Corrida de la Madeleine 2015: Analyse et ressenti

Madeleine a fini par arriver puis elle est repartie vers d’autres pays où il ne pleut pas les jours de toros (ou du moins pas trop).

Les photos sont de mes deux acolytes Laurent Larroque et Romain Tastet


Il y a eu  Alejandro Talavante.Celui-ci  réussit le tour de force d’être beau (dans son toreo) et con à la fois.  Certes, il y a de l’élégance dans sa tauromachie, mais il est systématiquement sur le pico et fuera de cacho. Il ne méritait pas une oreille ce mercredi au Plumaçon .Sa bouderie en forme d’abandon de poste au 6ème friserait le ridicule si elle n’était   tarifée à hauteur de quelques milliers d’euros. Cet individu et ceux qui se permettent de dénigrer le public, ne devraient pas oublier que s’ils sont payés, c’est parce que le respectable assis sur les gradins a laissé une partie de ses économies à la taquilla.
A l’exception de vendredi et samedi, ce ne sont pas les toros qui se sont ennuyés aux arènes, mais le public. 

Les Victoriano del Rio me font penser à ces bonbons  que l’on apporte conditionnés en boîte plastique ronde. Ils font envie, se consomment  sans poser de problème mais  ne laissent aucun souvenir tant ils sont fades. Les Domecq, eux, veulent avoir l’air d’être des toros mais   n’en sont pas. Et le dernier jour, ce fut triste comme un dimanche  à Orly car  il n’y avait de vrais Victorino Martin que le père et le fils assis sur les gradins. Les Victoriano del Rio, n’en déplaise aux « flamingands » du toro artiste, n’ont existés que parce qu’ils avaient en face d’eux de grands toreros.

L’Orchestre Montois, qui s’est illustré tout au long de ces fêtes, aurait pu jouer aux vues des cornes scandaleuses des toros des premiers jours, un Tango Funèbre. Accident ou influence néfaste des fundas, seules de vraies analyses scientifiques pourraient nous éclairer. En tout cas, la suspicion est là et j’entends déjà le diable Garrigues dire « ça va, les marchands du temple taurin œuvrent dans le sens des antis »,
En parlant de musique, et sans jouer les bigotes, j’ai moyennement apprécié l’ambiance musicale de la corrida de samedi. Ce que l’on peut tolérer pour un moment particulier, despedida par exemple,   doit rester une exception. La musique ne doit pas occuper trop d’espace dans la scénographie taurine. A l’opéra c’est le chanteur que l’on doit entendre Dans une arène, c’est au toro et au torero de transmette l’émotion. D’autant que, c’est le matador qui risque sa vie et pas le clarinettiste.


L’empresa montoise nous a joué samedi, comment tuer la novillada quand on a été élevé comme moi dans l’aficion. Des novillos imprésentables dans un ruedo de 1ère catégorie, des novilleros tristes et toute la ville s’est endormi. Quand on voit la qualité des courses organisés dans les placitas du Sud Ouest et l’indigence récurrente des novilladas montoises, on peut craindre le pire quant à leur avenir.
Heureusement, il y a eu les Cebada Gago .Mélange de mansos et de toros très encastés, ils ont fait de l’après-midi de samedi un grand moment de tauromachie authentique .


Et j’en appelle aux organisateurs pour qu’ils oublient les ganaderias commerciales .Il y a chez Pedraza, Cebada Gago, Valdellan et autres Fraile  de quoi donner aux aficionados et aux non connaisseurs l’émotion qu’ils viennent chercher sur les gradins d’une arène

Aux Bourgeois de la tauromachie (Miguel Angel, José Maria, Alejandro), des peigne-culs, à défaut de leur chanter une comptine bien sentie, ont montré leurs bonnes manières.

Il y a eu Thomas Dufau, très motivé, qui a réussi sa meilleure faena. Rafaelillo, à qui on voulait crier lors la San Isidro ne pleure pas Raph, et Perez Mota ont été grands. Face à des Cebada Gago dangereux et exigeant, portés par l’aficion montois, ils ont fait montre de courage et d’abnégation.  J’avais envie de dire aux élèves d’Adour Aficion présents aux arènes.  « Regardez bien petits, eso es torear de verdad ».



Enorme succès aussi pour deux Don Quichotte au physique de Sancho Pança, Juan José Esquivel et Tito Sandoval ont fait se lever les foules à l’issue de deux grands tercios de piques.

Je me surprends à rêver que de ces gens là, la lumière jaillira et que les trompettes de la renommée résonnent pour eux en lieu et place des notaires du G5.

Il y a eu aussi les vieux. Padilla et Castano n’ont pas pu grand-chose, et qui s’enfoncent doucement dans l’oubli. Et puis il y a eu Ponce à qui le public a crié « Ne me quitte »
Quand on n’a que de l’amour pour un torero, on oublie de voir les défauts. J’ai trouvé ses deux premières faenas belles, mais artificielles, voire scénarisées comme certains shows de téléréalité. 


Puis la réalité du toro a remis les choses à leur juste place. Face à un toro manso, sans race le Maestro de Chiva nous a donné une grande  leçon de tauromachie mêlant  lidia et art. Et là, c’est comme ça, j’ai vraiment été ému.
Deux hommes sont venus à Mont de Marsan dans l’espoir d’atteindre l’inaccessible étoile qu’ils rêvent d’atteindre
Le premier, Guillaume Bats, est landais et ganaderos .Il présentait pour la première fois un lot complet en non piquée dans une arène de première catégorie L’examen s’est bien passé et même s’il y a du travail à faire ,le jeune landais ,en particulier avec l’achat de vaches d’origine El Torreon, est sur la bonne voie.
Le second est basque et torero Après un mauvais début de saison et un échec retentissant à Madrid pour son seul contre six, Yvan Fandiño est au fond du trou. Mais être torero, c’est vivre debout. Pour ne pas se faire damer le pion par Ponce, il va se battre comme un maletilla mort de faim en quête d’une place au soleil. Face au dernier Victoriano del Rio il  réalisera une très grande faena  et coupera deux oreilles largement méritées



Avec Fandiño, ce que je retiendrai de cette Madeleine 2015, c’est la pelea de Dormilon, 5ème toro de la corrida de Cebada Gago. Brave, noble et encasté il a dominé un Castaño qui n’a pas su exploiter les qualités de ce bicho qui a de grande chance d’être le meilleur toro de la temporada française.

Pour revivre les grands moments des corridas de vendredi et samedi et se remonter le moral comme je l’ai fait en rentrant de la décevante course  ,allez faire un tour sur le site de corrida TV pour voir les videos d'Alain Garres. La comparaison des styles des toreros et de comportement des toros est riche d’enseignements. (http://www.dailymotion.com/video/x2zaqfo_mont-de-marsan-25-juillet-2015_sport et http://www.dailymotion.com/video/x21liu7_corrida-de-mont-de-marsan-16-juillet-2014_sport)

Contrairement aux Marquises de Brel, en ce soir d’été, la ville s’endormait dimanche, mais on n’oubliera pas ces  noms Ponce, Fandiño, Esquivel et Dormilon qui ont marqué ces Fêtes Montoises très inégales avec de grands moments et d’autres où sur les gradins les spectateurs avaient le sentiment d’être cocus.
  
Thierry Reboul

Commentaires

  1. Brel n'a jamais dit que les Marquises s'endorment le dimanche les soirs d'été - il les connaissait trop bien pour cela.
    Quelqu'un 'qu'aimerait bien avoir l'air, mais qui a pas l'air du tout', ça vous dit quelque chose?
    Lise Temple Duval

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