Saint Sever: des oreilles et des interrogations

Arènes de Saint Sever, dimanche 25 juin 2017
Corrida des Fêtes de la Saint Jean ;
6 toros d’El Pilar allant de « faible » à « juste  de force », avec du trapio mais aux armures commodes  et, pour les trois premiers détériorées, pour :
Curro Diaz : une oreille, salut au tiers
Miguel-Angel Perera : silence avec un avis ; deux oreilles
José Garrido : silence, silence avec un avis
A l’issue du paseo, un hommage a été rendu à Ivan Fandiño et deux aficionados landais
6 rencontres avec la cavalerie dont quatre picotazos et deux piques légères
Cuadra Bonijol
Président Miguel Tellera
Deux tiers d’arènes
Ciel brumeux
Photos Matthieu Saubion



Les arènes de Saint-Sever me posent souci. Que se passe-t-il dans les corrales ou le toril pour que trois des six toros de ce dimanche sortent avec des cornes abimées voire très abimées ? Le troisième aurait du être protesté mais comme les publics ne réagissent plus, il a été maintenu en piste. Ce problème de cornes dure et perdure et sème forcément le doute. Je suis prêt à croire que c’est un problème de configuration du toril, de porte mal placée, ou l’effet des fundas ou autre chose. Mais les propos échangés avec les aficionados à la sortie des arènes laissent planer d’autres hypothèses. Il serait de bon ton que l’organisation s’explique, et nous sommes prêts à les croire de bonne foi. S’il s’agit d’un problème technique, il doit être résolu. Sinon les aficionados continueront à déserter le ruedo du Cap de Gascogne. Ce qu’ils ont déjà fait en partie quand on voit les réactions ou non réactions du public qui remplissaient aux deux tiers les arènes Henri Capdeville.
Les organisateurs ont décidé de maintenir une corrida à base de figuras pour ces fêtes de la Saint Jean. Le lot de El Pilar choisi  était composé de trois toros légers, faibles et manquant de caste et de trois bichos plus sérieux. Seul le dernier a fait preuve de bravoure à la  pique et d’un fond de noblesse à la muleta.
On ne peut pas parler de grande motivation de la part des toreros. Diaz et Perera ont assuré le minimum syndical et comme la présidence était généreuse, ils ont pu couper des oreilles.
Garrido a été plus sincère mais est passé à côté des possibilités du sixième.
Les chevaux d’Alain Bonijol ont eu une après-midi tranquille. Côté piqueros, on a comptabilisé quatre picotazos et deux piques comme dans tout pueblo espagnol. A noter que certaines piques étaient montées à l’envers et en particulier chez les picadors de Curro Diaz.

Le premier est faible. Il est limite invalide et manque de charge. Avec l’élégance qu’on lui connait, de profil comme d’habitude, Curro Diaz le toréé à mi hauteur. C’est joli mais manque d’émotion et de temple. Le torero ne baisse la main que sur l’ultime série à droite. Un pinchazo, une entière tombée à la Curro Diaz, trois mouchoirs  et une oreille (sic) est accordée.


Le second a une corne gauche abîmée. Faible, il est ménagé à la pique. Gazapon, il charge en marchant. Il ne peut pas prendre plus de quatre passes sans fléchir ou tomber. Il s’éteint très vite et Miguel Angel Perera abrège.


Le troisième  a le fourreau d’une de ses cornes éclaté sur 10 cm. Il se serait blessé lors de la mise en chiquero. Normalement il aurait du être protesté et remplacé, mais comme le public ne réagit pas…… ! C’est comme pour les élections, ne pourront pas se plaindre ceux qui se sont abstenus.  Garrido l’entreprend pour commencer à gauche. Le toro est faible. Il manque de charge et la faena ne transmet rien. Une seule série, la dernière, réveille le public qui retourne dans sa léthargie après une mise à mort approximative.


Le quatrième est un peu mieux armé. Le picador de Diaz pique comme à La Brède très en arrière avec, de surcroit, une puya montée à l’envers.  Le torero est noble ce dont profite Curro Diaz pour le toréer avec lenteur et de l’élégance. On est loin de la qualité attendue chez ce torero mais après trois faenas insipides, le public accroche.  La mise à mort est plus que calamiteuse (mete y saca, bajonazo et golletazo)  et malgré cela le torero est appelé à saluer.  D’accord si  la faena avait été grandiose, mais c’était loin d’être le cas ….


La cinquième pousse à la pique. Il manque de force mais peut donner lieu à une faena intéressante. Perera choisit de  faire du Perera. Il aligne les passes en rond, sur le pico et fuera de cacho. C’est joli, bien que la muleta soit systématiquement touchée, plait à une partie du public mais il y avait autre chose à faire avec ce toro. L’épée tombée, c’est la mode, est efficace et puisqu’il faut, pour les statistiques, une sortie à hombros, le président accorde deux oreilles de peu de poids.


Le sixième, un joli burraco, sera le plus intéressant du lot. Il s’acharne contre un burladero sans abîmer ses cornes, comme quoi. Il prend une pique appuyée en se défendant. Il semble avoir un problème de train arrière mais tiendra la distance. Garrido commet l’erreur de commencer à toréer le public par des derechazos à genoux au lieu d’imposer sa loi en doublant le bicho. Par la suite, il revient à une tauromachie plus classique mais qu’il aura du mal à mettre en place car c’est le Pilar qui commande. Garrido prolonge trop un combat qu’il a, malgré quelques bons passages, du mal à maîtriser. Silence après une mise à mort approximative.


Je ne suis pas sûr que cette corrida apaise les tensions qui existent entre les différents acteurs du landernau taurin du Cap de Gascogne



Thierry Reboul

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