Samadet : toros et solidarité

Arène de Samadet ; dimanche 29 Octobre 2017
Festival au profit de l’association
du service pédiatrie du CHG de Mont de Marsan.
Dans l’ordre de sortie en piste, quatre toros de Dos Hermanas, Virgen Maria, Le Lartet et Cuillé, un novillo de Casanueva et un éral de Cuillé (offerts par les ganaderos)  pour
Morenito de Maracay : silence
Marc Serrano : une oreille
Octavio Chacon : une oreille
Eduardo Gallo : une oreille
André Lagravère : vuelta à laquelle le torero a convié les propriétaires de la ganaderia Casanueva
Bernardo Valencia : une oreille

Alguaciles Christophe Dubroca et Nicolas Larramendy, Cavalerie Bonijol, Mules de Mimi  et Musique de la Peña Al Violin tous venus comme les toreros bénévolement.
Président : *Pascal Darquié
On aurait souhaité encore plus de monde sur les gradins
Photos : Nicolas Couffignal

Dans un monde individualiste, où les régions qui se croient riches ne veulent plus coexister avec celles qu’ils croient plus pauvres, certains hommes savent encore ce que signifie le mot solidarité. Nombreuses sont les actions menées par les aficionados en faveur des plus défavorisés ou des accidentés de la vie.
Le 12 décembre un festival, à Mexico, permettra de recueillir des fonds pour les victimes du tremblement de terre. En France, Juan Bautista et le collectif CorridaFrance.  Jérôme et Léa Vignal avec le club taurin Toros y Caritad et bien d’autres ont permis par leurs actions d’améliorer le quotidien des enfants hospitalisés.
Le Sud-Ouest n’est pas en reste puisque deux festivals y sont organisés en Novembre à Samadet et Gamarde.

Le premier est organisé par Marc Serrano. Le nîmois a créé ce Festival avec l’aide de Philippe Cuillé et Didier Cabannis à Vauvert au bénéfice de l’association La Clé. Les premières éditions ont été une réussite. Malheureusement un changement de direction à la tête de l’association et la pression exercée par les antis font que La Clé veut bien recevoir l’argent mais sans être associée de façon visible au Festival. Les aficionados sont généreux mais ne sont pas hommes de compromis. Le festival quitte alors la cité des roula code et s’installe à Samadet. 
Ils sont accueillis par la Peña Al Violin dont une des membres est infirmière en pédiatrie au CHG de Mont de Marsan. Avec une autre aficionada de Saint Sever, elle est membre d’une association qui d’œuvre pour améliorer les conditions de vie des enfants hospitalisés. C’est naturellement au profit de celle-ci  qu’est organisé le premier festival taurin samadetois. Ce sont plus de 4000 euros qui ont été recueillis.
Organiser ce type de manifestation est compliqué. Il faut trouver des ganaderos qui offrent des toros, des professionnels qui viennent gratuitement, et surtout résister à la pression des antis qui harcèlent les associations bénéficiaires. 

Antis qui ont manifesté à Samadet. Une fois de plus, la brigade de Gendarmerie locale n’a pas eu le courage de faire respecter l’arrêté municipal  qui cantonnait les deux harpies de Landes Anti Corrida et les gugusses qui les accompagnent au Parking Lamarque. Ils ont pu s’approcher des arènes et insulter, en particulier, les familles qui venaient aux arènes avec leurs enfants. On sait que les animalistes-végans détestent les enfants, leur préférant les animaux. Ils le montrent bien dans leurs écrits et en s’attaquant par exemple au Téléthon. Qu’ils sachent juste que nous, aficionados, sommes fiers d’apporter des moments de bonheur aux mômes hospitalisés et que nos enfants sont fiers de contribuer à cette action.

Cette année, un des créateurs de ce festival, nous a quitté. C’est à Philippe Cuillé à qui il était dédié et un hommage simple et émouvant lui a été rendu à l’issue du paseo.

Les six astados combattus ce jour ont été offerts par Patrick Laugier (Dos Hermanas), Jean Marie Raymond (Virgen Maria), Paul et Jérôme Bonnet (Le Lartet), José et Guillaume Bats (Casanueva) et la famille Cuillé. 

L’ensemble des acteurs présents (toreros, cuadrillas, cuadra de caballos, arrastre et alguaciles) sont intervenus gratuitement. Journalistes et photographes ont payé leur place, il n’y a que la sécurité sociale qui n’a pas voulu abandonner son sueldo.
A l’annonce du cartel, la présence de Morenito de Maracay avait suscité l’intérêt en particulier des aficionados les plus anciens.  Tous avaient en mémoire, les quiebros suicidaires du matador vénézuélien dans le terrain des planches et la terna de matadors banderilleros qu’il formait avec Nimeño II et Luis Francisco Espla. Hélas des ans l’irréparable outrage a fait son effet. 


Diminué et dépassé physiquement, à cours d’officio, Morenito a reculé des les premiers capotazos face à un toro de Dos Hermanas bien fait et au trapio adapté aux circonstances. Mis en suerte par la cuadrilla, le bicho prend une première pique en poussant. Il s’endort sous le fer à la seconde. On sentait une certaine gène dans le public après les capotazos de Morenito. Ce sentiment a laissé place à la déception quand les peones ont pris et posés les banderilles. Le toro est noble et sans grandes difficultés. Muleta en main, le torero a essayé mais n’a pas pu. C’est avec soulagement que professionnels et aficionados ont vu tomber le Dos Hermanas après moultes épées et descabellos, mettant fin au calvaire du vénézuélien.

Le second est un Virgen Maria très bien présenté pour un festival. Le toro est gordito. Il prend toutefois une première pique faisant jouer sa puissance.La seconde contribue à le régler mais le rend encore un peu plus juste de forces.  

A la muleta, le toro est noble, limite soso, n’humilie pas et donne des coups de têtes. Avec calme et douceur, Marc Serrano, règle le comportement du bicho qui va à mas. Il en profite pour enchaîner de très bonnes séries essentiellement à droite.

 Le nîmois prend du plaisir à toréer. Il s’engage avec foi à l’épée mais celle-ci est atravesada. Il nous prive ainsi du plaisir de lui accorder deux oreilles pour récompenser le torero et l’homme qui s’est investi pour l’organisation de ce festival. Il ne coupe qu’une oreille mais sa vuelta est très chaleureusement fêtée.

En troisième position sort un très joli toro du Lartet, réserve de la victorinade montoise. Il pousse à la pique mais montre très vite des signes de faiblesse. 

Au troisième tiers, le toro est manso. Sans race, il est tardo et ne livre pas dans la muleta. Octavio Chacon  est un vrai lidiador. Il va contraindre le Lartet à passer en le changeant de terrain et en le toréant avec autorité. Ce n’est ni artistique, ni spectaculaire mais c’est très technique et cela mérite largement l’oreille accordée après un pinchazo et une entière contraire.

Le quatrième est un Cuillé léger mais lui aussi bien fait. L’après-midi a été dure pour Eduardo Gallo. Déjà secoué par le Virgen Maria en le coupant aux banderilles, il sera mis en difficulté et bousculé par un toro dont il ne prendra jamais la mesure. 

Le toro est noble mais le torero ne trouve pas le sitio. La faena manque de lien et de profondeur d’autant que le torero tarde à citer côté gauche, la meilleure corne du Cuillé. Il réalise alors la plus intéressante série de naturelles de l’après-midi. Eduardo coupe une oreille après une entière tombée « prudente ».

Le cinquième est un Casanueva d’origine  « El Torreon ». Réserve forcé du non piqué de Mont de Marsan, il est depuis peu utrero. Il a encore le physique d’un eral costaud et est très bien armé. Il appartient à une bonne lignée de la ganaderia.  Il a cette alegria, cette capacité à répéter sans faiblir qui commence à être la marque de fabrique des  « Casanueva ». Au cheval, très bien piqué par Laurent Langlois, il pousse avec beaucoup de puissance et de bravoure. Il a plus de difficultés à la seconde rencontre. Le toro est limite utrero, il aurait probablement fallu le piquer avec la pique de tienta pour vraiment évaluer sa bravoure. A la muleta, il montre beaucoup de qualités mais il a encore une certaine naïveté (celle d’un eral) et manque de fixité.


 Face à lui, André Lagravère est plein de bonne volonté, exploite l’alegria  du novillo avec enthousiasme et construit une bonne faena. Mais il  lui manque encore l’expérience nécessaire pour peser sur ce bicho encasté, le canaliser, lui donner plus de fixité, le faire se grandir et mettre en évidence tout son potentiel. André a encore des problèmes à la mort et perd avec les aciers les trophées gagnés lors de la faena.  La présidence accorde la vuelta au novillo et le cadet des Lagravère associe José et Guillaume, les deux ganaderos. Un seul regret ne pas avoir vu ce numéro 27 avec un peu plus de maturité, en configuration tienta avec un matador plus expérimenté. Ce qui restera de sa prestation en piste, c’est que les propriétaires de Casanueva sont sur la bonne voie et qu’avec encore un peu de patience, ils devraient pouvoir, à terme, évoluer en piquée.


Le dernier bicho est un eral bien fait et encasté de Cuillé. Il est bien reçu à la cape par Bernardo Valencia,  

Le garçon est volontaire, appliqué et a de bons principes. Il est encore vert, mais ne démérite face à un novillo qui va à mas, dont il coupe une oreille après une entière engagée.
La nuit est tombé, il commence à faire froid dans les arènes de Samadet et tout le monde se retrouve à la salle des fêtes pour la remise de cadeaux aux différents acteurs de la tarde. Tout le monde sauf deux antis « femmes » qui s’attardent sur leur rond point, je me prends à rêver pour elles au sort d’Assurancetourix lors des banquets gaulois. Je sais ce n’est pas très charitable, mais cela aurait fait sourire les aficionados en herbe insultés par les harpies animalistes.

Je ne sais pas si les antis reviendront l’an prochain  (et ne le souhaite pas) ; En tout j’espère que nous serons plus nombreux l’an prochain pour la troisième édition du festival de Samadet. 
Marc, Didier, Serge et les mômes du CHG de Mont de Marsan le méritent bien.
Prochains rendez vous Saint Sever, Rion et Gamarde.


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