge que ses deux congénères. Juan de Castilla, déjà vu en non piquée à Vieux Boucau, est vaillant, mais encore vert. Il a du mal à trouver la distance et à s’imposer. Il saura quand même profiter des quelques possibilités offertes à gauche pour tirer une série sincère et intéressante. Après une entière de côté et trois descabellos, il fait une vuelta.


Le quatrième, bien armé, met bien la tête dans la muleta. Il fait illusion à la pique en chargeant bien mais au contact du fer, il ne pousse pas, allant jusqu’à reculer lors de la troisième rencontre. Très mal lidié aux banderilles, il acquiert un coup de tête  . Il est compliqué, il faut lui arracher les passes. Mais il permettait plus que n’en a tiré Mario Dieguez qui a du mal à trouver le sitio  et à imposer sa volonté à un bicho compliqué mais qui passe si on l’oblige. Un pinchazo précède une estocade atravesada, nouveau silence pour le torero.

La corrida va gagner en intérêt avec la sortie du cinquième. Bien présenté, copié-collé de son géniteur, il s’engage bien dans la cape de Miguel Angel Silva . Il prend trois piques en poussant lors des deux premières. Le novillo est noble, il vient bien. Il manque juste un peu de force pour apporter l’émotion d’autant plus que le torero  aligne les passes sans se croiser et reste fuera de cacho. Le novillero est à  nouveau en dessous des possibilités offertes, mais le toro permet d’enchaîner les cites. Final en toréo culero, le toro est difficile à cadrer. Un pinchazo, une entière en avant .La présidence accorde une oreille contestée par une partie du public. L’arrastre est applaudie.



Le dernier est applaudi à son entrée en piste. Copié-collé de Crunch  le second semental.
Mal lidié, il ne prend que deux piques, dommage car il montre des signes d’une bravoure certaine.  Il vient mieux à droite qu’à gauche.
A la muleta il est noble et encasté. Meilleur novillo de l’envoi.  Il  permet à Juan de Castilla de réaliser une faena volontaire, bien que brouillonne et pas toujours  en se croisant. Quelques séries intéressantes, le toro qui s’améliore à gauche et le jeune colombien coupe une oreille après une estocade entière mais contraire. Dommage que le toro n’ait pas été opposé à un torero plus expérimenté. . L’arrastre est applaudie. De Castilla se verra remettre le prix du meilleur novillero.
Ainsi s’achève la présentation de la Ganaderia Malabat en piquée. Il faut en retenir la présentation des quatre derniers et le comportement intéressants des deux derniers qui doivent servir de référence au travail de sélection réalisé par Pascal Fasolo.
Pour information, deux novillos de Malabat seront tués à Brocas les Forges par Thomas Campos, le 07 décembre.


Dans les arènes installées dans le cadre somptueux voire somptuaire du cloître des Jacobins, la Peña Jeune Aficion a permis à deux élèves de l’École Taurine de Madrid  et deux élèves d’Adour Aficion de toréer en public le matin de la novillada.
Grâce à quatre excellentes vaches d’origine Sanchez Peñada les jeunes toreros, sous l’œil des Maestros Joselito, Rafael de Julia et Richard Milian ont  offert au nombreux public un excellent moment de tauromachie.
Le meilleur de la matinée est à mettre à l’actif de Carlos Ochoa  très fin torero, Dorian Canton a su profiter de l’excellente vache qui lui a été opposée et semble prêt à passer au niveau supérieur.  Jesus Mejias et Clément Hargous, moins expérimentés ont laissé entrevoir des qualités qui ne demandent qu’à être confirmées.




A l’issue de la becerrada,  comme chaque année les critiques taurins du Sud Ouest profitent de la dernière journée de la semaine Culturelle et taurine de Saint-Sever pour annoncer les lauréats des prix qu’ils décernent pour la temporada  dans les arènes du Sud Ouest.
Ont été distingués :

Meilleur lot de toros : Pedraza de Yeltès pour le lot de Dax
Meilleur matador de toros : Daniel Luque
Meilleur lot de novillos : Pedraza de Yeltès  pour le lot de Garlin
Accessit au lot de novillos de Guardiola Fantoni  sorti à Parentis
Meilleur novillero : desertio
Prix Tio Pepe : Morante de la Puebla
Prix Monosabio : Alain Bonijol

Il nous reste maintenant à finir la saison à Rion pour la traditionnelle Fiesta Campera puis à rejoindre notre lieu d’hibernation à l’issue du regalo du 07 Décembre à Brocas.


Thierry Reboul
Les photos sont du maestro photographe de Saint Sever : Romain Tastet (tous droits réservés)

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